🇫🇷 Finances Publiques
🏛️ Finances locales

🔬 P2 · Consommations intermédiaires des APU — 163,5 Md€ (2025, Insee)

163,5 Md€ en 2025 (provisoire) · 162,4 Md€ en 2024 (semi-définitif) · 157,5 Md€ en 2023 — convention Insee « hors Sifim » · Analyse multi-sources INSEE, OCDE, Eurostat
Source : Insee, « Comptes nationaux des administrations publiques — année 2025 » (premiers résultats, mars 2026) · détail par opération : Eurostat gov_10a_main base 2020 · T_3201/3202/3205/3212 · T_5104/5105/5106 · Verdoso — Finances Publiques · Juin 2026
📐 Périmètre et source

Montant de référence du site : P2 · consommations intermédiaires des APU = 163,5 Md€ en 2025 (provisoire). Il s'agit de l'opération P2 du SEC 2010 — achats de biens et services consommés par les administrations publiques pour produire leurs services — dans la convention Insee « hors Sifim », celle du tableau « Comptes nationaux des administrations publiques ».

P2 — Consommations intermédiaires des APU (Md€) 2023 2024 (semi-déf.) 2025 (prov.)
Convention Insee, hors Sifim — référence du site 157,5 162,4 163,5
Convention Eurostat (avec Sifim), gov_10a_main 157,5 162,4 163,0

La convention Sifim, en une phrase. Les Sifim (services d'intermédiation financière indirectement mesurés) sont la part des services bancaires facturée non pas en commissions, mais dans l'écart de taux d'intérêt. Le tableau Insee des comptes des APU présente P2 hors Sifim et les réaffecte aux intérêts (D41) ; Eurostat les intègre à P2. D'où un écart systématique de 1,6 à 2,0 Md€ entre les deux séries — même réalité économique, deux traitements comptables.

Écart avec la série historique de cette fiche. Les tableaux et graphiques 2010-2025 ci-dessous reposent sur la série longue construite avant la publication de mars 2026 (157,7 / 161,1 / 161,7 pour 2023 / 2024 / 2025), proche de la convention Eurostat. Ils restent utiles pour lire les évolutions (effet-prix / effet-volume, sous-secteurs, produits) mais ne doivent pas être cités comme niveaux de référence : le niveau qui fait foi sur le site est 163,5 Md€ pour 2025, soit environ 3,3 Md€ au-dessus de la série historique de la fiche.

Source : Insee, « Comptes nationaux des administrations publiques — année 2025 », premiers résultats, mars 2026. Détail par opération : Eurostat, gov_10a_main, base 2020.

163,5 Md€
P2 · APU total 2025 (p) — Insee, hors Sifim
162,4 en 2024 (sd) · 157,5 en 2023 · Eurostat (avec Sifim) : 163,0
+39,2%
Hausse nominale 2016→2025
vs +34,1% pour le PIB
5,5%
P2 / PIB 2025 (163,5 Md€ / PIB 2 988 Md€)
vs 5,21% en 2016 · OCDE moy : 6,2%
+26,5 Mds€
Effet-prix cumulé 2016-2025
58% de la hausse totale
+19,0 Mds€
Effet-volume cumulé 2016-2025
42% de la hausse totale
5–9 Mds€
Économies potentielles / an
Consensus Montaigne/CdC/IGF
① Évolution de la P2 APU 2010–2025

📈 P2 totale des APU : +45,5 Mds€ en 9 ans +39,2%

La consommation intermédiaire (P2) représente les achats de biens et services effectués par les administrations publiques pour produire leurs services : énergie, informatique, médicaments, prestataires, fournitures, maintenance. En 2025, ces dépenses atteignent 163,5 Md€ (157,5 en 2023, 162,4 en 2024), soit environ 5,5 % du PIB — convention Insee « hors Sifim », valeur de référence du site ; Eurostat, qui intègre les Sifim, publie 163,0 Md€ pour 2025. La progression a été continue, avec une nette accélération de 2021 à 2023 sous l'effet du choc inflationniste, suivie d'un net ralentissement en 2024-2025. Source : Insee, « Comptes nationaux des administrations publiques — année 2025 » (mars 2026) ; Eurostat gov_10a_main.

⚠️ Lecture de la série longue ci-dessous. Le tableau et le graphique 2010-2025 conservent la série historique de la fiche (157,7 / 161,1 / 161,7 pour 2023 / 2024 / 2025), construite avant les comptes publiés en mars 2026 et proche de la convention Eurostat. Ils servent à lire les évolutions. Les niveaux de référence restent ceux de l'encadré « Périmètre et source » : 157,5 (2023) · 162,4 (2024) · 163,5 (2025), convention Insee hors Sifim.

Tableau détaillé 2010-2025 (Md€ courants) — série historique de la fiche, convention proche d'Eurostat (avec Sifim)

Année P2 (Mds€) Δ annuelle Δ % P2 / PIB Indice base 2016 Contexte
2010107,44,91%92,4Post-crise 2008, austérité
2011108,8+1,4+1,3%4,88%93,6Stabilité
2012111,8+3,0+2,8%4,97%96,2Austérité Hollande
2013114,1+2,3+2,1%5,01%98,2Stagnation
2014113,9−0,2−0,2%4,96%98,0Légère contraction
2015115,6+1,7+1,5%4,98%99,5Reprise modérée
2016116,2+0,6+0,5%5,21%100,0Référence
2017120,6+4,4+3,8%5,27%103,8Énergie stable, hausse normale
2018122,9+2,3+1,9%5,24%105,8Modération
2019126,7+3,8+3,1%5,25%109,0Pré-COVID, rythme soutenu
2020126,4−0,3−0,2%5,54%108,8COVID : P2 quasi stagnation
2021136,1+9,7+7,7%5,65%117,1⚡ 1er choc énergie + rattrapage
2022145,9+9,8+7,2%5,74%125,5⚡⚡ Énergie × 2,3 vs 2016
2023157,7+11,8+8,1%5,63%135,7⚡ Rattrapage volumes + résiduel prix · réf. Insee hors Sifim : 157,5
2024161,1+3,4+2,2%5,58%138,6Décélération, énergie –retrait partiel · réf. Insee hors Sifim : 162,4
2025161,7+0,6+0,4%5,41%139,2Quasi-stagnation, ralentissement net · réf. Insee hors Sifim : 163,5
CUMUL 2016→2025+45,5 Mds€+39,2%+0,20 pt PIB
Le signal à retenir : Trois années consécutives (2021–2023) à +7,7%, +7,2% et +8,1% représentent une anomalie par rapport à la tendance 2010–2019 (+1,5%/an en moyenne). Sur ces 3 ans, les APU ont absorbé +31,3 Mds€ supplémentaires, soit l'équivalent du budget annuel du ministère de la Justice. Depuis, la décélération est nette : +2,2% en 2024 puis seulement +0,4% en 2025 (< 1 Md€ de hausse), signalant un retour à la maîtrise. Source : INSEE Comptes nationaux APU 2025 (publication mars 2026).
② Décomposition Effet-Prix / Effet-Volume

⚖️ Sur +45,5 Mds€ : 58% est de l'inflation, 42% une vraie expansion Angle 1

La hausse nominale de P2 résulte de deux mécanismes distincts : la hausse des prix des biens et services achetés (énergie, BTP, prestations) et l'augmentation des volumes achetés (davantage de prestations, plus de médicaments, plus de SI). Les séparer est essentiel pour identifier ce qui est subi (et potentiellement irréversible) et ce qui est piloté (donc arbitrable).

+26,5 Mds€
Effet-PRIX cumulé 2016→2025
58% de la hausse totale. Principalement énergie (+60% vs 2016), BTP (+29%), transports (+27%). Partiellement subi mais pilotable via stratégie d'achats.
+19,0 Mds€
Effet-VOLUME cumulé 2016→2025
42% de la hausse totale. Numérisation (+100% vol. SI), expansion des prestations extérieures, retour des volumes 2023 post-choc. Entièrement arbitrable par décision politique.

Décomposition annuelle prix/volume (Mds€)

Année P2 courant Déflateur P2 volume* Δ Volume Δ Prix Δ Total Vol cumulé Prix cumulé
2016116,296,2120,800
2017120,697,7123,4+2,6+1,8+4,4+2,6+1,8
2018122,999,3123,8+0,3+2,0+2,3+3,0+3,7
2019126,7100,1126,6+2,8+1,0+3,8+5,8+4,7
2020126,4100,0126,4−0,2−0,1−0,3+5,6+4,6
2021136,1105,1129,5+3,1+6,6+9,7+8,7+11,2
2022145,9117,4124,3−5,2+15,0+9,8+3,5+26,2
2023157,7116,4135,5+11,2+0,6+11,8+14,7+26,8
2024161,1115,6139,4+3,9−0,5+3,4+18,6+26,3
2025161,7115,8139,6+0,2+0,4+0,6+19,0+26,5
CUMUL+45,5+19,0+26,542%58%
* Volume en Mds€ 2020, calculé avec le déflateur T_5106 (_T total produits). Source : INSEE Comptes Nationaux base 2020.
Le fait le plus surprenant : En 2022, les APU ont réduit leurs volumes achetés de −5,2 Mds€ face au choc de prix. Elles ont rationné. Mais dès 2023, quand les prix se sont stabilisés (légèrement redescendus), les volumes ont rebondi de +11,2 Mds€ — dépassant même les niveaux d'avant-crise. Ce "retour à la normale" explique à lui seul 25% de toute la hausse 2016-2025.
Phase choc 2020→2023 (+31,3 Mds€) : 71% effet-prix (+22,2 Mds€) vs 29% effet-volume (+9,1 Mds€). Sur cette période spécifique, l'inflation a quasi tout expliqué. Le problème est que les prix de l'énergie sont revenus partiellement mais pas les prix du BTP ni des services (+10 à +13% durablement).
③ P2 par sous-secteur : APUC · APUL · ASSO

🏛️ APUC +50% · APUL +28% · ASSO +45% : trois dynamiques distinctes Angle 4

La décomposition par sous-secteur révèle des comportements très différents entre l'État central (APUC), les collectivités (APUL) et la sécurité sociale (ASSO). C'est ici que se trouve le paradoxe majeur de l'analyse.

Évolution 2016-2025 par sous-secteur (Md€ courants) — série historique de la fiche (total 2025 : 161,7 ; référence Insee hors Sifim : 163,5)

Année APUC APUL ASSO Total APU APUC % APUL % ASSO %
201037,644,625,2107,435,0%41,5%23,5%
201438,848,226,8113,934,1%42,4%23,5%
201640,847,927,4116,235,1%41,2%23,6%
201743,249,228,2120,635,8%40,8%23,3%
201844,050,128,7122,935,8%40,8%23,4%
201946,051,029,7126,736,3%40,2%23,4%
202047,148,930,4126,437,2%38,7%24,1%
202151,251,733,1136,137,7%38,0%24,3%
202254,456,535,0145,937,3%38,7%24,0%
202360,059,238,5157,738,0%37,5%24,4%
202460,461,139,5161,137,5%37,9%24,5%
202561,361,239,2161,737,9%37,8%24,2%
Δ 2016→2025 +20,5 Mds€ +13,3 Mds€ +11,8 Mds€ +45,5 Mds€ +50,2% +27,8% +43,1%

Décomposition prix/volume par sous-secteur 2016→2025

🏛️ APUC — État + ODAC

+50,2% en 9 ans

+20,5 Mds€ dont :

Effet-prix : +9,8 Mds€ (50%)
Énergie des bâtiments ministériels, BTP, carburant armée

Effet-volume : +9,8 Mds€ (50%)
Expansion réelle : SI, conseils, universités (ODAC), agences

⚠ Le seul sous-secteur où l'État achète structurellement plus en volume

🏙️ APUL — Collectivités + ODAL

+27,8% en 9 ans

+13,3 Mds€ dont :

Effet-prix : +10,1 Mds€ (77%)
Surtout inflation énergie et BTP (voirie, bâtiments)

Effet-volume : +3,1 Mds€ (23%)
Légère expansion, mais discipline remarquable

✅ Meilleure maîtrise des volumes. Souvent citées, les collectivités sont les meilleures élèves ici.

🏥 ASSO — Sécu + Hôpitaux (ODASS)

+43,1% en 9 ans

+11,8 Mds€ dont :

Effet-prix : +6,4 Mds€ (53%)
Médicaments, dispositifs médicaux, énergie hospitalière

Effet-volume : +5,7 Mds€ (47%)
Vieillissement, COVID, numérisation santé (SIH)

⚠ Hausse en partie justifiée par des besoins démographiques réels

Le paradoxe de la décentralisation : Les collectivités locales — régulièrement mises en cause pour leurs dépenses — ont mieux maîtrisé les volumes de P2 que l'État central. Sur les +45,5 Mds€ de hausse totale 2016→2025, l'APUC représente 45% de l'augmentation pour seulement 38% du stock. L'État central est le sous-secteur qui a le plus augmenté ses achats en volume réel. Source : INSEE Comptes nationaux APU 2025.
④ P2 par nature de produit : les 7 postes qui expliquent tout

📦 Ce que les APU achètent — composition et valeurs en Mds€ Angle 2

La P2 APU — 163,5 Md€ en 2025 selon les comptes nationaux (Insee, hors Sifim) — se décompose en une dizaine de grandes familles de produits. La ventilation ci-dessous est bâtie sur la série historique de la fiche (total 161,7 Md€ en 2025) : les parts restent valides, les niveaux sont inférieurs d'environ 3,3 Md€ au montant de référence. Les valeurs ci-dessous sont estimées à partir des données INSEE T_5104 (structure de la CI de l'économie par produit) appliquées aux sous-secteurs APU, avec des ratios sectoriels documentés (ex : hôpitaux publics = ~67% de la CI pharmaceutique nationale). Source primaire : INSEE Comptes Nationaux APU 2025 (publication mars 2026), T_5104.

Évolution 2016–2025 par nature de dépense (Mds€)
Composition 2025 (part en %)

P2 APU par nature de produit — évolution 2016→2025 (Mds€ courants)

Nature de dépense 2016 2019 2022 2023 2024 2025 Δ Mds€ Δ % Part 2025
Services extérieurs (nettoyage, gardiennage, sécurité) 20,824,3 28,430,732,332,4 +11,6+56%20,0%
Conseil, gestion, juridique, audit, AMO 15,217,3 21,122,924,224,3 +9,1+60%15,0%
Construction et BTP (entretien bâtiments, voirie) 12,213,5 17,017,617,617,7 +5,5+45%10,9%
Produits pharmaceutiques et dispositifs médicaux 7,38,4 14,215,415,915,7 +8,4+115%9,7%
⚡ Énergie (électricité, gaz, vapeur) 8,610,7 21,718,815,214,8 +6,2+72%9,2%
Informatique et développement SI 6,28,0 10,611,712,312,6 +6,4+103%7,8%
Transport et logistique (carburant, livraisons) 7,08,1 8,69,59,99,9 +2,9+41%6,1%
Eau, assainissement, collecte déchets 4,24,7 5,65,76,06,1 +1,9+45%3,8%
Services immobiliers et locations 3,84,2 4,95,05,15,2 +1,4+37%3,2%
📡 Télécommunications 2,92,9 3,33,33,43,4 +0,5+17%2,1%
Autres (alimentation, matériels, fournitures, véhicules…) 28,024,6 10,517,119,219,6 −8,4−30%12,1%
TOTAL APU P2
Série historique de la fiche — référence Insee hors Sifim 2025 : 163,5 Md€
116,2126,7 145,9157,7 161,1161,7 +45,5+39,2% 100%
Méthode : valeurs économie entière T_5104 (INSEE base 2020) × ratios sectoriels APU documentés (DAE, CdC, RESAH). Le poste « Autres » correspond à l'écart entre la P2 APU connue et la somme des postes estimés. Ces estimations sont cohérentes avec les ordres de grandeur publiés par la DAE et la Cour des Comptes.
Le premier poste : les services externalisés (32,4 Mds€). Nettoyage, gardiennage, sécurité, restauration collective : ce poste représente 20% de la P2 APU et a augmenté de +56% depuis 2016 (vs +39,2% pour le total). C'est aussi le poste le plus arbitrable à court terme : remise en concurrence, mutualisation UGAP, renégociation des marchés pluriannuels. Le rapport IGF 2022 identifie 8 à 12% d'économies réalisables ici sans réduire le niveau de service.
La hausse pharma : +115%, le choc COVID durable. La P2 pharmaceutique des APU (principalement les hôpitaux publics ODASS) est passée de 7,3 Mds€ en 2016 à 15,7 Mds€ en 2025 (léger reflux vs 15,9 Mds€ en 2024). L'essentiel du bond a eu lieu en 2020-2021 (COVID : vaccins, respirateurs, consommables). Une partie est irréversible (vieillissement), une partie est récupérable via la négociation centralisée RESAH et les GHT.
L'énergie : pic 21,7 Mds€ en 2022, retour à 14,8 Mds€ en 2025. La baisse se poursuit : de 15,2 Mds€ en 2024 à 14,8 Mds€ en 2025. L'indice reste néanmoins élevé (vs 93,5 en 2016). Les APU paient encore ~6 Mds€/an de plus qu'en 2016 pour la même quantité d'énergie. La stratégie de contrats pluriannuels centralisés et le programme solaire sur bâtiments publics sont les leviers directs.

P2 par sous-secteur et par nature de dépense (2025)

Les consommations intermédiaires des APU (163,5 Md€ en 2025 selon les comptes nationaux ; 161,7 Md€ dans la série historique de la fiche utilisée pour cette ventilation) se répartissent en trois blocs quasi-équilibrés — État (APUC, 61,3 Mds€), Collectivités (APUL, 61,2 Mds€) et Organismes sociaux (ASSO, 39,2 Mds€) — mais avec des structures de dépenses radicalement différentes selon les missions publiques. Source : INSEE Comptes nationaux APU 2025.

📊 Lecture : chaque barre représente la structure interne du sous-secteur. La pharma concentre 38 % des achats ASSO contre moins de 1 % pour l'État. Le BTP/entretien est le premier poste des collectivités (17 %). Le conseil/audit/SI est proportionnellement dominant à l'État (23 %).

Décomposition 2024 par produit et sous-secteur (Mds€)

Produit / Nature APUC — État APUL — Collectivités ASSO — Sécu / Hôpitaux Total APU Part APU
Services extérieurs (nettoyage, gardiennage, courrier) 12,5 12,8 7,0 32,3 20,1 %
Conseil / audit / SI-gestion (cabinets, juridique) 13,9 7,5 2,8 24,2 15,0 %
BTP / entretien / réparation (bâtiments, voirie, réseaux) 5,1 10,2 2,3 17,6 10,9 %
Pharmacie / dispositifs médicaux (médicaments, DMI, réactifs) 0,5 0,4 15,0 15,9 9,9 %
Énergie (électricité, gaz, carburants) 5,5 6,4 3,3 15,2 9,4 %
Informatique / SI (logiciels, cloud, matériels) 7,0 2,9 2,4 12,3 7,6 %
Transport / déplacements (transport de personnes/marchandises) 5,2 3,5 1,2 9,9 6,1 %
Autres (eau, locations, télécoms, fournitures) 10,7 17,4 5,5 33,6 20,9 %
TOTAL
série fiche · réf. Insee hors Sifim : 163,5
61,3 61,2 39,2 161,7 100 %

Sources : Comptabilité nationale INSEE (2025 prov., publication mars 2026), DREES (comptes des établissements publics de santé), DGCL (balances des collectivités territoriales). Estimations Verdoso / données SEC 2010.

🏛️ APUC — État et administrations centrales
61,3 Mds€ · 37,9 % du total APU
Signature : conseil/audit (23 %) + services extérieurs (21 %). Forte intensité SI (12 %) liée à la numérisation de l'État (cloud souverain, RIE, AgentConnect). Énergie portée par les sites militaires et universitaires. Part BTP faible : l'État délègue l'entretien patrimonial aux opérateurs.
🏘️ APUL — Collectivités territoriales
61,2 Mds€ · 37,8 % du total APU
Signature : BTP/entretien (17 %) — voirie, réseaux eau/assainissement, bâtiments scolaires. Services extérieurs forts (21 %) : gardiennage, restauration scolaire, propreté urbaine. SI faible (5 %) : retard de numérisation structurel. "Autres" élevé (28 %) : locations, télécoms, fournitures.
🏥 ASSO — Sécu, hôpitaux, organismes sociaux
39,2 Mds€ · 24,2 % du total APU
Signature : pharmacie / DM (38 %) — médicaments, dispositifs médicaux implantables, réactifs. Seul sous-secteur exposé aux prix mondiaux du médicament. Choc post-Covid : +18 % en 2 ans. Services extérieurs (18 %) : sous-traitance hospitalière (stérilisation, blanchisserie, restauration).

Indices de prix par catégorie (base 2020 = 100) — ce qui a renchéri les achats

Catégorie 201620192021 202220232024 Δ prix
Électricité, gaz, vapeur 93,5102,0130,1 214,5191,7148,9 +59%
Construction et BTP 92,899,1104,1 112,4118,4120,2 +29%
Pharmaceutiques 75,277,3111,5 111,4101,1102,8 +37%
Transport et entreposage 93,899,5104,2 110,9114,5118,9 +27%
Services prof./conseil 97,199,6101,0 103,8106,4108,0 +11%
Informatique/SI 99,999,7100,2 102,7104,9106,8 +7%
📡 Télécommunications 104,1101,091,8 90,990,289,0 −14%
Total tous produits (_T) 96,2100,1105,1 117,4116,4115,6 +20%
Source : INSEE T_5106 en niveau, Comptes Nationaux base 2020. Indices base 2020=100 pour l'économie entière.
⑤ Comparaison internationale — France vs OCDE

🌍 La France : sous la moyenne OCDE en niveau, mais dynamique plus forte Angle 3

En nomenclature SEC 2010 / OCDE, P2 des APU est comparée sous le label "Intermediate Consumption" ou "Goods and Services". La France avec 5,4% du PIB en 2025 se situe sous la moyenne OCDE (6,2%). Le problème n'est pas un niveau trop élevé, mais une trajectoire 2016-2023 plus dynamique que ses pairs — qui se normalise depuis 2024. Source : INSEE Comptes nationaux APU 2025.

Ratio P2/PIB par pays (2022-2023, en %)

Pays P2/PIB P2/Dép. tot. Taux centralisation achats vs France Modèle
🇩🇰 Danemark7,5%23%N.D.+1,9 ptÉtat-providence généralisé, services externalisés
🇸🇪 Suède7,2%21%~40%+1,6 ptExternalisation services publics très développée
🇳🇱 Pays-Bas6,6%21%~50%+1,0 ptFort taux d'externalisation IT et santé
🇩🇪 Allemagne6,3%18%~45%+0,7 ptDécentralisation forte, achats semi-centralisés
🇬🇧 Royaume-Uni6,1%18%70–80%+0,5 ptCrown Commercial Service (CCS), très centralisé
🌍 Moyenne OCDE6,2%19%+0,6 pt
🇫🇷 France (2025)5,4%18%10–15%RéférenceP2 en dessous de la moyenne — écart s'élargit à nouveau en 2025
🇧🇪 Belgique5,5%17%~30%−0,1 ptSimilaire à France
🇪🇸 Espagne5,1%16%~25%−0,5 ptSecteur public plus compact
🇮🇹 Italie5,0%16%~20%−0,6 ptCompressions historiques, P2 contrainte
Sources : OCDE Government at a Glance 2023, Eurostat gov_10a_main, estimations pour taux de centralisation des achats.

L'écart critique : centralisation des achats publics

La différence majeure entre la France et ses pairs n'est pas le niveau de P2, mais l'organisation de la fonction achat. La DAE française ne couvre que 10-15% des achats de l'État contre 70-80% pour le Crown Commercial Service (UK). Cette fragmentation coûte cher :

🇬🇧 Royaume-Uni (CCS)
70–80%
→ −4 à −6% coûts
🇨🇦 Canada (PSC)
50–60%
→ −2 à −3%
🇩🇪 Allemagne (ZIB+Länder)
40–50%
→ −3 à −5%
🇳🇱 Pays-Bas
~50%
→ −3 à −4%
🇫🇷 France (DAE + UGAP)
10–15%
→ −0,5% slt
Chiffrer l'écart : Si la France montait son taux de centralisation des achats à 40% (niveau allemand), et obtenait seulement −3% d'économies sur ce périmètre centralisé, cela représenterait : 165 Md€ × 40% × 3% = 2,0 Md€/an. À 60% de centralisation et −4%, on atteint 4,0 Md€/an. À 70% et −5% (niveau UK), le potentiel est de 5,8 Md€/an.
⑥ Le débat intellectuel — Positions des think tanks

💬 Un consensus inattendu sur la gouvernance, un désaccord sur les fins Clivages

Le débat sur P2 n'est pas là où on l'attend. Le clivage gauche/droite ne porte pas sur le niveau de la dépense mais sur ce qu'elle doit financer et comment la gouverner. Sur le constat de fragmentation et d'inefficacité des achats publics, tous les acteurs convergent.

🔴 IFRAP — Libéral-conservateur

P2 trop haute et mal gérée

Chiffre phare : Gisement de 20 à 50 Mds€ par externalisation accrue et réduction des doublons. Ce chiffre très élevé inclut des scénarios extrêmes de privatisation de services.

Préconise : coupes transversales, audit de toutes les prestations externalisées, remise en concurrence systématique, suppression des monopoles d'achat des agences publiques.

Limite : le chiffre 50 Mds€ n'est pas sourcé sur des comparaisons internationales sérieuses.

🟠 Rexecode — Économie de l'offre

Coûts d'intrants publics excessifs

Critique le coût élevé des marchés publics en France vs Allemagne. Identifie la complexité réglementaire des appels d'offres comme surcoût structurel de 8 à 12% vs contrats privés comparables.

Préconise : simplification du code des marchés publics, délais raccourcis, critères de sélection plus pragmatiques.

🟢 Terra Nova — Social-démocrate

P2 : outil de transformation sociale

Position : P2 n'est pas trop haute — elle est mal orientée. Insiste sur les clauses sociales et environnementales dans les marchés publics (emploi insertion, PME locales, produits durables).

Critique l'externalisation sans garde-fous sociaux (dumping, précarisation des sous-traitants). Préfère la réinternalisation ciblée de certains services (nettoyage, sécurité, maintenance).

Potentiel de "valeur ajoutée sociale" par les achats publics : 5 à 8 Mds€ d'externalités positives.

🟢 OFCE — Keynésien pragmatique

P2 à multiplicateur faible — arbitrer

Souligne que le multiplicateur budgétaire de P2 est inférieur à celui de D1 (rémunérations) et surtout de P51g (investissement). Recommande de réallouer des crédits P2 vers l'investissement public.

N'est pas pour la coupe de P2 per se, mais pour son réorientation vers des achats à fort impact économique (commande publique dans l'industrie nationale, transition énergétique).

🟡 Cour des Comptes

Gouvernance défaillante

Diagnostic central : les achats publics français sont trop fragmentés et mal coordonnés. La DAE est sous-dimensionnée (150-200 agents pour piloter des achats de milliards). L'UGAP est sous-utilisée dans de nombreux ministères.

Économies évaluées : 3 à 6 Mds€/an par mutualisation plus agressive, sans couper dans les besoins réels.

🟡 IGF — Inspection Générale des Finances

Cloisonnement = surcoût

Chaque ministère négocie indépendamment ses achats. Qualité des acheteurs publics très inégale. Dématérialisation incomplète et fragmentation des plateformes de marchés.

Économies estimées : 4 à 8 Mds€/an selon le niveau de centralisation atteint. Nécessite engagement politique fort.

🔵 Institut Montaigne

Réforme modernisatrice

Position de centre-droit pragmatique : pas de coupe aveugle, mais réforme de la gouvernance achat sur le modèle du Crown Commercial Service britannique. Insiste sur la professionnalisation des acheteurs publics et les systèmes d'information partagés.

Économies potentielles : 5 à 10 Mds€/an par meilleure coordination interministérielle et généralisation des contrats-cadres.

Reconnaît que les scandales Rexecode sur les surcoûts d'appels d'offres sont réels mais exagérés dans leur ampleur.

Cartographie du débat — Ce qui unit et ce qui divise

Position IFRAP Montaigne CdC/IGF Terra Nova OFCE
DAE trop petite, à renforcer
UGAP sous-utilisée
Économies réalistes par mutualisation (5–9 Mds€)~~
Couper dans la P2 (externalisation)
Clauses sociales obligatoires~~
Réinternaliser certains services~
La conclusion politique : Il existe un consensus très large (gauche, droite, centre, Cour des Comptes, IGF) pour renforcer la DAE et l'UGAP. C'est la réforme la moins idéologique et la plus documentée. Les économies de 5-9 Mds€/an sont atteignables sans idéologie de coupe. Le désaccord porte uniquement sur ce qu'on fait avec ces économies : réduire le déficit (droite) ou réinvestir en services publics (gauche).
⑦ Recommandations : économies simples, applicables, arbitrables

🛠️ 7 leviers concrets pour économiser 6 à 10 Mds€/an Pilotables

Ces recommandations sont classées par facilité de mise en œuvre (court, moyen terme) et par potentiel d'économies documenté. Elles sont toutes arbitrables politiquement sans réforme structurelle profonde, à l'exception du levier n°1.

🥇 Levier 1 — Monter la DAE de 10% à 40% de couverture des achats État

+2,5 à 5,0 Mds€/an

Mécanisme : La Direction des Achats de l'État (DAE) ne pilote que 10-15% des achats de l'État. En l'obligeant légalement à couvrir 40% (niveau allemand), avec des contrats-cadres interministériels sur les catégories standardisées (IT, fournitures, télécoms, énergie, nettoyage, gardiennage), on obtient des économies de 3-5% sur ce périmètre via les effets de volume et de professionnalisation.

Calcul : 61,3 Mds€ APUC P2 × 40% couverture × 3% économie = 0,7 Mds€ minimum. En intégrant les 40% de P2 centralisables sur l'ensemble des APU (163,5 Md€ en 2025) : 165 × 35% × 4% = 2,3 Md€. Avec professionnalisation accrue (niveau UK) : 5 Mds€.

Investissement : +300 ETP à la DAE, budget formation 200 M€, plateforme SI d'achat 150 M€. ROI : 10:1 minimum la 3e année.

Délai : 3 à 5 ans pour atteindre plein effet. Premières économies dès 18 mois.

DAE renforcéeContrats-cadresInterministérielConsensuel

🥈 Levier 2 — Stratégie énergie APU : contrats pluriannuels + sobriété

+1,5 à 2,5 Mds€/an

Mécanisme : L'énergie reste 60% plus chère qu'en 2016 (indice 149 vs 93,5). Les APU payent encore le prix de la crise. Deux actions complémentaires :

Négociation nationale centralisée de contrats pluriannuels d'électricité pour l'ensemble des APU (à l'image de ce que font certains pays nordiques). Réduction cible : 5 à 8% sur la facture énergétique. Sur ~10-15 Mds€ estimés de P2 énergie APU, soit 0,6 à 1,2 Mds€.

Programme "100 000 toits solaires publics" : les bâtiments publics (ministères, hôpitaux, écoles, mairies) ont une superficie de plus de 100 millions de m². Une pose accélérée de panneaux photovoltaïques réduirait la facture électrique de 10 à 15% à horizon 5 ans. Économie : 0,8 à 1,3 Mds€/an à partir de l'an 5.

ÉnergieImmédiatement arbitrableTransition écologiqueBâtiments publics

🏆 Levier 3 — Frein structurel sur la croissance réelle de P2 (+1,5%/an max)

+1,0 à 2,0 Mds€/an

Mécanisme : En 2023, les volumes de P2 ont rebondi de +11,2 Mds€ dès que les prix se stabilisaient. Ce "retour à la normale" a effacé les rationalisations de 2022. Instaurer, dans la LOLF, un plafond de croissance réelle de P2 par sous-secteur (+1,5%/an en volume, soit environ la croissance de l'activité), obligerait à arbitrer au lieu de laisser filer. Cela éviterait le rebond automatique post-choc.

Différent d'une norme en valeur (qui existe déjà et est contournée par l'inflation) : c'est un plafond en volume, indépendant de l'inflation, donc réellement contraignant.

LOLFNorme volumePLF 2027Tous sous-secteurs

🏆 Levier 4 — Audit des SI : rationaliser les doublons informatiques

+0,8 à 1,5 Mds€/an

Mécanisme : Les achats de SI et conseil informatique ont quasi doublé en volume depuis 2016. Le secteur public français compte des centaines d'applications en doublon (chaque ministère a son propre SI RH, paye, marchés publics). Une revue interministérielle des actifs SI — à l'image de la "GDS" (Government Digital Service) britannique — permettrait de consolider.

Exemple concret : L'État maintient en parallèle RenoiRH (Éducation), Pep's (Défense), Harmonie (autres ministères), Sirhius, etc. Un SI RH unique permettrait d'économiser 500 à 800 M€/an en coûts de maintenance et développement.

La même logique s'applique aux SI de paie, achats, comptabilité, gestion documentaire.

NumériqueDINUMConsolidation SIMoyen terme (3-7 ans)

🏆 Levier 5 — Massification des achats télécoms (le seul poste qui baisse déjà)

+0,3 à 0,5 Mds€/an

Mécanisme : Les télécommunications sont le seul poste de P2 dont les prix baissent (indice 89 en 2024, −14% depuis 2016). La DINUM et la DAE ont négocié des contrats-cadres nationaux mais la pénétration reste insuffisante. En étendant les contrats-cadres télécoms à l'ensemble des collectivités locales et établissements publics (avec droit d'adhésion facultatif), on pourrait abaisser encore de 10-15% les coûts unitaires par effet de masse. Les collectivités locales paient souvent 20-30% de plus que l'État pour les mêmes prestations.

TélécomsQuick winCollectivitésUGAP extension

🥉 Levier 6 — Révision des contrats de prestation externes de l'APUC (+volume SI)

+0,5 à 1,5 Mds€/an

Mécanisme : L'APUC (État) est le seul sous-secteur avec un effet-volume positif de P2 équivalent à l'effet-prix (+9,8 Mds€ chacun). Cela signifie que l'État central a structurellement acheté plus de services. Un audit systématique des contrats de conseil et d'assistance à maîtrise d'ouvrage (AMO) — dont le volume a explosé depuis 2017 — permettrait d'identifier les doublons avec les compétences internes et les missions renouvelées sans contrôle.

Référence : La Cour des Comptes a épinglé à plusieurs reprises l'inflation des dépenses de conseil dans les ministères (McKinsey, Accenture, etc. pour des montants non divulgués). L'IGF évalue ce segment à 1 à 3 Mds€/an avec une forte redondance.

Conseil externeAPUCCour des ComptesArbitrable

🥉 Levier 7 — Optimiser les achats hospitaliers (ASSO) via GHT et RESAH

+0,4 à 0,8 Mds€/an

Mécanisme : La P2 de l'ASSO (+44% en 8 ans) est tirée par les médicaments, les dispositifs médicaux et la numérisation hospitalière. Les Groupements Hospitaliers de Territoire (GHT) créés par la loi Santé 2016 devaient mutualiser les achats hospitaliers. La montée en puissance est incomplète — certains GHT n'ont pas encore harmonisé leurs marchés. Le RESAH (Réseau des Acheteurs Hospitaliers) estime le potentiel non exploité à 400 à 800 M€/an.

HôpitauxGHTRESAHMédicaments

Tableau de synthèse des économies potentielles

Levier Économies basses Économies hautes Délai Difficulté
① DAE : centralisation 10% → 40%2,5 Mds€5,0 Mds€3-5 ansMoyenne
② Stratégie énergie (contrats + solaire)1,5 Mds€2,5 Mds€2-5 ansFaible
③ Plafond croissance P2 en volume1,0 Mds€2,0 Mds€Dès PLF N+1Faible
④ Consolidation SI interministériels0,8 Mds€1,5 Mds€5-7 ansÉlevée
⑤ Massification achats télécoms0,3 Mds€0,5 Mds€12-18 moisFaible
⑥ Audit contrats conseil APUC0,5 Mds€1,5 Mds€18-24 moisMoyenne
⑦ Achats hospitaliers GHT/RESAH0,4 Mds€0,8 Mds€2-4 ansMoyenne
TOTAL7,0 Mds€/an13,8 Mds€/anFourchette crédible : 6–10 Mds€/an
Conclusion opérationnelle : Les leviers 2, 3 et 5 sont des quick wins actionnables sous 18 mois, sans réforme législative majeure, pour 2,8 à 5 Mds€/an. Les leviers 1 et 4 sont les plus transformateurs mais nécessitent 3 à 7 ans. Ensemble, ils représentent un potentiel de 6 à 10 Mds€/an à horizon 5 ans, soit 4 à 6% du stock total de P2. C'est à la fois réaliste et ambitieux.
⑧ Tableau de bord de synthèse

📊 Les 10 chiffres à retenir sur P2 APU Synthèse

📐 Niveau de référence : P2 APU = 163,5 Md€ en 2025 (p) · 162,4 (2024 sd) · 157,5 (2023) — Insee, comptes des APU 2025, convention hors Sifim (Eurostat avec Sifim : 163,0 / 162,4 / 157,5). Les évolutions et parts ci-dessous s'appuient sur la série historique de la fiche.
+45,5 Mds€
Hausse nominale 2016→2025
59%
Part de la hausse due aux prix
+60%
Surcoût énergie résiduel 2024 vs 2016
+50%
Hausse APUC (État) — le + fort
+28%
Hausse APUL (collect.) — discipline
5,5%
P2/PIB 2025 — 163,5 Md€ (OCDE moy. 6,2%)
10–15%
Taux centralisation DAE (UK : 75%)
6–10 Mds€
Économies potentielles/an

7 conclusions clés

# Conclusion Verdict
La France n'est pas une exception au sein de l'OCDE en termes de niveau de P2/PIB (5,4% vs 6,2% moy. OCDE). Le problème était la trajectoire 2021-2023, désormais en voie de normalisation (+0,4% en 2025). ⚠ Surveillance
71% de la hausse 2020-2023 vient des prix (énergie). Les APU ont bien rationné en 2022. Mais le rebond de volume 2023 (+11,2 Mds€) est la vraie anomalie à corriger. ⚠ Action requise
L'APUC (État central) est le sous-secteur le plus problématique : +50% en 9 ans. Les collectivités (APUL +28%, principalement effet-prix) ont bien mieux géré. 🔴 Priorité APUC
La hausse du numérique (+100% vol.) est une P2 justifiée si elle génère des gains de productivité en D1. C'est l'investissement déguisé en consommation courante. ✅ À mesurer
La DAE française est structurellement sous-dimensionnée vs ses homologues OCDE. C'est le levier #1 consensuel, sans idéologie, avec ROI documenté. 🛠 Réforme urgente
Tous les think tanks (droite, gauche, centre) s'accordent pour renforcer la DAE/UGAP. Le désaccord ne porte que sur l'orientation politique des économies obtenues. ✅ Consensus
6 à 10 Mds€/an d'économies sont atteignables à 5 ans. C'est réaliste, documenté et applicable sans coupes aveugles dans les services publics. ✅ Atteignable
Pour aller plus loin : FIPECO (fipeco.fr) — fiches "achats de l'État" et "dépenses des APU" · Eurostat gov_10a_main (P2 par pays UE) · OCDE Government at a Glance 2023 · Cour des Comptes : "La fonction achats dans les établissements publics" · DAE : economie.gouv.fr/dae · UGAP : ugap.fr
Document produit par Verdoso — Finances Publiques · Données : INSEE Comptes Nationaux APU 2025 (publication mars 2026, base 2020) · T_3201/3202/3205/3212 + T_5104/5105/5106 · OCDE · Eurostat · Juin 2026

P2Consommations intermédiaires — historique et perspective

Bloc normalisé, identique sur toutes les fiches de composante du site : même intitulé comptable, même profondeur d'historique, mêmes contrôles. Montants en milliards d'euros courants.

Historique 2016-2025 — comptabilité nationale
Md€2016201720182019202020212022202320242025
P2 · Consommations intermédiaires116,2120,6122,9126,7126,4136,1145,9157,5162,4163,5
en % des dépenses publiques9,19,19,39,48,89,19,49,89,79,5

Source : Insee, jeu « Comptes des administrations publiques » sur data.gouv.fr (API Melodi DD_CNA_APU).

+47,3 Md€2016 → 2025
+40,7 %variation sur 10 ans
+3,9 %par an en moyenne
9,1 → 9,5 %poids des dépenses publiques
Lecture

En dix ans, ce poste a augmenté de 47,3 Md€ (+40,7 %), soit +3,9 % par an en moyenne. Son poids dans l'ensemble des dépenses publiques est passé de 9,1 % en 2016 à 9,5 % en 2025 (+0,5 point). Le maximum de la période est atteint en 2025 (163,5 Md€), le minimum en 2016 (116,2 Md€).

Perspective d'évolution

P2 a absorbé le choc inflationniste de 2021-2023 (+31 Md€ en trois ans) puis s'est stabilisé : +0,6 Md€ en 2025, soit la plus faible progression de la décennie. C'est le poste le plus directement exposé aux revues de dépenses, les achats étant renégociables à court terme, contrairement aux prestations ou aux rémunérations.

Cadrage d'ensemble — OFCE, prévisions d'avril 2026 : déficit public −5,1 % du PIB en 2025, −4,8 % en 2026, −4,4 % en 2027 ; dette 115,6 % → 118,3 % → 119,8 % du PIB. La loi de finances pour 2026 porte l'effort sur la sécurité sociale (≈ 4 Md€) et les collectivités (≈ 3 Md€), avec une hausse du budget de la défense (+0,2 point de PIB).

Sources. Historique : Insee, jeu de données « Comptes des administrations publiques » publié sur data.gouv.fr (API Melodi DD_CNA_APU, millésime des comptes 2025 provisoires — contrôle de cohérence : capacité de financement B9 = −152,5 Md€). Pour les opérations que l'Insee ne diffuse pas en version consolidée sur ce jeu (D7, D9, D91), la source est Eurostat, table gov_10a_main (base 2020, secteur S13), qui publie la même comptabilité nationale transmise par l'Insee au titre du règlement européen. Détail par impôt : Insee, tableau Impôts et cotisations sociales 1995-2025. Perspective : OFCE, prévisions d'avril 2026 ; COR, rapport de juin 2025 ; OFGL, rapport 2025 ; loi de finances pour 2026. 2025 = provisoire (p), 2024 = semi-définitif (sd). Référentiel comptable, sources et méthode →