📐 Deux façons de compter l'impôt sur le revenu
1 · Comptabilité nationale (Insee) — la valeur vedette de cette fiche, cohérente avec le tableau emplois-ressources du site : IRPP = 103,6 Md€ en 2025 (provisoire), après 96,0 Md€ en 2024 et 96,9 Md€ en 2023. Source : Insee, tableau « Impôts et cotisations sociales 1995-2025 », millésime mai 2026.
2 · Recettes budgétaires nettes de l'État (DGFiP) — la valeur historique de cette fiche : IR net encaissé = 94,9 Md€ en 2025 (+7,9 % après 88,0 Md€ en 2024). C'est le chiffre utilisé dans les séries historiques et les tableaux « budget de l'État » ci-dessous.
L'écart (~9 Md€) tient au périmètre et aux conventions : droits constatés vs encaissements, prélèvement forfaitaire et retenues à la source intégrés à l'IRPP par l'Insee, traitement des remboursements, dégrèvements et crédits d'impôt. Les deux séries ne se comparent donc pas terme à terme.
103,6 Md€
IRPP 2025 — comptabilité nationale (Insee)
96,0 Md€ en 2024 · Budget État : 94,9 Md€ nets (DGFiP)
42,0 M
Foyers fiscaux déclarants
dont 20,1 M imposés (48 %)
1 610 Md€
Revenu net déclaré total
54 % du PIB · +4,5 % vs 2024
48 %
Foyers imposés
20,1 M imposés · 21,9 M non-imposés
~74 %
Part payée par le D10
Dernier décile de RFR
~43 Md€
Niches fiscales IR
Sur ~105 Md€ total dépenses fiscales
📋 1. Vue d'ensemble — L'IR dans les recettes de l'État
94,9 Md€ nets (budget État)
Lecture : L'impôt sur le revenu (IR) est le 2e impôt d'État en recettes, après la TVA. Il est assis sur les revenus des personnes physiques et soumis à un barème progressif (5 tranches, de 0 % à 45 %). Les données ci-dessous portent sur l'IR net du budget de l'État : environ 95 Md€ selon les estimations DGFiP — en hausse de 7,9 % par rapport à l'année précédente (IR net encaissé : 94,9 Md€). En comptabilité nationale (Insee), l'IRPP 2025 s'établit à 103,6 Md€ — voir l'encadré « Deux façons de compter » en haut de page.
Place de l'IR dans les recettes fiscales nettes de l'État (2025)
Source : DGFiP Statistiques n°43 (mars 2026) · INSEE, comptes des APU 2025.
Ratios clés de l'IR (2025)
Effet ciseaux persistant : L'indexation du barème (+1,8 %) reste inférieure à la progression des revenus (+4,5 %), provoquant une hausse mécanique de l'IR de +7,9 %. La nouvelle CDHR (impôt minimal de 20 % au-delà de 250 000 € de RFR) n'a rapporté que 0,4 Md€, bien en-deçà des 1,9 Md€ anticipés en LFI 2025.
📈 2. Évolution historique de l'IR — 2010 à 2025
16 ans de données
Recettes nettes d'IR en milliards d'euros (2010-2025) — budget de l'État, encaissements nets
Trois phases : (1) 2010-2013 — forte hausse sous la pression fiscale Sarkozy/Hollande (gel du barème, création tranche 45 %, fiscalisation des heures sup) ; (2) 2014-2019 — stabilisation autour de 70-73 Md€ (indexation du barème, suppression 1re tranche) ; (3) 2020-2025 — nouvelle hausse portée par la reprise post-Covid et l'inflation des revenus nominaux, culminant à 94,9 Md€ en 2025.
Sources : INSEE, Comptes de la Nation · Cour des Comptes, NEB Recettes fiscales 2020-2024 · DGFiP Statistiques n°19, n°32, n°41, n°43.
📊 3. Barème progressif — Tranches et taux marginaux (revenus 2025)
5 tranches · 0 % à 45 %
Barème applicable aux revenus 2025 (indexé +1,8 %)
Source : Service-public.fr, CGI art. 197 · Barème applicable aux revenus 2025 (déclaration 2026), revalorisé de +1,8 % par rapport aux revenus 2024.
Visualisation du barème — Taux marginaux par part
Quotient familial : Le revenu imposable est divisé par le nombre de parts (1 pour un célibataire, 2 pour un couple, +0,5 par enfant, +1 à partir du 3e). Ce mécanisme réduit le TMI effectif des familles. Le plafonnement de l'avantage du QF est fixé à 1 791 € par demi-part en 2025.
CEHR + CDHR en sus : La contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (3 % au-delà de 250 000 € / 500 000 € couple, 4 % au-delà de 500 000 € / 1 M€ couple) s'ajoute au barème. Nouveauté 2025 : la CDHR (contribution différentielle sur les hauts revenus) instaure un impôt minimal de 20 % au-delà de 250 000 € de RFR — elle a rapporté 0,4 Md€ (loin des 1,9 Md€ prévus en LFI).
🎯 4. Concentration de l'IR — Un impôt payé par une minorité
D10 = ~74 % de l'IR
Répartition de l'IR par décile de revenu fiscal de référence (2025)
Extrême concentration : Le dernier décile (D10 — les 10 % de foyers aux revenus les plus élevés) paie à lui seul environ 74 % de l'IR total, avec un montant moyen de 16 395 €/an. Le dernier millième (top 0,1 %) acquitte en moyenne 45 000 €, soit 95× la moyenne du D10.
Foyers imposés vs non-imposés
Tendance 2025 : Le nombre de foyers imposés continue de progresser (+2,6 %, soit ~500 000 foyers supplémentaires), la sous-indexation du barème (+1,8 %) par rapport à la progression des revenus (+4,5 %) faisant basculer de nouveaux foyers dans l'imposition.
🏠 5. Principales niches fiscales IR — ~43 Md€ de dépenses fiscales
Plafond global : 10 000 €
Top 10 des niches fiscales rattachées à l'IR (2025, coût pour l'État)
Sources : Voies et Moyens, Tome II, PLF 2026 · Vie-publique.fr · DGFiP · La finance pour tous.
Répartition par type de niche (2025)
Plafonnement global des niches fiscales
À noter : Le PER est le dispositif le plus puissant : il agit en déduction du revenu imposable (pas en réduction d'impôt), et est donc hors plafond. Pour un contribuable en tranche 41 %, verser 10 000 € sur un PER génère 4 100 € d'économie d'impôt.
🏦 6. Prélèvement à la source (PAS) — Bilan depuis 2019
7e année de mise en œuvre
Chronologie et bilan du PAS
Mécanisme du PAS — Flux simplifié
Bilan positif : Le PAS a réduit de 95 % le taux de reste à recouvrer (retards de paiement) — passé de ~4,5 % avant 2019 à ~0,2 % en 2025. Le taux de satisfaction des contribuables dépasse 80 % (enquête DGFiP).
🌍 7. Comparaison internationale
OCDE · 2024
Ratio impôts / PIB — Top 10 OCDE (2024)
Source : OCDE, Statistiques des recettes publiques 2025 · Données 2024.
Coin fiscal (tax wedge) — Salarié célibataire, salaire moyen (2023)
Particularité française : La France se distingue par un coin fiscal parmi les plus élevés d'Europe (46,8 %), mais avec un poids de l'IR relativement faible (10,2 % du coût du travail) compensé par des cotisations employeur très élevées (27,0 %) — le taux le plus haut de l'OCDE. La pression fiscale française repose davantage sur les cotisations sociales que sur l'impôt sur le revenu.
🔧 8. Pistes de réforme et levier budgétaire
Débats en cours
Scénario 1 — Fusion IR / CSG
Obstacles : La fusion pose des problèmes majeurs — individualisation vs familialisation, sort du quotient familial, intégration des niches fiscales, acceptabilité politique. Le CPO (2015) la juge « possible mais complexe ».
Scénario 2 — Élargissement de l'assiette IR
Potentiel cumulé : L'ensemble de ces mesures représente un potentiel de +22 à 31 Md€ de recettes supplémentaires — soit un levier budgétaire significatif (~1 point de PIB), au prix de choix politiques sensibles.
📚 9. Sources et références
Sources institutionnelles utilisées
D5Impôt sur le revenu (dans les impôts sur le revenu et le patrimoine) — historique et perspective
Bloc normalisé, identique sur toutes les fiches de composante du site : même intitulé comptable,
même profondeur d'historique, mêmes contrôles. Montants en milliards d'euros courants.
Historique 2016-2025 — comptabilité nationale
⚠ La série ci-dessus est celle de D5 · Impôts sur le revenu et le patrimoine (agrégat), l'agrégat auquel appartient cette recette — pas celle de IRPP. L'Insee ne publie pas de série longue par impôt en comptabilité nationale : le détail vérifié de IRPP figure dans le tableau ci-dessous, sur les seuls millésimes disponibles.
+111,3 Md€2016 → 2025
+39,9 %variation sur 10 ans
+3,8 %par an en moyenne
23,3 → 25,0 %poids des recettes publiques
Lecture
En dix ans, l'agrégat D5 auquel appartient cette recette a augmenté de 111,3 Md€ (+39,9 %), soit
+3,8 % par an en moyenne. Son poids dans l'ensemble des recettes publiques est passé de
23,3 % en 2016 à 25,0 % en 2025 (+1,7 point).
Le maximum de la période est atteint en 2025 (389,9 Md€), le minimum en 2016 (278,6 Md€).
Détail vérifié pour cette recette — IRPP
| 2023 | 2024 (sd) | 2025 (p) |
| Md€ — tableau Insee « Impôts et cotisations sociales 1995-2025 » |
96,9 | 96,0 | 103,6 |
Perspective d'évolution
Le bond de 2025 (+7,6 Md€, soit +7,9 %) tranche avec la stabilité des deux années précédentes. L'impôt sur le revenu est le plus élastique des grands impôts : son rendement suit la masse des revenus imposables avec un an de décalage, et l'indexation du barème sur l'inflation en détermine largement le produit. Toute année de non-indexation se traduirait mécaniquement par un supplément de recette de plusieurs milliards.
Cadrage d'ensemble — OFCE, prévisions d'avril 2026 : déficit public −5,1 % du PIB en 2025, −4,8 % en 2026, −4,4 % en 2027 ; dette 115,6 % → 118,3 % → 119,8 % du PIB. La loi de finances pour 2026 porte l'effort sur la sécurité sociale (≈ 4 Md€) et les collectivités (≈ 3 Md€), avec une hausse du budget de la défense (+0,2 point de PIB).
Sources. Historique :
Insee, jeu de données « Comptes des administrations publiques »
publié sur data.gouv.fr (API Melodi
DD_CNA_APU, millésime des comptes 2025 provisoires —
contrôle de cohérence : capacité de financement B9 = −152,5 Md€). Pour les opérations que l'Insee ne diffuse pas
en version consolidée sur ce jeu (D7, D9, D91), la source est Eurostat, table
gov_10a_main (base 2020,
secteur S13), qui publie la même comptabilité nationale transmise par l'Insee au titre du règlement européen.
Détail par impôt : Insee, tableau
Impôts et cotisations sociales 1995-2025.
Perspective : OFCE, prévisions d'avril 2026 ; COR, rapport de juin 2025 ; OFGL, rapport 2025 ;
loi de finances pour 2026. 2025 = provisoire (p), 2024 = semi-définitif (sd).
Référentiel comptable, sources et méthode →