| Poste | Périmètre | Montant 2024 | Montant 2025 | Évol. | % PIB |
|---|---|---|---|---|---|
| ARE — Allocations de retour à l'emploi | Unédic | 36,5 Md€ | 37,2 Md€ | +1,9 % | 1,24 % |
| Allocation de Sécurisation Professionnelle (ASP/CSP) | Unédic | 1,0 Md€ | 0,9 Md€ | −10 % | 0,03 % |
| Allocations spécifiques (intermittents, intérimaires…) | Unédic | 2,8 Md€ | 2,7 Md€ | −3,6 % | 0,09 % |
| Allocation de solidarité spécifique (ASS) — fin de droits | État / ETAT | 1,8 Md€ | 1,7 Md€ | −5,6 % | 0,06 % |
| Sous-total ligne APU « indemnisation chômage » | — | 44,5 Md€ | 44,4 Md€ | −0,2 % | 1,48 % |
| Budget France Travail (fonctionnement + accompagnement) | État + Unédic | 6,0 Md€ | 6,1 Md€ | +1,7 % | 0,20 % |
| Exonérations ciblées emploi (dont ACRE, ZFU, sectorielles) | État | 4,8 Md€ | 4,9 Md€ | +2,1 % | 0,16 % |
| Contrats aidés (PEC, PACEA…) | État | 3,2 Md€ | 3,0 Md€ | −6,3 % | 0,10 % |
| Formation des demandeurs d'emploi (CPF, FNE…) | État + Régions | 9,5 Md€ | 9,8 Md€ | +3,2 % | 0,33 % |
| ▶ TOTAL périmètre politique emploi / chômage | — | 68,0 Md€ | 68,2 Md€ | +0,3 % | 2,28 % |
Hausse de la dépense d'indemnisation entre 2007 (33 Md€) et 2025 (44,4 Md€). La crise de 2008, le COVID et la hausse des salaires moyens expliquent cette dynamique. En volume réel, la hausse est de +12 %.
Première stabilisation depuis 2022. La baisse du nombre d'allocataires (marché du travail dynamique en 2023–2024) compense la revalorisation des allocations. Une rare bonne nouvelle budgétaire.
Les perspectives Unédic de mars 2026 anticipent une remontée à 46,3 Md€ en 2026 avec la dégradation du marché du travail. +1,3 Md€ de déficit prévu pour l'Unédic.
dont 2,7 M bénéficiaires ARE (allocation directe), 0,6 M en formation rémunérée, 0,5 M en accompagnement sans indemnisation active. L'allocation journalière nette moyenne est de 39,6 €/jour soit ~1 190 €/mois.
Masque une dispersion énorme : de 530 € pour un mi-temps SMIC à 7 650 € pour un cadre supérieur (plafond à 75 % du SJR plafonné à 254 €/j brut). Le système est contributif : on cotise plus, on perçoit plus.
Source : Unédic — Allocataires de l'Assurance chômage : diversité des profils en 2024. Les cadres et professions intermédiaires = 31 % si on les regroupe — niveau significativement plus élevé qu'une décennie avant.
Les seniors (50+) représentent 23 % mais captent 31 % de la masse financière, car leur durée d'indemnisation est plus longue (droits étendus) et leur salaire de référence plus élevé.
Signal clé : la fin de CDD représente presque la moitié des entrées. Le système d'assurance chômage finance structurellement la flexibilité de certains secteurs (intérim, hôtellerie, commerce).
Commerce, BTP, hôtellerie-restauration et services aux entreprises concentrent 56 % des allocataires pour ~40 % de la masse salariale privée. Ce déséquilibre traduit un usage structurel du chômage comme variable d'ajustement dans ces secteurs.
Des allocataires sont en situation de chômage depuis plus d'un an. Parmi eux, 17 % dépassent 2 ans. Ce noyau dur concentre les problématiques d'employabilité et les dépenses les plus élevées par bénéficiaire.
Part légèrement inférieure à leur représentation dans l'emploi (51 %). Mais les femmes touchent en moyenne 8 % de moins en allocation, reflétant les inégalités salariales qui se répercutent sur le salaire de référence.
Représentent 23 % des allocataires mais consomment 31 % de la masse financière. Durée d'indemnisation jusqu'à 36 mois (contre 24 pour les moins de 53 ans). Taux de retour à l'emploi 40 % plus faible que pour les 25-49 ans.
| Flux financier | 2020 (COVID) | 2022 | 2023 | 2024 | 2025 (prev.) |
|---|---|---|---|---|---|
| Cotisations collectées (recettes) | 32,0 Md€ | 36,5 Md€ | 38,2 Md€ | 39,1 Md€ | 39,8 Md€ |
| dont cotisations patronales (4 %) | 24,8 | 28,3 | 29,6 | 30,3 | 30,8 |
| dont cotisations salariales (0,05 %) | 0,3 | 0,3 | 0,4 | 0,4 | 0,4 |
| dont CSG affectée chômage (transfert) | 6,9 | 7,9 | 8,2 | 8,4 | 8,6 |
| Dépenses indemnisation (charges) | 52,4 Md€ | 40,1 Md€ | 38,9 Md€ | 37,1 Md€ | 37,2 Md€ |
| dont ARE (allocations directes) | 46,2 | 35,5 | 34,2 | 32,8 | 33,0 |
| dont dispositifs spéciaux (intermittents, intérim…) | 3,8 | 2,9 | 2,8 | 2,7 | 2,7 |
| dont CSP / reconversion | 2,4 | 1,7 | 1,9 | 1,6 | 1,5 |
| Contribution à France Travail | 3,8 Md€ | 4,2 Md€ | 4,5 Md€ | 4,8 Md€ | 5,1 Md€ |
| Prélèvements État sur Unédic | 0 | 0 | 1,7 Md€ | 4,8 Md€ | 2,3 Md€ |
| Solde annuel Unédic | −24,2 Md€ | +4,5 Md€ | +1,5 Md€ | −0,1 Md€ | ≈ 0 |
C'est l'impact sur le solde Unédic d'1 point de chômage en plus ou en moins. Avec un taux de chômage à 7,3 % en 2025, toute hausse vers 8 % représente automatiquement ~1,5 Md€ de déficit supplémentaire.
Du salaire brut (4 % patronal + 0,05 % salarié). C'est en-dessous du Danemark (8,2 % via A-kasse) mais la CSG vient compléter. La France finance son assurance chômage à 60 % par des cotisations, 40 % par la fiscalité générale (CSG).
Dispositif expérimental dans 7 secteurs utilisateurs de CDD courts. Taux de cotisation modulé de 2,95 % à 5,05 % selon le taux de séparation. Impact estimé : +300 à 500 M€/an. Résultats mitigés, dispositif reconduit mais pas généralisé.
Financement partagé : 22,6 Md€ État + 11,4 Md€ Unédic. Le dispositif a été mis en place en 48h en mars 2020.
Pic en avril 2020 : 8,7 millions simultanément en activité partielle. Taux inégalé en Europe.
L'État a mis 18,1 Md€ à la charge de l'Unédic (exonérations COVID + activité partielle non compensées).
Estimation DARES/INSEE : nombre de licenciements économiques évités grâce à l'activité partielle sur l'ensemble de la crise.
Le taux de sortie du chômage vers l'emploi (hazard rate) est faible en début d'indemnisation, remonte légèrement, puis bondit dans les 4–8 semaines précédant la fin des droits. Ce pattern est documenté en France, en Allemagne, aux États-Unis et en Autriche.
Sources : Le Barbanchon (2012, Thèses.fr) ; Tatsiramos & van Ours (2014, Journal of Economic Surveys) ; OFCE (2023) ; CAE — Rathelot et al. (2023, CREST).
Des allocataires ARE sortent du chômage vers l'emploi avant leur 12e mois. Seulement 30 % utilisent la totalité de leurs droits. Le "gaspillage" des droits longs concerne une minorité — mais coûteuse.
Ce segment concentre les 2/3 de la dépense totale. Il regroupe principalement les seniors, les peu qualifiés et les chômeurs de longue durée dans les zones d'emploi sous tension. C'est ici que la réforme doit s'adapter, pas pour tous.
Impact réel de la dégressivité à 6 mois (réforme 2021) sur la durée de chômage selon DARES 2023. Bien en-dessous des −15 à −20 % espérés. Les hauts salaires ajustent leur recherche, les autres non. CAE : mesure "peu efficace et régresssive".
| Segment | % allocataires | Durée moy. chômage | % droits épuisés | Levier efficace |
|---|---|---|---|---|
| 25–45 ans, qualifiés, secteur en tension | 35 % | 5 mois | 8 % | Accompagnement léger, job boards |
| Employés / ouvriers, secteur en tension | 22 % | 8 mois | 18 % | Formation qualifiante courte |
| Seniors (50+), toutes qualifications | 23 % | 17 mois | 41 % | Reconversion, emploi accompagné |
| Peu qualifiés, zones peu dynamiques | 12 % | 19 mois | 52 % | Formation longue + mobilité géo. |
| Intermittents, profils atypiques | 8 % | Variable cyclique | 15 % | Régime spécifique, annexes VIII/X |
Des créateurs d'entreprises (hors micro, 2018). La part a baissé depuis 2010 (31 %) car l'accès au statut de micro-entrepreneur a détourné une partie des flux.
En 2023, environ 180 000 créations d'entreprises ont été accompagnées par l'assurance chômage (ARE maintenue ou ARCE). Un chiffre en hausse depuis la réforme de l'ARCE en 2019.
Des droits restants versés en 2 fois. Sur un demandeur ayant 24 mois de droits à 1 500 €/mois, cela représente un capital de ~21 600 € — souvent décisif pour démarrer sans dette.
Des entreprises créées par des chômeurs aidés (ACRE + accompagnement). Contre 67 % pour les entreprises créées par des actifs. L'écart s'est réduit de 15 points depuis 2010.
| Dispositif | Principe | Montant / Durée | Bénéficiaires 2024 | Coût estimé |
|---|---|---|---|---|
| ARE maintenue | Cumul allocation + revenus entreprise sous plafond | Jusqu'à épuisement des droits | ~120 000 | ~1,8 Md€ |
| ARCE | Capital immédiat = 60 % droits restants (2 versements) | Versement en 2× (J0 + 6 mois) | ~60 000 | ~0,9 Md€ |
| ACRE | Exonération cotisations sociales 1 an (puis dégressif) | 12 mois (allègement total puis partiel) | ~320 000 | ~1,2 Md€ |
| Total aides création par ex-chômeurs | — | — | ~500 000 bénéficiaires | ~3,9 Md€/an |
Principe : plan personnalisé obligatoire dès le 1er mois (vs 6 mois actuels), doublement des conseillers France Travail (de 1/140 à 1/70 chômeurs), multiplication par 3 des dépenses de formation courte ciblée.
Principe : généraliser le bonus-malus à l'ensemble des secteurs (vs 7 actuellement). Les secteurs "utilisateurs" nets de chômage paient plus, les secteurs "créateurs" d'emploi stable paient moins.
Principe : maintenir des droits longs (24 mois) pour les profils vulnérables (seniors, peu qualifiés, zones sous-tension) et réduire à 18 mois pour les profils à forte employabilité (qualifiés, secteurs en tension).
Principe : tripler le nombre de chômeurs aidés à créer leur entreprise — de 180 000 à 540 000/an — via ARE garantie 12 mois, incubation intégrée, mentorat par ex-créateurs.
| Scénario | Investissement | Économies / Gains | Horizon | Faisabilité |
|---|---|---|---|---|
| A — Activation danoise | +1,5 Md€/an | −3 Md€ dépenses chômage | 3–5 ans | ★★★★☆ |
| B — Bonus-malus généralisé | 0 (réforme paramétrique) | +1,5 Md€ recettes | 1–2 ans | ★★★★☆ |
| C — Droits différenciés | +0,5 Md€ (profiling) | −1,5 à −2 Md€ | 2–4 ans | ★★★☆☆ |
| D — Chômeur Entrepreneur ×3 | +1 Md€/an | +9 Md€ retour fiscal à 7 ans | 5–10 ans | ★★☆☆☆ |
| Combinaison A+B (optimal) | +1,5 Md€/an | −4,5 Md€/an net | 3–5 ans | Recommandé |
Réduction de la dette Unédic (de 59 à ~40 Md€) si les scénarios A+B sont mis en œuvre et que la conjoncture reste stable. Condition : gel des prélèvements de l'État.
Contre 69 % aujourd'hui. Chaque point de taux d'emploi supplémentaire = +6 Md€ de cotisations annuelles. Cible réaliste avec activation renforcée sur les 25–49 ans.
Passer de 0,2 % à 0,6 % du PIB en dépenses de formation des chômeurs (niveau Suisse). Coût additionnel : 12 Md€/an. Finançable par les économies générées sur la durée des droits.
Créations d'entreprises par ex-chômeurs si ARCE est simplifiée et accompagnement renforcé (vs ~180 000 aujourd'hui). Potentiel : +430 000 emplois supplémentaires à 3 ans.