🇫🇷 Finances Publiques
📊 Finances générales
Tableau Emplois-Ressources APU 2025 — Vue d'ensemble Tableau Emplois-Ressources APU 2025 Protection Sociale — 886 Md€ (2025) APU hors social — 922 Md€ (2025) Compte Simplifié APU — 1 670 Md€ (2025) PIB & Comptes de la Nation 2000–2025 Prélèvements obligatoires 2016–2025 D41 — Dépenses d'intérêts des APU PLF 2027 — Dashboard Trajectoire 2029
💰 Fiscalité & Recettes
Zoom TVA — ~206 Md€ (2025) Zoom IR — ~92 Md€ (2025) Zoom IS — ~59 Md€ (2025) Zoom CSG & CRDS — ~170 Md€ (2025) Zoom Cotisations Patronales (2025) Zoom Cotisations Salariales — ~120 Md€ (2025) Zoom Impôts sur la production — ~129 Md€ (2025) Zoom Taxe sur les Salaires — ~16 Md€ (2025) Zoom TICPE / Accises Énergie — ~37 Md€ (2025) Zoom Taxes Comportementales — ~19 Md€ (2025) Zoom Fiscalité locale — TF & ex-TH (2025) Zoom DMTO — ~11 Md€ (2025) Zoom Successions & Donations — ~21 Md€ (2025) Zoom Autres Impôts Directs (D59) — ~7 Md€ (2025) Zoom Ventes & Recettes de Production — 130 Md€ (2025) D4 — Revenus de la propriété APU : 23 Md€ (2025) Zoom Intérêts reçus & revenus financiers — 9 Md€ (2025)
🏛️ Dépenses & Fonctionnement
Zoom P2 — Consommations Intermédiaires — 161 Md€ (2025) Autres Fonctionnement — Dépenses de l'État 2023-2025 Investissement public (P51g) — France 2025 Autres acquisitions d'actifs non financiers (ANF) 2024 DECP — Conseil, AMO, Juridique, Audit Décomposition 193 Md€ — Transferts & Subventions (2025) D3 — Subventions aux producteurs (Énergie, Agriculture) D7 — Transferts courants aux ménages
👥 Emploi public
FPE — 2,59 M agents (2025) FPT — 2,02 M agents (2025) FPT Effectifs — Filières & métiers (2025) Éducation nationale — 1,2 M agents (2024-2025) ATSS Éducation nationale — 287 k non-enseignants (2025) Syndicats Éducation nationale — Revendications 2020-2025 Doublons FPE–FPT — Compétences partagées APUC — Pyramide des âges & départs retraite 2025-2040 Rémunération des agents publics 2025 Réformes FP 2015-2025 — Syndicats & Think tanks MASA — 30 458 fonctionnaires (2025) Enseignement agricole — 13 820 enseignants / 217 702 apprenants
🛡️ Protection sociale
Retraites & Pensions — 413 Md€ (2025) Réforme des Retraites — Dossier Complet Dépenses de Santé 360° — France 2025 Chômage 2025 — Qui touche, qui finance, comment réformer Le coût caché du licenciement Autres Prestations APU — Famille, Invalidité, Solidarité (2025) Décomposition 771 Md€ — Prestations Sociales APU (2025) Flux de la Protection Sociale — 886 Md€ (2025) Cartographie des Organismes de Protection Sociale
⚙️ Réformes
15 Mesures pour revenir à −3 % du PIB Démonstration Mathématique — 15 Mesures Méthodologie — Bascule Cotisations / TVA / CSG Modèle — Réduction 25% Cotisations Patronales Aides Publiques aux Entreprises — France 2025 La Polémique des Chiffres sur les Aides aux Entreprises
🔧 Simulateurs
⭐ Simulateur Unifié — Dette, Arbitrage & ZBR Simulateur — Impact sur le Déficit et la Dette 2025 Simulateur ZBR — Arbitrage & Revue Zéro-Base
🔍 Analyses
Anatomie du Revenu Français Population & CSP France 2025 🎓 Les 3 Budgets Publics — Guide Pédagogique

Le coût caché du licenciement :
Comment la protection de l'emploi fabrique du chômage

Pourquoi un CDI trop protégé crée moins d'emplois, moins d'innovation — et plus de chômage. La thèse d'Olivier Coste, de Blanchard-Tirole et d'Aghion, et ce qu'elle implique pour les finances publiques françaises.
🧠 Analyse 📚 Coste · Blanchard-Tirole · Aghion · OCDE 📅 Mai 2026
La thèse centrale : En France, le coût de sortie d'un salarié (licenciement) est supporté quasi-intégralement par l'entreprise. Cette asymétrie crée une peur d'embaucher qui se traduit en chômage structurel, en frilosité d'investissement et en retard d'innovation. Si l'État mutualisait ce coût de sortie — comme le fait le Danemark — les entreprises embaucheraient plus librement, les transitions seraient plus rapides, et le chômage baisserait structurellement. Paradoxe : moins protéger le poste, c'est mieux protéger la personne.
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⚡ Le paradoxe fondamental — plus on protège le poste, plus on crée du chômage
Une vérité contre-intuitive, mais solidement documentée depuis 30 ans
💡
La logique du paradoxe : protéger l'emploi existant coûte à l'entreprise qui licencie — c'est évident. Mais ce coût de sortie se répercute en amont sur la décision d'embaucher. Une entreprise qui anticipe un coût élevé pour se séparer d'un salarié reporte l'embauche, privilégie le CDD, la sous-traitance ou l'automation. Résultat : moins d'emplois créés, plus de précarité, moins d'investissement. La protection du poste se retourne contre ceux qui n'en ont pas encore un.

Taux de chômage France

7,3 %

Avec l'une des protections de l'emploi les plus strictes d'Europe (EPL OCDE : 2,87/6). Le chômage structurel (NAIRU) est estimé à 6,5–7 % — un plancher qu'on ne peut pas descendre sans réforme structurelle.

Taux de chômage Danemark

2,6 %

Avec la protection de l'emploi la plus faible d'Europe (EPL OCDE : 1,54/6) mais une indemnisation chômage parmi les plus généreuses (90 % du salaire). La protection de la personne remplace la protection du poste.

Corrélation EPL / chômage

r = +0,61

Corrélation positive entre l'indice de protection de l'emploi (EPL) et le taux de chômage structurel dans les pays de l'OCDE (Nickell, 1997). Plus les règles de licenciement sont strictes, plus le chômage structurel est élevé.

🔗 Chaîne causale 1 — du coût de sortie au chômage structurel
Coût de sortie élevé8–18 mois de salaire
Peur d'embaucherL'entreprise hésite avant le CDI
Recours CDD / intérimFlexibilité court terme = précarité
Moins d'emplois stablesMarché à deux vitesses CDI/CDD
Chômage structurel élevéNAIRU France : 6,5–7 %
🔗 Chaîne causale 2 — du coût de sortie au retard d'innovation
Coût de sortie élevé8–18 mois de salaire
Gel des restructurationsL'entreprise garde des "postes zombies"
Moins de R&DCoût post-innovation prohibitif
Retard compétitifSemiconducteurs, IA, cloud…
Emplois détruits à termePar les concurrents étrangers
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💶 Le coût réel du licenciement en France — ce que l'entreprise paie vraiment
Bien au-delà de l'indemnité légale : le vrai ticket d'entrée pour se séparer d'un salarié
⚠️
La règle des 1/4 et 1/3 ne dit pas tout : l'indemnité légale de licenciement est souvent le minimum. Les conventions collectives prévoient quasi-systématiquement des barèmes supérieurs. À cela s'ajoutent le préavis (1 à 6 mois), le risque prud'homal (barème Macron : jusqu'à 20 mois de salaire), les coûts de procédure, les coûts RH internes, et dans les PSE, les indemnités supra-légales. Un licenciement économique d'un cadre avec 10 ans d'ancienneté représente facilement 80 000 à 130 000 €.
📊 Coût total du licenciement par pays — cadre, 10 ans d'ancienneté (en mois de salaire brut)
Source : Olivier Coste (IRDEME), Ministère du Travail, OCDE Employment Protection Legislation 2024
🇫🇷 France
15 mois
🇩🇪 Allemagne
8 mois
🇸🇪 Suède
6 mois
🇬🇧 Royaume-Uni
3,5 mois
🇩🇰 Danemark
3,3 mois
🇨🇭 Suisse
2,5 mois
🇺🇸 États-Unis
1 mois
03 mois6 mois9 mois12 mois15 mois18 mois
👷 Profil 1 — Employé, 3 ans d'ancienneté, 2 200 €/mois brut
Indemnité légale (3 × 1/4 mois)1 650 €
Préavis (1 mois, CCN)2 200 €
Congés payés restants~733 €
Coût RH interne (entretien, procédure)~1 500 €
Risque prud'homal (provisions)~1 500 €
TOTAL licenciement ~7 600 €

Soit 3,5 mois de salaire brut. Comparable au Danemark pour ce profil.

🧑‍💼 Profil 2 — Cadre, 10 ans d'ancienneté, 5 500 €/mois brut
Indemnité CCN (souvent 1 mois/an)55 000 €
Préavis (3 mois, statut cadre)16 500 €
Congés payés + RTT~4 600 €
Outplacement~8 000 €
Procédural + avocat + prud'hommes~8 000 €
TOTAL licenciement ~92 000 €

Soit 16,7 mois de salaire brut. ×5 le Danemark.

🏭 Profil 3 — PSE, cadre moyen, 15 ans d'ancienneté, 4 000 €/mois
Indemnité légale (calculée)16 000 €
Supra-légales PSE (2–3 mois sup.)24 000 €
Préavis (3 mois)12 000 €
Mesures reclassement PSE~15 000 €
Homologation DREETS + avocats~15 000 €
TOTAL par poste supprimé (PSE) ~82 000 €

Soit 20,5 mois de salaire brut. Plus immobilisation des managers 6–12 mois.

Coût total subi / an

~13 Md€

Estimation du coût total des licenciements économiques en France (~200 000 × 65 000 € moyen). Hors coût d'opportunité des embauches non réalisées.

Durée moy. procédure PSE

9 mois

Entre l'annonce d'un PSE et la fin du processus légal. Pendant cette période : managers mobilisés, salariés démobilisés, projets gelés.

Seuil d'effet majeur

50 salariés

Seuil à partir duquel s'appliquent CSE, PSE obligatoire et délégués syndicaux. Effet documenté : les entreprises "plafonnent" délibérément à 49.

Impact sur l'innovation

−5,7 %

Réduction de l'innovation agrégée imputable aux seuils réglementaires du travail (Aghion, Bergeaud, Van Reenen, AER, 2023).

3
🇩🇰 Le modèle danois décortiqué — qui paie quoi, comment ça s'équilibre
La "mécanique horlogère" de la flexisécurité : une répartition radicalement différente des risques
🔺
Le principe de base : au Danemark, le risque de perte d'emploi ne repose pas sur l'entreprise (qui licencie librement), ni sur le salarié seul (très bien indemnisé), mais sur la collectivité via l'État et les A-kasse (caisses de chômage). En échange, le salarié est activement accompagné dès le 1er jour de chômage. Le coût de la transition est mutualisé ; la transition elle-même est accélérée.
Taux d'emploi 15–64 ans (%)
Source : OCDE Employment Outlook 2024
62 %
65 %
69 %
77 %
75 %
82 %
83 %
80 %
🇮🇹
🇪🇸
🇫🇷
🇩🇪
🇬🇧
🇸🇪
🇨🇭
🇩🇰
Durée moyenne de chômage (mois)
Source : OCDE, Unédic 2024
5 m
6 m
7 m
8 m
9 m
12 m
14 m
16 m
🇩🇰
🇨🇭
🇬🇧
🇩🇪
🇸🇪
🇫🇷
🇮🇹
🇪🇸

Les deux graphiques illustrent le paradoxe danois : moins de protection du poste → plus d'emplois, moins de chômage, et des périodes de chômage bien plus courtes.

Acteur Ce qu'il paie / reçoit Montant annuel Comparaison France
🏢 L'entreprise Cotisations sociales patronales très faibles
ATP (pension compl.) : ~300 €/an/salarié · Maternité : ~180 € · AT : ~660 €
~1 140 €/salarié/an France : 10 000–16 000 €/salarié/an de charges patronales
💼 Le salarié Arbejdsmarkedsbidrag : 8 % du brut
Cotisation A-kasse volontaire : ~450 €/mois
Syndicats gèrent les A-kasse
8 % du salaire + ~5 400 €/an (A-kasse) France : cotisations salariales ~22 % du brut
🏛️ L'État Finance ~70 % des prestations A-kasse
Formation active des chômeurs
Conseillers emploi (ORP)
~5,4 Md€/an France : État finance ~40 % du système
Licenciement individuel Préavis selon ancienneté (1 à 6 mois) — et c'est tout
Aucune indemnité jusqu'à 12 ans d'ancienneté
Aucune procédure judiciaire
2–4 mois de salaire brut France : 12–20 mois de salaire brut (cadre 10 ans)
Le chômeur dès J+1 Reçoit 90 % de son salaire antérieur (plafond 3 359 €/mois)
Plan d'activation personnalisé obligatoire dès J+1
Formation, recherche active, stage
3 359 €/mois max pendant 24 mois France : 57 % du salaire net, activation à 6 mois seulement
🔑
La clé du modèle danois : l'entreprise ne paye presque rien à la sortie d'un salarié (2–4 mois de préavis seulement). En contrepartie, elle cotise davantage à l'entrée via la fiscalité générale. C'est un transfert du coût de sortie vers le coût d'entrée. Ce faisant, la décision d'embaucher n'est plus parasitée par la peur du coût de séparation futur. Les 30 % de rotation annuelle des emplois danois vs 16 % en France s'expliquent exactement par ce mécanisme.

Durée moy. chômage Danemark

5 mois

Contre 12 mois en France. L'activation immédiate (dès J+1) et la flexibilité du marché accélèrent la transition. Moins de dépenses malgré des allocations plus généreuses.

Rotation des emplois / an

30 %

Des salariés danois changent d'emploi chaque année (vs 16 % en France). Cette mobilité n'est pas subie : elle est facilitée par la sécurité du revenu. Allocation optimale des talents.

Coût licenciement DK

3,3 mois

De salaire en moyenne pour un licenciement individuel au Danemark (Olivier Coste, IRDEME). Versus 12–18 mois en France. Facteur ×4 à ×6.

Taux d'emploi Danemark

80,5 %

France : 69 %. Ces 11,5 points d'écart représentent potentiellement 4 millions d'emplois supplémentaires si la France atteignait le même niveau.

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🧠 Olivier Coste, Blanchard-Tirole — la pensée économique derrière la réforme
Deux contributions académiques majeures qui convergent vers la même conclusion
"Le coût des restructurations en Europe est un facteur majeur du retard pris par nos entreprises dans les semiconducteurs, les logiciels, l'IA et le cloud. Lorsqu'on compare les coûts de restructuration — en mois de salaire par poste supprimé — on obtient : Danemark : 3,3 mois, Suisse : 2,5 mois, France : 8–12 mois selon le secteur. Cette asymétrie n'est pas neutre : elle conditionne la capacité des entreprises européennes à se transformer rapidement, à pivoter sur de nouveaux marchés, à attirer du capital de croissance."