🇫🇷 Finances Publiques
🏛️ Finances locales
Analyse finances publiques ·
Mis à jour août 2026 — Insee, Comptes nationaux des APU — année 2025 (premiers résultats, mars 2026)

Acquisitions nettes d'actifs non financiers des APU
P5+NP · 137,7 Md€ (2025 p) — dont FBCF 132,2 et autres acquisitions nettes 5,6

Dans les comptes des administrations publiques, l'investissement ne se limite pas à la FBCF (P51g, 132,2 Md€ en 2025). Il existe une seconde ligne, discrète mais stratégique : les « autres acquisitions nettes d'actifs non financiers » — terrains (NP.1), spectre radioélectrique (NP.11), variations de stocks (P.52) — soit 5,6 Md€ en 2025. Ensemble, ils forment l'agrégat P5+NP = 137,7 Md€. Ces actifs ne s'amortissent pas, ne figurent pas dans les budgets de la même façon, et recèlent des milliards méconnus.
Mis à jour août 2026 · Sources : Insee, « Comptes nationaux des administrations publiques — année 2025 » (premiers résultats, mars 2026) ; Eurostat gov_10a_main (base 2020) ; Compte général de l'État 2024, FIPECO, ARCEP, France Domaine, Cour des comptes
📐 Périmètre et source

Définition (SEC 2010). Les acquisitions nettes d'actifs non financiers des APU (S13) regroupent la FBCF (P51g), les variations de stocks (P.52), les acquisitions nettes d'objets de valeur (P.53) et les acquisitions moins cessions d'actifs non produits (NP) — terrains, spectre radioélectrique, ressources naturelles, contrats et baux. Cet agrégat, noté ici P5+NP, est celui qui figure au compte de capital des APU. Il exclut les actifs financiers (prises de participation, prêts).

Série de référence du site (Md€ courants) :

Opération20232024 (sd)2025 (p)
P5+NP · Acquisitions nettes totales d'actifs non financiers122,6132,6137,7
→ dont P51g · FBCF des APU119,8127,5132,2
→ dont autres acquisitions nettes (P.52 + P.53 + NP)2,85,15,6

Sources. Insee, « Comptes nationaux des administrations publiques — année 2025 », premiers résultats, mars 2026 (2025 provisoire (p), 2024 semi-définitif (sd)) ; Eurostat, gov_10a_main (base 2020) pour le détail par opération. Attention : la décomposition fine P.52 / P.53 / NP (terrains, spectre, stocks) et les données de stock (comptes de patrimoine, Compte général de l'État) ne sont disponibles qu'au millésime 2024 ; les sections 2 à 8 de cette fiche restent donc en 2024 et sont signalées comme telles.

1 Chiffres clés 2025 flux 2025 (p) stocks & détail : millésime 2024

A. Les flux : l'agrégat P5+NP en 2025 (comptabilité nationale)

137,7
Md€
P5+NP · Acquisitions nettes d'actifs non financiers (2025 p)
après 132,6 Md€ en 2024 (sd) et 122,6 Md€ en 2023
132,2
Md€
dont P51g · FBCF des APU (2025 p)
127,5 Md€ en 2024 (sd) — 96 % de l'agrégat
5,6
Md€
dont autres acquisitions nettes (P.52 + P.53 + NP)
5,1 Md€ en 2024 (sd) ; 2,8 Md€ en 2023
+3,5%
2024 → 2025
Progression de l'agrégat P5+NP
(132,6 → 137,7 Md€)

Source : Insee, « Comptes nationaux des administrations publiques — année 2025 » (premiers résultats, mars 2026) ; Eurostat gov_10a_main (base 2020).

B. Les stocks et le détail par actif — millésime 2024 dernier millésime publié

ℹ️ Millésime des données La ligne agrégée « acquisitions nettes d'actifs non financiers » des APU est désormais publiée jusqu'en 2025 (Tableau 2, annexe Insee « Comptes nationaux des APU — année 2025 », mars 2026) : 132,6 Md€ en 2024 (sd) et 137,7 Md€ en 2025 (p), après 122,6 Md€ en 2023. Dont FBCF (P51) : 127,5 Md€ (2024 sd) et 132,2 Md€ (2025 p) — soit des « autres acquisitions » hors FBCF d'environ 5,1 Md€ en 2024 et 5,6 Md€ en 2025 (2,8 Md€ en 2023). En revanche, la décomposition fine P.52 / P.53 / NP (terrains, spectre, stocks) n'est pas publiée pour 2025 : les chiffres détaillés de cette fiche restent au millésime 2024 (Compte général de l'État 2024, comptes de patrimoine 2024).
2 821
Md€
Stock total actifs non financiers APU (valeur brute)
1 044
Md€
dont terrains APU (~37 % du stock total)
12,6
Md€
Spectre hertzien inscrit au bilan de l'État (valeur brute)
−2 273
M€
Variation terrains État en 2024 (transfert digues aux collectivités)
394
M€
Recettes spectre hertzien 2024 (redevances + faisceaux hertziens)
2 595
M€
Terrains État brut fin 2024 (vs 4 868 M€ fin 2023)
633
Md€
Patrimoine net APU fin 2024 (21,7 % PIB)
−1 987
Md€
Situation nette de l'État seul (passifs > actifs)

Sources : Compte général de l'État 2024 (DGFiP/DAF), FIPECO « Les actifs des administrations publiques » (sept. 2025), INSEE Comptes de patrimoine 2024

📊 Mise en perspective : les « autres acquisitions » dans le budget de l'État

La FBCF (P51) de l'ensemble des APU représente 127,5 Md€ en 2024 (sd) et 132,2 Md€ en 2025 (p) Insee, Tableau 2, comptes des APU 2025 (mars 2026). Les « autres acquisitions nettes d'actifs non financiers » totalisent des flux annuels bien plus modestes — 5,1 Md€ nets en 2024 et 5,6 Md€ en 2025 (2,8 Md€ en 2023) — mais le stock d'actifs non produits (terrains + spectre + ressources naturelles) inscrit au bilan dépasse 1 100 Md€. C'est un patrimoine comparable à environ 10 années de FBCF… souvent géré sans stratégie explicite.

2 Les terrains de l'État — NP.1

Les terrains constituent, et de loin, le poste le plus important parmi les actifs non produits des administrations publiques. Contrairement aux constructions, ils ne s'amortissent pas et peuvent s'apprécier considérablement.

Le bilan de l'État : une chute spectaculaire en 2024

Terrains État (fin 2023)
4 868 M€
4 868 M€
Terrains État (fin 2024)
2 595 M€
2 595 M€
dont transfert digues sans contrepartie
−2 253 M€
−2 253 M€

Source : Compte général de l'État 2024, bilan de l'État au 31 déc. 2024

📉 Le transfert de digues : un événement comptable majeur En 2024, l'État a transféré aux collectivités territoriales (principalement syndicats de gestion de digues) l'ensemble des digues domaniales pour un montant comptable de 2 253 M€ sans contrepartie financière. Ce transfert est enregistré comme une cession à titre gratuit : il fait chuter les terrains de l'État de 47 % en un an. Sur le bilan consolidé des APU, l'opération est neutre (les terrains passent d'un sous-secteur à un autre), mais elle révèle la fragilité de la valeur inscrite : la qualité de la valorisation des actifs immobiliers publics reste contestée.

Les terrains APU dans le patrimoine national

Pour l'ensemble des administrations publiques (État + collectivités + organismes sociaux), les terrains représentent une fraction considérable du bilan non financier :

Composition du stock d'actifs non financiers APU — 2 821 Md€ brut (2024)
Terrains 37%
Ouvrages génie civil 28%
Bâtiments non résid. 18%
R&D 9%
Autres 8%
Terrains : ~1 044 Md€
Ouvrages génie civil : ~790 Md€
Bâtiments non résidentiels : ~508 Md€
R&D : ~254 Md€
Autres actifs : ~226 Md€

Source : FIPECO, « Les actifs des administrations publiques », mise à jour septembre 2025

France Domaine : gestionnaire du patrimoine foncier de l'État

AspectDescription
StatutService à compétence nationale de la DGFiP (rattaché au ministère des Finances)
MissionsÉvaluation, gestion, cession et acquisition de biens immobiliers de l'État
Recettes de cessions 2022–2024~400 à 800 M€/an (variable selon les programmes de valorisation)
RéférentielTableau Général des Propriétés de l'État (TGPE) — inventaire de référence
Contraintes politiquesPression pour vendre des actifs (réduction déficit), mais résistance des ministères utilisateurs
Problème structurelValorisation souvent sous-estimée, sous-utilisation des biens vacants, coûts d'entretien élevés
💡 L'équation impossible de la cession immobilière L'État vend régulièrement des immeubles pour « réduire le déficit ». Problème : ces cessions sont des opérations de trésorerie (on convertit un actif en cash), pas une réduction structurelle du déficit au sens du solde structurel. En comptabilité nationale, la vente d'un terrain n'améliore pas le déficit public (solde des APU en SEC 2010). Elle améliore uniquement le besoin de financement comptable, pas la trajectoire soutenable. FIPECO et la Cour des comptes l'ont rappelé à plusieurs reprises.

3 Le spectre hertzien — NP.11

Le spectre radioélectrique est un actif incorporel non produit au sens du SEC 2010 : il ne résulte d'aucun processus de production, il est rare et non extensible. L'État en est le gestionnaire au nom de la collectivité nationale. Les opérateurs privés (Orange, SFR, Bouygues, Free) en obtiennent des droits d'usage temporaires, contre paiement de redevances et/ou lors d'enchères.

Comptabilité : une valorisation à 12,6 Md€

12 556
M€
Spectre hertzien inscrit au bilan de l'État (valeur brute, fin 2024)
286
M€
Redevances ARCEP perçues en 2024 (fréquences mobiles)
108
M€
Redevances faisceaux hertziens 2024 (ANFR)

Sources : Compte général de l'État 2024 (bilan), ARCEP Rapport annuel 2024, ANFR

Comment l'État « monétise » le spectre

Enchères initiales (one-shot)

  • 5G (700 MHz, 2600 MHz) — 2020 : 2,8 Md€ encaissés sur 4 opérateurs
  • 3,5 GHz cœur 5G — 2020 : 2,78 Md€ (volet initial) + obligations de déploiement
  • Bande 26 GHz (mmWave) — future : à définir
  • Ces montants sont des recettes de cession d'actifs : hors déficit SEC 2010

Redevances annuelles récurrentes

  • Redevances de mise à disposition (ARCEP) : ~286 M€/an
  • Faisceaux hertziens (ANFR) : ~108 M€/an
  • Total annuel récurrent : ~394 M€/an
  • Ces flux sont intégrés au déficit public (recettes non fiscales de l'État)
📡 Le paradoxe de la valorisation du spectre La valeur inscrite au bilan de l'État (12,6 Md€) correspond aux enchères historiques encaissées, amorties selon des règles comptables. La valeur économique réelle du spectre est potentiellement très supérieure : en Europe, des bandes comparables se sont adjugées à des prix bien plus élevés par tête d'habitant (Allemagne, Royaume-Uni). En contrepartie, la France a choisi d'imposer des obligations de déploiement aux opérateurs plutôt que de maximiser les recettes immédiates — arbitrage entre recettes à court terme et couverture du territoire.

Comparaison internationale des enchères 5G

PaysBandes attribuéesRecettes totales€ par habitantApproche
Allemagne2 GHz, 3,6 GHz, 700 MHz6,6 Md€~79 €Enchères pures, prix élevés
Italie700 MHz, 3,7 GHz, 26 GHz6,5 Md€~107 €Enchères, max recettes
France700 MHz, 2,1 GHz, 3,5 GHz~3,0 Md€~45 €Obligations déploiement + prix
Royaume-Uni700 MHz, 3,6–3,8 GHz1,4 Md£~21 €Enchères + obligations
Espagne700 MHz, 3,5 GHz1,0 Md€~21 €Prix modérés, couverture rurale

Source : GSMA, ARCEP, Analysys Mason, BCE (2021–2023)

4 Variations de stocks — P.52

Les variations de stocks (P.52) enregistrent les modifications de l'inventaire physique des administrations publiques : matières premières, produits finis, vivres, munitions, médicaments, etc. Ce poste est généralement faible en valeur absolue pour les APU françaises mais peut être significatif pour certains acteurs.

Ministère des Armées

  • Stocks de munitions et de pièces détachées
  • Carburant et provisions logistiques
  • Fluctuations liées aux opérations extérieures
  • Suivi dans le compte de résultat de la Défense

Établissements de santé (APUL/ASSO)

  • Stocks de médicaments, matériel médical
  • COVID-19 (2020–2021) : variation massive de stocks
  • Gestion stratégique par Santé Publique France
  • Stock national de contre-mesures médicales

Collectivités & établissements publics

  • Matières premières pour travaux en régie
  • Stocks de sel de déneigement, matériaux
  • Céréales (stocks d'intervention UE via FranceAgriMer)
  • Flux généralement nets négatifs (destockage)
📦 COVID-19 et la révélation des stocks publics La crise COVID a brutalement mis en lumière la gestion des stocks publics. La France a été critiquée pour avoir laissé ses stocks de masques chirurgicaux se dégrader avant 2020. La reconstitution d'urgence de stocks stratégiques (masques, respirateurs, médicaments) a généré une variation positive massive de P.52 en 2020–2021, puis un déstockage partiel à partir de 2022. Cet épisode a conduit à la création d'une doctrine de stocks stratégiques sanitaires, désormais régie par Santé Publique France avec un niveau cible de réserve défini réglementairement.

5 Le bilan patrimonial des APU

L'ensemble des actifs non financiers — dont les « autres acquisitions » — s'inscrit dans un bilan patrimonial global des administrations publiques. Ce bilan, produit chaque année par l'INSEE et certifié par la Cour des comptes pour l'État seul, révèle une réalité paradoxale : un État propriétaire de milliers de milliards d'actifs... mais dont la situation nette est profondément négative.

5 247
Md€
Total actifs APU (fin 2024, financiers + non financiers)
4 614
Md€
Total passifs APU (principalement dette publique + engagements)
+633
Md€
Patrimoine net APU = actifs − passifs (21,7 % PIB)
−1 987
Md€
Situation nette de l'État seul (−66 % PIB)

Sources : FIPECO (sept. 2025), Compte général de l'État 2024 (DGFiP), INSEE Comptes de patrimoine nationaux

Actifs non financiers APU : 2 821 Md€

CatégorieValeur brute% total
Terrains (NP.1)~1 044 Md€37 %
Ouvrages de génie civil (P.512)~790 Md€28 %
Bâtiments non résidentiels~508 Md€18 %
R&D capitalisée (P.5143)~254 Md€9 %
Autres actifs produits~226 Md€8 %

Actifs financiers APU : 1 626 Md€

CatégorieValeur
Participations financières de l'État (APE)~200–300 Md€
Prêts et créances de l'État~150 Md€
Liquidités et dépôts (trésoreries)~200 Md€
Fonds de réserve des retraites (FRR)~26 Md€
Autres actifs financiers~950 Md€
🏛️ Patrimoine net ≠ solvabilité Le fait que le patrimoine net des APU soit positif (+633 Md€) ne signifie pas que l'État est « solvable » au sens d'une entreprise. Les actifs publics (routes, bâtiments, terrains) ne peuvent pas, pour la plupart, être liquidés pour rembourser les dettes. Ce qui compte pour la soutenabilité de la dette, c'est la capacité à générer des recettes fiscales futures — pas la valeur du stock de biens publics. La distinction est fondamentale pour éviter de confondre richesse patrimoniale et solidité budgétaire.

6 Gestion & gouvernance

L'architecture de gestion des actifs non produits

ActifGestionnaire opérationnelTutelle politiqueInstrument de contrôle
Terrains et immeubles de l'État France Domaine (DGFiP) Ministère des Finances TGPE, Schéma pluriannuel de stratégie immobilière (SPSI)
Forêts domaniales ONF (Office National des Forêts) Ministère Agriculture Contrat d'objectifs et de performance (COP)
Spectre hertzien ANFR (gestion technique), ARCEP (régulation) DGMIC / Ministère économie numérique Plan national de fréquences (PNF), autorisations ARCEP
Quotas CO₂ (actifs incorporels) Caisse des Dépôts (registre national) Ministère Écologie Registre Union (SEQE-UE)
Stocks stratégiques civils Santé Publique France, DGEC (énergie) Ministères sectoriels Obligations réglementaires de niveau de stocks
Réserves militaires DGA (Direction Générale Armement) Ministère des Armées LPM, PAP « Préparation et emploi des forces »

Problèmes structurels de gouvernance

Fragmentation des inventaires

  • Pas de bilan unifié consolidé temps réel
  • TGPE incomplet (biens des opérateurs peu intégrés)
  • Collectivités locales hors périmètre France Domaine
  • Double comptage/omission entre niveaux APU

Valorisation incertaine

  • Terrains : valeur historique souvent déconnectée du marché
  • Spectre : méthode de valorisation non harmonisée en zone euro
  • Stocks militaires : valorisation confidentielle
  • Cour des comptes : réserves récurrentes sur les actifs du bilan de l'État

Manque de stratégie patrimoniale

  • Chaque ministère garde ses biens (résistance aux cessions)
  • Absence d'objectif de rendement sur les actifs publics
  • Pas de fonds souverain dédié aux recettes de cessions
  • vs. Norvège (GPFG), Singapour (GIC/Temasek), Suède (Riksgälden)

7 Enjeux budgétaires & pistes de réforme

🎯 La question clé : ces actifs travaillent-ils pour les contribuables ? Les actifs non produits des APU représentent un gisement de valeur considérable. La question n'est pas de tout vendre — le sol de France n'est pas à brader — mais de savoir si ces actifs génèrent un rendement optimal pour la collectivité. Un terrain en centre-ville occupé par un ministère sous-utilisé, valorisé à son prix historique, ne « travaille » pas pour le contribuable.

Levier 1 : Valorisation active du foncier public

ActionPotentiel estiméExemples réussis
Cessions immobilières ciblées (biens non stratégiques) 500 M€–1 Md€/an Hôpitaux Lariboisière, emprises militaires désaffectées
Bail emphytéotique / valorisation sans cession 200–500 M€/an Modèle allemand Bundesimmobiliengesellschaft (BIMA)
Densification des bureaux de l'État (flex-office) 200–400 M€/an en loyers évités Schéma pluriannuel de stratégie immobilière (SPSI) 2024–2028
Mobilisation foncier public pour logement social Non monétaire (impact social) Décote « loi Duflot » sur cessions HLM — à renforcer

Levier 2 : Optimiser les recettes du spectre

ActionPotentielArbitrage
Révision à la hausse des redevances ARCEP (indexation) +50–150 M€/an Risque de répercussion sur tarifs mobiles (transfert à l'abonné)
Attribution prochaine bande 26 GHz (mmWave) 500 M€–1,5 Md€ (one-shot) Dépend du modèle : enchère vs obligations déploiement
Récupération de fréquences libérées (analogique hertzien) Recueil de valeur différée Migration TNT requise, délais longs

Levier 3 : Rationaliser les stocks stratégiques

La gestion des stocks publics est à l'intersection de la politique budgétaire et de la politique de sécurité nationale. Après les leçons COVID, la tendance est au renforcement des stocks stratégiques (médicaments, énergie, agro-alimentaire). Le défi : maintenir ces stocks sans se laisser entraîner dans des surcoûts massifs de stockage et de rotation.

🔑 Ce que font les meilleurs élèves

Suède : L'Agence nationale de préparation aux crises (MSB) gère un programme de stocks stratégiques explicite, avec des objectifs publics de couverture en semaines pour chaque catégorie critique. Les coûts sont budgétisés de façon transparente.

Finlande : Stocks de sécurité nationaux couvrant 6 mois d'importations clés (énergie, médicaments, alimentation). Gestion déléguée à des entreprises privées sous convention. Coût : ~0,3 % du PIB/an mais couverture considérée optimale.

France : Doctrine en cours de restructuration post-COVID. Santé Publique France dispose depuis 2021 d'un cadre législatif mais les moyens financiers restent insuffisants selon la Cour des comptes (rapport 2023 sur la préparation sanitaire).

8 Benchmark international

Patrimoine net des administrations publiques (% PIB, 2022–2024)

Norvège
+337% PIB
+337 %
Australie
+42% PIB
+42 %
Canada
+24% PIB
+24 %
Allemagne
+22% PIB
+22 %
🇫🇷 France (APU)
+21,7% PIB
+21,7 %
Suède
+15% PIB
+15 %
États-Unis
−22% PIB
−22 %
Italie
−73% PIB
−73 %
Japon
−183% PIB
−183 %

Sources : FMI Fiscal Monitor, OCDE Comptes nationaux, Eurostat (2023–2024)

🌍 Le cas exemplaire de la Norvège Le patrimoine net norvégien est colossal (+337 % du PIB) grâce au Fonds de pension global (GPFG : 1 500+ Md€ fin 2024). Mais la Norvège a aussi bien géré ses actifs non financiers : cadastre numérique complet, valorisation régulière des actifs fonciers, politique de ressources naturelles avec redevances transparentes sur les hydrocarbures. Le modèle n'est pas transposable tel quel, mais l'architecture de gouvernance l'est : agence indépendante de gestion, objectif de rendement explicite, reporting annuel au Parlement.

Leçons des pays qui gèrent bien leurs actifs non financiers

PaysDispositif cléRésultat
🇳🇴 Norvège GPFG + Statsbygg (gestion immeubles État) Rendement explicite, cessions stratégiques documentées
🇸🇬 Singapour GIC + JTC Corporation (foncier industriel) Tous les terrains d'État valorisés à prix marché, baux 30–60 ans
🇩🇪 Allemagne BIMA (Bundesimmobiliengesellschaft) Société de droit commun, cessions à prix de marché, SPSI fédéral
🇳🇿 Nouvelle-Zélande Crown Property + Public Finance Act Bilan de l'État audité et publié trimestriellement, actifs valorisés annuellement
🇸🇪 Suède Riksgälden + portefeuille participations État Rendement total attendu des participations : 8 %/an ; fréquences: indexation automatique
🇫🇷 France France Domaine + ARCEP + ANFR (fragmentation) Bilan certifié, mais gouvernance fragmentée, valorisation sous-optimale, pas d'objectif de rendement

📌 Synthèse : trois recommandations concrètes pour la France

1. Créer une Agence du Patrimoine de l'État (APE-Actifs) — distincte de l'APE actuelle qui gère les participations — chargée de tous les actifs non financiers avec un objectif de rendement annuel publié. Modèle : BIMA allemand ou Statsbygg norvégien.

2. Unifier l'inventaire foncier en temps réel — intégrer collectivités, établissements de santé et opérateurs dans un TGPE élargi, avec valorisation annuelle au prix de marché (pas au coût historique). Permettrait des arbitrages rationnels entre cession, bail et transformation d'usage.

3. Adopter une règle de « rendement minimum » sur les actifs non produits — tout bien public non stratégique occupé en dessous d'un taux d'utilisation minimal (ex. : 75 %) doit faire l'objet d'une décision formelle : cession, bail emphytéotique ou transformation d'usage. Obligation de publication annuelle.

Sources principales : Compte général de l'État 2024 (DGFiP / Direction des Affaires Financières) · FIPECO « Les actifs des administrations publiques », mis à jour septembre 2025 · INSEE Comptes de patrimoine nationaux 2024 · ARCEP Rapport annuel 2024 · ANFR Rapport d'activité 2024 · Cour des comptes « Rapport sur le budget de l'État 2024 » · Eurostat SEC 2010 · FMI Fiscal Monitor 2024 · OCDE Government at a Glance 2023 · Règlement UE n° 549/2013 (SEC 2010)

Note méthodologique : Les « autres acquisitions nettes d'actifs non financiers » correspondent, dans le SEC 2010, aux postes P.52 (variations de stocks) + P.53 (acquisitions nettes d'objets de valeur) + NP (acquisitions nettes d'actifs non produits). Les flux annuels nets sont enregistrés dans le compte de capital des APU et publiés par Eurostat dans la notification de déficit biannuelle. Le stock d'actifs non produits figure dans les tableaux de patrimoine (comptes de bilan). Document rédigé par — mai 2026. Mis à jour août 2026 avec les comptes des APU 2025 : les agrégats sont actualisés d'après le Tableau 2 de l'annexe Insee « Comptes nationaux des APU — année 2025 » (premiers résultats, 26 mars 2026) — acquisitions nettes d'actifs non financiers : 122,6 (2023), 132,6 (2024 sd), 137,7 Md€ (2025 p) ; dont FBCF (P51) : 119,8 / 127,5 / 132,2 Md€ ; soit hors FBCF ≈ 2,8 / 5,1 / 5,6 Md€. La décomposition fine P.52 / P.53 / NP reste au millésime 2024.

P5 + NPAcquisitions nettes d'actifs non financiers — historique et perspective

Bloc normalisé, identique sur toutes les fiches de composante du site : même intitulé comptable, même profondeur d'historique, mêmes contrôles. Montants en milliards d'euros courants.

Historique 2016-2025 — comptabilité nationale
Md€2016201720182019202020212022202320242025
P5 + NP · Acquisitions nettes d'actifs non financiers90,391,095,1104,7101,5105,7115,1122,6132,6137,7
en % des dépenses publiques7,16,97,27,87,17,17,47,67,98,0
+47,4 Md€2016 → 2025
+52,5 %variation sur 10 ans
+4,8 %par an en moyenne
7,1 → 8,0 %poids des dépenses publiques
Lecture

En dix ans, ce poste a augmenté de 47,4 Md€ (+52,5 %), soit +4,8 % par an en moyenne. Son poids dans l'ensemble des dépenses publiques est passé de 7,1 % en 2016 à 8,0 % en 2025 (+1,0 point). Le maximum de la période est atteint en 2025 (137,7 Md€), le minimum en 2016 (90,3 Md€).

Perspective d'évolution

Ce total suit presque entièrement sa composante principale, la FBCF (132,2 des 137,7 Md€ de 2025). Le solde — terrains, spectre hertzien, stocks stratégiques — est faible mais irrégulier : de 2,8 Md€ en 2023 à 5,6 Md€ en 2025, il dépend d'opérations ponctuelles et ne se projette pas.

Cadrage d'ensemble — OFCE, prévisions d'avril 2026 : déficit public −5,1 % du PIB en 2025, −4,8 % en 2026, −4,4 % en 2027 ; dette 115,6 % → 118,3 % → 119,8 % du PIB. La loi de finances pour 2026 porte l'effort sur la sécurité sociale (≈ 4 Md€) et les collectivités (≈ 3 Md€), avec une hausse du budget de la défense (+0,2 point de PIB).

Sources. Historique : Insee, jeu de données « Comptes des administrations publiques » publié sur data.gouv.fr (API Melodi DD_CNA_APU, millésime des comptes 2025 provisoires — contrôle de cohérence : capacité de financement B9 = −152,5 Md€). Pour les opérations que l'Insee ne diffuse pas en version consolidée sur ce jeu (D7, D9, D91), la source est Eurostat, table gov_10a_main (base 2020, secteur S13), qui publie la même comptabilité nationale transmise par l'Insee au titre du règlement européen. Détail par impôt : Insee, tableau Impôts et cotisations sociales 1995-2025. Perspective : OFCE, prévisions d'avril 2026 ; COR, rapport de juin 2025 ; OFGL, rapport 2025 ; loi de finances pour 2026. 2025 = provisoire (p), 2024 = semi-définitif (sd). Référentiel comptable, sources et méthode →