Mis à jour août 2026 — Comptes des APU 2025 (Insee, mai 2026, via data.gouv)
Emplois & Ressources des APU — Postes hors social (2024)
922,6 Md€ de dépenses publiques restantes après les 747,6 Md€ de prestations sociales • Sources INSEE / DGFIP / FIPECO / Cour des Comptes • PIB 2024 : 2 922 Md€
Millésime révisé (Insee, mai 2026) : dépenses hors prestations sociales = 925,3 Md€ en 2024 (sd) (1 672,7 − 747,4) et 943,1 Md€ en 2025 (p) (1 714,1 − 771,0). Le détail des sections ci-dessous reste au millésime 2024 sauf mention.
922,6 Md€
Dépenses APU hors prestations sociales (2024)
31,6 % du PIB • 55,2 % des dépenses publiques • 2025 (p) : 943,1 Md€
362 Md€
Masse salariale publique (2024)
12,4 % du PIB • 5,7 M agents • 2025 (p) : 370,0 Md€
132 Md€
Investissement public (FBCF + acquisitions, 2024)
4,5 % du PIB • FBCF (P51) 2025 (p) : 132,2 Md€
59 Md€
Charge d'intérêts de la dette (2024)
2,0 % du PIB • 2025 (p) : 67,5 Md€ (+6,6)
312 Md€
Dépenses APUL (collectivités)
10,7 % du PIB • 18,7 % des dépenses publiques
1. Vue d'ensemble — Emplois hors social par grande nature922,6 Md€
Une fois soustraites les prestations sociales (747,6 Md€), il reste 922,6 Md€ de dépenses publiques en 2024. Ces dépenses se répartissent en six grands postes : la masse salariale publique, les consommations intermédiaires, l'investissement, les transferts et subventions, la charge d'intérêts, et les dépenses fiscales (niches). C'est sur ces postes que se joue désormais l'essentiel des arbitrages d'économies.
Salaires 362 Md€
Transferts 193 Md€
Conso intermédiaires 163 Md€
Investissement 132 Md€
Intérêts 59 Md€
Autres 13,8
Poste
Md€ 2024
% PIB
% dépenses
Évol. 2023→2024
2025 (p) — APU entières (Insee)
Rémunérations des salariés (masse salariale publique)
ASSO — administrations de sécurité sociale (régime général + complémentaires obligatoires + Unédic + CADES + FRR)
APUC — État + ODAC
Dépenses totales~640 Md€
dont prestations sociales129,7 Md€
Salaires181,5 Md€
Conso intermédiaires60,7 Md€
Transferts & subv.132,4 Md€
Investissement (FBCF)~26 Md€
Charge dette (95 %)~56 Md€
Solde 2024 (sd révisé)-152,5 Md€
Solde 2025 (p) — État / ODAC-128,1 / -2,2 Md€
APUL — Collectivités locales
Dépenses totales312 Md€
dont prestations sociales31,1 Md€
Salaires95,2 Md€
Conso intermédiaires62,7 Md€
Transferts & subv.55,2 Md€
Investissement (FBCF)~73 Md€
Charge dette (3 %)~1,8 Md€
Solde 2024 (sd révisé)-17,8 Md€
Solde 2025 (p)-15,6 Md€
ASSO — Sécurité sociale & Unédic
Dépenses totales~720 Md€
dont prestations sociales586,8 Md€
Salaires (hôpitaux)85,4 Md€
Conso intermédiaires39,8 Md€
Transferts & subv.21,6 Md€
Investissement (FBCF)~6 Md€
Charge dette (CADES)~1,5 Md€
Solde 2024 (sd révisé)+1,1 Md€
Solde 2025 (p)-6,7 Md€
Lecture clé (comptes révisés, Insee mai 2026). L'APUC (État + ODAC) porte l'essentiel du déficit public : -152,5 Md€ sur -169,1 Md€ en 2024 (sd), soit 90 % ; -130,3 Md€ sur -152,5 Md€ en 2025 (p), soit 85 %. Les APUL (-17,8 puis -15,6 Md€) restent modérément déficitaires ; l'ASSO passe de +1,1 Md€ (2024) à -6,7 Md€ (2025). Toute trajectoire d'économies sérieuses doit donc cibler l'APUC en priorité — État + ODAC.
3. Masse salariale publique — 362 Md€12,4 % du PIB
La France compte 5,7 millions d'agents publics (1 actif sur 5), répartis en 3 versants : État (2,5 M), Territoriale (1,9 M), Hospitalière (1,3 M). C'est le premier poste de dépense hors social et le levier d'économies le plus structurant à long terme — mais aussi le plus politiquement difficile.
Versant
Effectifs
Masse salariale
% PIB
Évol. 2023→2024
Fonction publique d'État (FPE)
2,5 M
181,5 Md€
6,2 %
+6,0 %
dont Éducation nationale
1,2 M
~88 Md€
3,0 %
+5,0 %
dont Armées + Gendarmerie
~270 k
~25 Md€
0,9 %
+5,5 %
dont Intérieur (Police)
~150 k
~12 Md€
0,4 %
+6,5 %
dont Justice
~90 k
~6 Md€
0,2 %
+8,0 %
Fonction publique territoriale (FPT)
1,9 M
95,2 Md€
3,3 %
+3,3 %
Fonction publique hospitalière (FPH)
1,3 M
85,4 Md€
2,9 %
+3,2 %
TOTAL salaires APU
5,7 M
362,1 Md€
12,4 %
+4,6 %
Millésime 2025 (Insee, mai 2026) : rémunérations D1 toutes APU = 370,0 Md€ (+7,0 vs 2024 sd révisé à 363,0). Ventilation par versant et effectifs : millésime 2024 (détail 2025 non publié dans cette collecte).
Comparaisons internationales (% du PIB, OCDE 2023)
Pays
Masse salariale publique
Effectifs / 1000 hab.
France
12,4 %
85
Suède
11,8 %
125
Royaume-Uni
9,6 %
86
Pays-Bas
8,1 %
68
Allemagne
7,9 %
59
Italie
9,4 %
59
Moyenne OCDE
9,2 %
73
Leviers d'économies identifiés (FIPECO, Cour des Comptes, IGF) :
Non-remplacement partiel des départs en retraite — règle 1 sur 3 ou 1 sur 2 hors prioritaires (régalien, santé, éducation). La RGPP 2007-2012 (1 sur 2) avait économisé ~7 Md€ cumulés sur 5 ans.
Convergence des régimes indemnitaires entre versants — écart de 20-30 % aujourd'hui sur primes équivalentes.
Mobilité interministérielle & territoriale — limiter les recrutements en doublon, mutualiser les fonctions support (RH, achats, SI).
Numérisation et IA — Cour des Comptes 2024 : potentiel de 5-10 % d'économies sur les fonctions de back-office (Bercy, CAF, URSSAF) à horizon 5 ans.
Temps de travail effectif — Rapport Laurent (2016) : 1607h théoriques mais 1583h réelles dans la FPT. Convergence vers 1607h = +0,9 Md€.
4. Consommations intermédiaires — 163 Md€5,6 % du PIB
Achats courants des APU : énergie, fournitures, prestations externes, loyers, médicaments hospitaliers, entretien, sous-traitance, conseil. Poste le plus directement actionnable à court terme via la commande publique.
Sous-secteur
Md€
% du total
Évol.
APUC — État + ODAC
60,7
37,2 %
+0,8 %
APUL — Collectivités
62,7
38,4 %
+3,1 %
ASSO — dont médicaments hôpital
39,8
24,4 %
+2,4 %
TOTAL
162,4
100 %
+2,0 %
Millésime 2025 (Insee, mai 2026) : consommations intermédiaires P2 toutes APU = 163,5 Md€ (quasi-stables, +0,6 vs 2024 sd révisé à 162,4). Ventilation par sous-secteur : millésime 2024.
Commande publique : 160 Md€/an dans le périmètre des APU + 110 Md€ entreprises publiques
UGAP (Union des groupements d'achats publics) : 6,8 Md€ d'achats centralisés en 2024.
Direction des achats de l'État (DAE) : périmètre 11 Md€ centralisés.
Hôpitaux : 25 Md€ d'achats hors médicaments — Resah, UniHA pour la mutualisation.
Leviers (rapport Bercy 2023, IGF 2024) :
Massification des achats — gains de 5-15 % via centrales (UGAP, UniHA, Resah). Potentiel : 3 à 5 Md€/an à terme.
Énergie — 12 Md€/an pour les bâtiments publics. Plan de sobriété (-10 % dès 2022) à pérenniser.
Subventions aux entreprises, aides aux ménages hors prestations sociales (chèques, primes), transferts aux associations, contributions aux organismes internationaux (UE, ONU), subventions d'équilibre. Poste très hétérogène, où se cachent les aides aux entreprises (~159 Md€ tous dispositifs confondus selon Bozio-Wasmer 2024).
Sous-secteur / nature
Md€
Évol.
APUC — Transferts & subventions
132,4
-10,8 %
dont contribution UE (ressource propre)
~25
+5 %
dont subventions entreprises (hors crédits d'impôt)
~30
-15 %
dont compensation d'allègements de cotisations à la Sécu
~40
-12 %
dont aides énergie (boucliers tarifaires en extinction)
~6
-65 %
APUL — Subventions associations, entreprises
55,2
+5,1 %
ASSO — Transferts (Unédic, AGIRC-ARRCO entre régimes)
21,6
+5,5 %
TOTAL
193,4
-6,1 %
Millésime 2025 (Insee, mai 2026) : ligne Insee « Autres transferts et subventions » (D3+D7+D9) = 193,2 Md€ (2024 sd) → 192,1 Md€ (2025 p) — cohérente avec l'agrégat « 193,4 Md€ » de cette fiche (net des flux intra-APU), dont la ventilation reste au millésime 2024. Le détail D3 seul / D7 seul n'est pas publié dans cette collecte.
Aides aux entreprises — le sujet politique 2025
Rapport Bozio-Wasmer (oct. 2024) : les aides aux entreprises atteignent 159 Md€/an en consolidant tous les dispositifs (subventions directes 30 Md€ + crédits d'impôt 30 Md€ + allègements de cotisations sociales 88 Md€ + niches sectorielles + aides locales). Soit ~5,4 % du PIB, le plus haut niveau de l'OCDE.
Leviers identifiés :
Allègements de cotisations : recentrage sur 1-1,6 SMIC (vs 1-2,5 actuellement) → 4 à 8 Md€ selon les paramétrages (Bozio-Wasmer).
CIR (Crédit Impôt Recherche) : 7,5 Md€/an. France Stratégie : effets sur la R&D modestes au-delà des PME. Réforme = 1-2 Md€.
Niches sectorielles : TVA réduite restauration (4 Md€ — 350 k€ par emploi créé selon IGF), heures supplémentaires défiscalisées (1,9 Md€).
Évaluation systématique : seules ~30 % des aides ont été évaluées (Cour des Comptes 2023).
6. Investissement public — 132 Md€4,5 % du PIB
FBCF (Formation Brute de Capital Fixe) + acquisitions nettes d'actifs. Investissement le plus élevé d'Europe en % de PIB (moyenne UE : 3,3 %). Mais répartition très inégale : les collectivités portent 55 % de l'investissement public total.
Sous-secteur
FBCF (Md€)
% total
Évol.
APUL — Collectivités locales
73,0
55,3 %
+9,2 %
APUC — État + ODAC
26,0
19,7 %
+5,8 %
dont défense (équipements LPM)
~14
+8 %
dont infrastructures (routes, ferroviaire)
~8
+4 %
ASSO — Hôpitaux + ARS
~6,0
4,5 %
+3 %
Autres investissements (R&D, logiciels, terrains)
22,0
16,7 %
+6 %
Acquisitions nettes d'actifs non produits (terrains, brevets)
5,1
3,9 %
+45 %
TOTAL
132,1
100 %
+7,7 %
Millésime 2025 (Insee, mai 2026) : FBCF P51 toutes APU = 132,2 Md€ (+4,1 vs 2024 sd révisé à 127,5). Acquisitions nettes d'actifs non produits et ventilation par sous-secteur : millésime 2024.
Cycle politique des investissements locaux (effet ciseau communal)
Les communes investissent fortement à mi-mandat (années 3-5 du mandat municipal de 6 ans). Les élections municipales 2026 impliquent un pic d'investissement 2024-2025, suivi d'une chute en 2026-2027. Anticipation budgétaire critique pour les recettes BTP / TVA.
Pistes (CGEDD, France Stratégie) :
Sélectivité — ratio coût/bénéfice systématique pour projets > 100 M€ (RGPP étendue).
Maintenance vs construction nouvelle — 30 % des investissements collectivités servent à compenser un sous-entretien (rapport Cours des Comptes 2024).
Cofinancements UE — France sous-utilise FEDER & FSE (~85 % de tirage vs 95 % moyenne UE). Gain : ~2 Md€/an récupérés.
7. Charge d'intérêts de la dette — 67,5 Md€ en 2025D41 : 62,2 (2024 sd) → 67,5 Md€ (2025 p) • +6,6
La charge de la dette est devenue le 3e poste budgétaire de l'État, derrière l'éducation et la défense. Elle a plus que doublé en 4 ans (29 Md€ en 2021 → 67,5 Md€ en 2025, Insee mai 2026) sous l'effet de la remontée des taux. Trajectoire AFT : 75 Md€ en 2027, 100 Md€ en 2030 au taux actuel.
Année
Charge d'intérêts
% PIB
Taux apparent
Stock dette
2019
35,8 Md€
1,5 %
1,5 %
2 374 Md€
2020
30,2 Md€
1,3 %
1,2 %
2 648 Md€
2021
28,7 Md€
1,1 %
1,0 %
2 813 Md€
2022
53,2 Md€
2,0 %
1,8 %
2 957 Md€
2023
49,1 Md€
1,7 %
1,6 %
3 102 Md€
2024 (sd révisé)
62,2 Md€
2,0 %
1,8 %
3 306 Md€
2025 (p, Insee mai 2026)
67,5 Md€
2,2 %
~1,9 %
3 460,5 Md€
2027 (proj. AFT)
~75 Md€
2,4 %
2,1 %
~3 700 Md€
Structure de la dette
2 580 Md€ dette négociable AFT (78 % du total) : OAT 2 380 Md€ + BTF 200 Md€
Maturité moyenne : 8 ans 4 mois (avantage : exposition limitée à la hausse rapide des taux)
Spread OAT-Bund 10 ans : ~75 pb avril 2026 (vs 30 pb historique, signe d'inquiétude)
Alerte soutenabilité. Avec r > g (taux apparent 1,8 % > croissance nominale ~3 %), la dynamique de la dette n'est pas encore explosive. Mais si les taux continuent de monter ou si la croissance ralentit, la France entre en zone de soutenabilité dégradée. Chaque +100 pb sur les taux = +30 Md€/an de charge supplémentaire à terme.
8. Dépenses APU par fonction (COFOG) — vue alternativeHors social • millésime 2024
Classification fonctionnelle internationale (Eurostat / OCDE COFOG). Permet la comparaison directe avec les autres pays. Les chiffres ci-dessous excluent la protection sociale (24,2 % du PIB en France). Ventilation COFOG fine 2025 non encore publiée dans la collecte Insee de mai 2026 : tableau maintenu au millésime 2024.
Le surplus français hors social = 3,2 points de PIB ≈ 93 Md€/an. Les principaux écarts vs moyenne UE : affaires économiques (+1,2 pt = subventions entreprises et infrastructures), défense (+0,6 pt — légitime), logement (+0,5 pt — APL et niches fiscales), enseignement (+0,4 pt). Sans toucher aux missions régaliennes, le retour à la moyenne UE sur les seuls postes "affaires économiques + logement + culture" représente ~55 Md€ d'économies théoriques.
9. Synthèse — Cartographie des leviers d'économies hors socialAnalyse
Ordre de grandeur consolidé des leviers chiffrables documentés par FIPECO, IGF, Cour des Comptes, France Stratégie, Bozio-Wasmer. Horizon 5 ans, à politiques publiques constantes pour l'usager.
Levier
Économies annuelles
Horizon
Risque politique
Recentrage allègements de cotisations sur 1-1,6 SMIC
4 à 8 Md€
2 ans
Élevé
Évaluation et rabotage niches fiscales (467 niches, 89 Md€)
5 à 10 Md€
3 ans
Moyen
Non-remplacement 1/3 des départs FPE hors prioritaires
Note méthodologique. Cette fourchette de 26 à 42 Md€ d'économies hors social à horizon 5 ans suppose une volonté politique soutenue. Combinée aux 20-30 Md€ identifiés sur le périmètre social (déjà traités dans tableau_emplois_ressources_social.html), on atteint 46 à 72 Md€ à 5 ans, soit la trajectoire nécessaire pour ramener le déficit sous 3 % du PIB sans hausse d'impôts. Tous ces leviers sont documentés et chiffrés par des sources institutionnelles (Cour des Comptes, IGF, FIPECO).