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Zoom Impôts de production (D29) — 132,8 Md€ (2025)

D29 « autres impôts sur la production » = 132,8 Md€ en 2025 (série 128,1 / 129,9 / 132,8) — un agrégat de comptabilité nationale à part entière, à ne pas confondre avec D21 « impôts sur les produits » (337,6 Md€) • La France, vice-championne d'Europe • Inventaire CFE, CVAE, C3S, TFPB, versement mobilité • Réformes et suppression CVAE • Comparaison internationale • Sources Eurostat (gov_10a_main, base 2020, S13), INSEE « Impôts et cotisations sociales 1995-2025 », FIPECO, DGFiP, CAE, Institut Montaigne Baromètre 2025
✔ Vérification croisée — trois périmètres, tous sourcés

L'expression « impôts de production » recouvre trois chiffrages différents, et tous les trois sont exacts :

Périmètre20232025Source
D29 — tous producteurs (entreprises, associations, administrations, ménages producteurs)128,1132,8Insee / Eurostat
Impôts de production supportés par les entreprises92,7n.d.DGFiP Statistiques n°35 (2025)
« Impôts divers sur la production » (composante de D29, hors salaires)76,972,7Insee, tableau des impôts

Ventilation DGFiP 2023 des 92,7 Md€ supportés par les entreprises : taxe foncière des entreprises 17,3 · taxe sur les salaires 16,6 · versement mobilité 11,3 · CFE 8,2 · C3S 4,8 · CVAE 4,0 · autres. Soit 3,3 % du PIB et 3,7 % de la valeur ajoutée déclarée.

Ce que cette ventilation permet de trancher : la taxe foncière totale valait 41,1 Md€ en 2023, dont 17,3 Md€ acquittés par les entreprises (donc en D29) — le reste, environ 23,8 Md€, étant acquitté par les ménages sur leur logement et classé en D59. C'est la source qui manquait pour chiffrer ce partage.

📐 Où se situe D29 dans les comptesÀ lire avant les chiffres

« Impôts de production » = D29 · Autres impôts sur la production = 132,8 Md€ en 2025. Ce n'est pas un périmètre militant ni une convention d'institut : c'est un agrégat de comptabilité nationale à part entière, publié tel quel par Eurostat et l'Insee. Les « ~130 Md€ » cités par Rexecode, le CAE ou l'Institut Montaigne sont ce même D29 — il n'y a aucun désaccord de chiffrage, seulement un vocabulaire flottant.

L'arborescence : D2 = D21 + D29

Poste (SEC 2010)202320242025 (p)Définition
D2 · Impôts sur la production et les produits
Eurostat gov_10a_main — S13, base 2020
446,9456,1470,4Ensemble des impôts liés à l'activité productive, hors impôts sur le revenu (D5)
D21 · Impôts sur les produits318,8326,2337,6Assis sur les ventes : TVA, TICPE, accises, droits de douane… Pas de vente, pas d'impôt.
D29 · Autres impôts sur la production
= « impôts de production » au sens du débat public
128,1129,9132,8Dus même sans vente : assis sur le foncier, la masse salariale, le chiffre d'affaires ou la valeur ajoutée.
Contrôle arithmétique — D21 + D29 = D2, exactement, sur les trois millésimes :
318,8 + 128,1 = 446,9 (2023)  •  326,2 + 129,9 = 456,1 (2024)  •  337,6 + 132,8 = 470,4 (2025 p) ✔

La décomposition interne de D29 : 60,1 + 72,7 = 132,8

Composante de D29202320242025 (p)Contenu
Impôts sur les salaires et la main-d'œuvre51,258,160,1Dont taxe sur les salaires 16,7 / 17,3 / 17,6 ; versement mobilité, contribution apprentissage, forfait social…
Impôts divers sur la production76,971,872,7Dont CFE 8,1, CVAE 3,7, C3S 5,3, taxe foncière des entreprises, IFER, TASCOM, taxes consulaires…
D29 — total128,1129,9132,8
Contrôle arithmétique : 60,1 + 72,7 = 132,8 (2025 p) ✔  •  58,1 + 71,8 = 129,9 (2024) ✔
Les 72,7 Md€ ne sont donc pas un total concurrent de D29 : c'est une de ses deux composantes, celle des « impôts divers sur la production ». Partout dans cette fiche, ce chiffre apparaît avec son étiquette.

Deux pièges classiques à éviter

Piège n°1 — la taxe foncière (44,2 Md€ en 2025) n'est pas entièrement dans D29. Seule la part payée par les entreprises (~16 Md€) relève de D29. La part payée par les ménages sur leur logement est classée en D59 « autres impôts courants », c'est-à-dire dans D5, pas dans D2. Le total de 44,2 Md€ ne doit jamais être additionné tel quel à D29 : cela reviendrait à compter deux fois la part entreprises et à importer dans la production un impôt sur le patrimoine des ménages.
Piège n°2 — les cotisations sociales employeurs (D611, 304,9 Md€) ne sont pas des impôts de production. Elles forment un agrégat distinct, D61 « cotisations sociales », hors D2. Les ajouter à D29 ferait passer le « coût de production » affiché de 132,8 à plus de 437 Md€ — un doublon de périmètre qui rend toute comparaison européenne inexploitable. Cette fiche ne procède à aucune addition de ce type.
132,8 Md€
D29 · Impôts de production 2025 (p)
Impôts sur salaires & main-d'œuvre (60,1) + impôts divers sur la production (72,7)
337,6 Md€
D21 · Impôts sur les produits (pour mémoire)
D21 + D29 = D2 = 470,4 Md€ — Eurostat gov_10a_main, base 2020
4,4 %
Poids dans le PIB
vs 2,2 % moyenne zone euro — 2× plus (stable)
2e UE
Rang européen
Derrière la Suède — Baromètre Institut Montaigne 2025
−15 Md€
Baisse depuis les réformes
Suppression CVAE + baisses CFE depuis 2020 (inchangé)

1. Vue d'ensemble — définition et périmètreD29 comptabilité nationale

Les impôts de production (catégorie D29 en comptabilité nationale) englobent tous les impôts que supportent les entreprises du fait de leurs activités de production, indépendamment de la quantité ou de la valeur des biens et services produits ou vendus — ils sont dus même en l'absence de vente. Ils se distinguent des impôts sur les produits (D21, 337,6 Md€ en 2025), assis sur les ventes (TVA, accises), et de l'impôt sur les sociétés (classé en D5, impôt sur le revenu). Ils constituent une particularité fiscale française : la France en lève deux fois plus que la moyenne européenne en proportion du PIB.

Les deux composantes de D29

ComposanteMontant 2025 (p)% PIBPrincipaux impôts
Impôts sur les salaires et la main-d'œuvre60,1 Md€2,0 %Taxe sur les salaires (17,6), versement mobilité, contribution apprentissage, forfait social
Impôts divers sur la production72,7 Md€2,4 %Taxe foncière des entreprises, CFE, CVAE, C3S, taxes sectorielles
D29 · Total « impôts de production »132,8 Md€4,4 %60,1 + 72,7 = 132,8 ✔
Pourquoi ces impôts sont-ils si problématiques ? Contrairement à l'IS qui ne taxe que le bénéfice, les impôts de production frappent les entreprises même quand elles ne gagnent pas d'argent : ils sont assis sur le foncier (TFPB, CFE), la masse salariale (versement mobilité), le chiffre d'affaires (C3S) ou la valeur ajoutée (CVAE). Ils augmentent le point mort des entreprises et pénalisent l'investissement, la compétitivité et la localisation en France.

2. Évolution 2010-2025FIPECO / INSEE / DGFiP

Le produit de D29 (impôts sur les salaires + impôts divers sur la production) est passé de ~100 Md€ en 2010 à un pic de ~120 Md€ en 2019, avant de redescendre puis de remonter à 132,8 Md€ en 2025 sous l'effet conjugué de la croissance nominale et de la contribution complémentaire CVAE. La fin de série est relevée littéralement chez Eurostat : 128,1 (2023) · 129,9 (2024) · 132,8 (2025 p). En % du PIB, la tendance est à la stabilisation : de 5,2 % en 2014 à 4,4 % en 2025 (PIB nominal 2 991 Md€). Le niveau reste très élevé en comparaison européenne.

Note de lecture. Les valeurs 2023 à 2025 sont sourcées (Eurostat gov_10a_main, base 2020, secteur S13, na_item D29REC). Les valeurs antérieures à 2023 sont des estimations en ancienne base, conservées pour l'allure de la tendance mais non raccordées à la base 2020 — elles ne doivent pas servir de référence chiffrée.
AnnéeTotal D29 (Md€)% PIBÉvénement marquant
2010-2022 : estimation, ancienne base — non raccordée à la base 2020
2010~1005,0 %Suppression de la taxe professionnelle → CFE + CVAE
2012~1085,1 %Montée en charge de la CET (CFE + CVAE)
2014~1155,2 %Création du CICE (mais ne réduit pas D29)
2016~1094,9 %Premiers allègements Pacte de responsabilité
2017~1155,0 %Pic pré-réforme
2018~1185,0 %Transformation CICE en allègements
2019~1204,9 %Dernière année avant réformes impôts de production
2020~1134,9 %Covid-19 — baisse mécanique des assiettes
2021~1184,7 %Plan France Relance : −10 Md€ sur CFE/CVAE/TFPB
2022~1254,8 %Première baisse de moitié de la CVAE
2023-2025 : valeurs sourcées — Eurostat gov_10a_main, base 2020, S13, D29REC
2023128,14,5 %Suppression 2e moitié CVAE (reportée) — dont salaires 51,2 + divers production 76,9
2024129,94,4 %CVAE résiduelle 3,9 Md€ — suppression repoussée à 2030 — dont salaires 58,1 + divers production 71,8
2025 (p)132,84,4 %CVAE taux 0,19 % + contribution complémentaire 47,4 % — dont salaires 60,1 + divers production 72,7
Bilan des réformes. Le plan France Relance (2021) avait promis −10 Md€ d'impôts de production pour les entreprises. Objectif partiellement atteint : la baisse de CVAE (de 9,3 Md€ en 2022 à 3,9 Md€ en 2024, puis 3,7 Md€ en 2025) et la réduction de moitié des impôts fonciers des établissements industriels ont bien eu lieu. Mais la suppression totale de la CVAE, initialement prévue pour 2024, a été repoussée à 2030 par la LFI 2025 en raison de la dérive du déficit public. La LFI 2026 maintient le calendrier de suppression à 2030, tout en remontant le taux plafond CVAE à 0,28 % dès 2026.

3. Inventaire détaillé des principaux impôts de productionD29 = 132,8 Md€ — dont 72,7 d'impôts divers sur la production

Les « impôts divers sur la production »72,7 Md€ en 2025, soit l'une des deux composantes de D29, l'autre étant les impôts sur les salaires (60,1 Md€) — sont ceux qui posent le plus de problèmes de compétitivité. Les deux tableaux ci-dessous détaillent successivement ces deux composantes ; leur somme redonne les 132,8 Md€ de D29.

ImpôtMontant 2025AssietteBénéficiaireCommentaire
Taxe foncière des entreprises (TFPB)~16 Md€Valeur locative cadastraleCommunes, EPCISeule la part entreprises est dans D29. Sur les 44,2 Md€ de taxe foncière totale 2025, ~16 Md€ sont payés par les entreprises ; le solde, payé par les ménages sur leur logement, relève de D59 (dans D5) — cf. piège n°1
CFE8,1 Md€Valeur locative foncièreCommunes, EPCIComposante foncière de l'ex-taxe professionnelle (Insee 2025)
CVAE + contribution complémentaire3,7 Md€Valeur ajoutéeÉtat (depuis 2023)Taux plafond abaissé à 0,19 % + contribution complémentaire 47,4 % — suppression maintenue à 2030 (Insee 2025)
C3S5,3 Md€Chiffre d'affaires > 19 M€Sécurité socialeTaux 0,16 % — impôt en cascade sur le CA (Insee 2025)
Taxes sectorielles & assimilées~20 Md€Foncier & réseaux diversCollectivitésTaxes chambres consulaires, IFER (réseaux), TASCOM, etc.
Autres impôts divers sur la production~19,6 Md€Assiettes diversesDivers affectatairesSolde du poste (contributions et taxes affectées diverses)
Sous-total · impôts divers sur la production (composante de D29)72,7 Md€

Impôts sur les salaires et la main-d'œuvre — 60,1 Md€ (seconde composante de D29)

ImpôtMontant 2025AssietteCommentaire
Taxe sur les salaires17,6 Md€Masse salarialeEntreprises non assujetties TVA (banques, assurances, santé) — Insee 2025
Versement mobilité12,6 Md€Masse salariale > 11 salariésFinance les transports en commun — taux variable par zone
Contribution apprentissage11,6 Md€Masse salarialeFrance Compétences — financement de l'apprentissage
Forfait social6,4 Md€Rémunérations exonérées de cotisationsIntéressement, participation, épargne salariale
Autres~11,9 Md€DiversContribution formation, PEEC (logement), OETH, etc.
Sous-total · impôts sur les salaires et la main-d'œuvre60,1 Md€
D29 · Total impôts de production 2025 (p)72,7 + 60,1 = 132,8 Md€

Barre de répartition visuelle — composante « impôts divers sur la production » (72,7 Md€ sur les 132,8 de D29)

TFPB ~16 Md€
CFE 8,1 Md€
CVAE 3,7 Md€
C3S 5,3 Md€
Taxes sectorielles ~20 Md€
Autres ~19,6 Md€
La taxe foncière, premier impôt de production… pour sa seule part entreprises. Avec ~16 Md€ payés par les entreprises, la taxe foncière sur les propriétés bâties est devenue, après la baisse de la CVAE, le premier impôt de production en montant. Attention au périmètre : le rendement total de la taxe foncière est de 44,2 Md€ en 2025, mais la part acquittée par les ménages sur leur logement est classée en D59 (impôts courants sur le patrimoine, dans D5) et n'entre pas dans D29 : les 44,2 Md€ ne doivent jamais être additionnés tels quels aux impôts de production. Elle est assise sur des valeurs locatives cadastrales datant de 1970, jamais révisées (sauf revalorisation forfaitaire annuelle), ce qui génère d'importantes distorsions entre territoires et types de biens.

4. Le problème français — 2× la moyenne européenneRapport CAE / Bozio-Martin

La France se distingue en Europe par un niveau d'impôts sur la production nettement supérieur à celui de ses partenaires. En 2025, les impôts sur la production payés par les sociétés représentaient 2,9 % du PIB en France, contre 1,4 % en moyenne dans la zone euro et seulement 0,7 % en Allemagne. La France occupe le 2e rang de l'UE derrière la Suède (Baromètre Institut Montaigne 2025).

PaysImpôts prod. / PIB (total)Dont sociétés / PIBPrincipal impôt de production
Suède4,8 %3,2 %Cotisations patronales assises sur les salaires
France4,4 %2,9 %TFPB, CFE, CVAE, C3S, versement mobilité
Italie3,1 %2,0 %IRAP (impôt régional sur la valeur ajoutée)
Espagne2,5 %1,5 %IAE (impôt sur les activités économiques)
Allemagne1,0 %0,7 %Gewerbesteuer (taxe professionnelle municipale)
Pays-Bas1,2 %0,8 %Onroerendezaakbelasting (taxe foncière)
Royaume-Uni2,8 %1,8 %Business rates (taxe foncière commerciale)
Moyenne zone euro2,2 %1,4 %
Moyenne UE-272,4 %1,6 %
L'écart France-Allemagne. Avec 4,4 % du PIB contre 1,0 %, la France prélève 4,4 fois plus d'impôts de production que l'Allemagne en proportion du PIB. En montant absolu, cela représente environ 100 Md€ de plus qu'un pays comparable. Le rapport du CAE (Note n°53, Philippe Martin et Alain Trannoy, 2019) qualifie certains de ces impôts — C3S et CVAE en tête — de « particulièrement nocifs » car ils engendrent des distorsions tout au long de la chaîne de production.

5. Impact sur la compétitivitéCAE / Cour des Comptes / France Stratégie

Les impôts de production pèsent sur la compétitivité des entreprises françaises par trois canaux principaux : ils augmentent les coûts de production (et donc les prix), ils réduisent les marges disponibles pour l'investissement, et ils influencent les décisions de localisation des entreprises.

Les trois canaux de nuisance économique

CanalMécanismeImpôts les plus nocifs
Effet sur les margesPayés même en l'absence de bénéfice → augmentent le point mort des entreprises, surtout les PME industriellesC3S (CA), CFE, TFPB
Effet sur l'investissementRéduisent l'autofinancement disponible → moins de R&D, moins de capacité productive, moins de montée en gammeCVAE (pénalise la VA), C3S (en cascade)
Effet sur la localisationSurtaxe territoriale sur l'activité → incite les entreprises à localiser hors de France (délocalisations, IDE sortants)Tous — effet cumulatif

Ce que disent les études empiriques

Le cas de la C3S — l'impôt le plus distorsif. La C3S (5,3 Md€ en 2025) est assise sur le chiffre d'affaires à 0,16 %. Problème : elle se cumule à chaque stade de production. Une voiture assemblée en France supporte la C3S du sidérurgiste, du fabricant de pièces, de l'assembleur, du concessionnaire. Au total, le taux effectif peut atteindre 0,5 à 0,8 % de la valeur finale. Le CAE la qualifie d'impôt « sans égal dans notre système fiscal » en termes de nocivité.

6. Réformes engagées — suppression CVAE et compensationsLFI 2021-2026

Depuis le plan France Relance (2021), le gouvernement a engagé une réduction significative des impôts de production, avec la CVAE comme cible principale. Mais le calendrier a été fortement perturbé par la dérive du déficit public.

Chronologie de la suppression de la CVAE

AnnéeMesureImpactStatut
2021Plan France Relance : baisse de moitié de la CVAE + baisse impôts fonciers industriels−10 Md€/an✓ Fait
2022CVAE : taux max réduit de 0,75 % à 0,375 %−4,6 Md€✓ Fait
LFI 2023Suppression totale de la CVAE prévue en 2 étapes (2023-2024)−4,6 Md€ restantsReportée
LFI 2024Report de la suppression finale à 2027 — taux résiduel 0,28 %CVAE = 3,9 Md€Reportée
LFI 2025Taux plafond abaissé à 0,19 % MAIS contribution complémentaire temporaire de 47,4 % du montant CVAE — suppression repoussée à 2030 (art. 62)~3,7 Md€Nouveau report
LFI 2026Taux CVAE remonté à 0,28 % en 2026. Contribution exceptionnelle grandes entreprises prolongée 1 an. C3IV prolongé 3 ans. Suppression C3S rejetée. Accélération CVAE à 2028 rejetée — calendrier 2030 maintenu.Statu quoMaintien 2030

Compensation des collectivités par la TVA

Depuis 2023, le produit de la CVAE est affecté à l'État et les collectivités reçoivent en compensation une fraction de TVA. La compensation comprend deux parties :

Le yo-yo budgétaire. La suppression de la CVAE illustre la difficulté française à mener des réformes fiscales structurelles. Annoncée en 2022 pour 2024, reportée à 2027, puis à 2030 — les entreprises ne savent plus à quoi s'attendre. Ce manque de visibilité pénalise les décisions d'investissement. La Cour des Comptes note que les reports successifs « érodent la crédibilité de l'engagement public ».

7. Comparaison internationale détailléeEurostat / OCDE / Tax Foundation

La France se distingue non seulement par le niveau mais aussi par la diversité de ses impôts de production. Là où la plupart des pays européens n'ont qu'un ou deux impôts locaux sur l'activité, la France en cumule plus d'une dizaine.

PaysPrincipal impôtAssietteTauxRendementSpécificité
AllemagneGewerbesteuerBénéfice courant~14-17 %~55 Md€Assis sur le bénéfice (pas le CA ni la VA) → moins distorsif
Royaume-UniBusiness ratesValeur locative~49,9 p~25 Md£Taxe foncière commerciale — base réévaluée tous les 3-5 ans
EspagneIAEActivité économiquevariable~2 Md€Exemption pour CA < 1 M€ — très faible rendement
ItalieIRAPValeur ajoutée régionale3,9 %~24 Md€Équivalent de la CVAE — critiqué, mais maintenu
SuèdeCotisations patronalesMasse salariale31,42 %Poids élevé mais assiette unique = simplicité. Rendement non chiffré ici : en France l'équivalent (cotisations employeurs D611, 304,9 Md€) relève de D61, hors D29 — cf. piège n°2
FranceCFE + CVAE + C3S + TFPB + VM + …Foncier + VA + CA + salairesmultiples132,8 Md€Multiplicité d'assiettes et de taux = complexité maximale (D29 total, hors cotisations sociales employeurs)
La Gewerbesteuer allemande : un faux ami. L'Allemagne a bien un impôt local sur l'activité (Gewerbesteuer), souvent présenté comme l'équivalent de l'ex-taxe professionnelle française. Mais il est assis sur le bénéfice courant (pas le CA ni la VA) — il ne frappe donc pas les entreprises déficitaires. De plus, il est déductible de l'assiette de l'IS, ce qui en réduit le coût effectif. Au total, le système allemand est beaucoup moins distorsif que le système français.

8. Ce qu'il reste à faireCVAE, C3S, VM, TFPB

Malgré les réformes engagées depuis 2021, l'essentiel du chemin reste à parcourir. La France prélève encore environ 60 Md€ de plus que la moyenne européenne en impôts de production (rapporté au PIB). Quatre impôts concentrent les critiques.

ImpôtMontantProblèmeAction recommandée
CVAE3,7 Md€Suppression repoussée 3 fois (2024→2027→2030) — taux 0,19 % + contribution complémentaire 47,4 % en 2025Supprimer définitivement — tenir l'engagement 2030
C3S5,3 Md€Impôt en cascade — le plus nocif selon le CAE. Suppression rejetée LFI 2026.Supprimer par paliers (−1 Md€/an sur 5 ans)
Versement mobilité12,6 Md€Assis sur la masse salariale — pénalise l'emploiRéformer l'assiette ou plafonner la hausse des taux
TFPB entreprises~16 Md€Valeurs locatives de 1970 — distorsions territorialesRéviser les bases cadastrales (promis depuis 1990)
L'objectif réaliste. Ramener les impôts de production de 4,4 % à 3,0 % du PIB (moyenne haute de l'UE) représenterait une baisse de ~40 Md€. C'est ambitieux mais pas irréaliste : il suffirait de supprimer la CVAE résiduelle (−4 Md€), la C3S (−5 Md€), de réviser les bases foncières (économie estimée −3 à 5 Md€ pour les entreprises industrielles) et de contenir la hausse du versement mobilité. Le reste viendrait de la simplification des taxes sectorielles (IFER, TASCOM, etc.).

9. Pistes de réformeFIPECO / CAE / Institut Montaigne / CPO

Plusieurs institutions proposent des scénarios de réforme des impôts de production. Le consensus est large sur le diagnostic (trop d'impôts, trop de complexité, trop de distorsions) mais le financement des baisses reste le point dur.

ScénarioGain entreprisesFinancementSoutien institutionnel
Achever la suppression de la CVAE~−3,7 Md€Déjà compensé par TVA collectivités — coût ÉtatGouvernement (engagement initial — calendrier 2030)
Supprimer la C3S−5,3 Md€Hausse IS compensatoire ou réduction dépenses SécuCAE (Martin-Trannoy), MEDEF, CPME — rejetée LFI 2026
Réviser les bases cadastrales TFPB−3 à 5 Md€Neutre budgétairement (redistribution sans baisse)Cour des Comptes (depuis 2010), DGCL
Plafonner le versement mobilité−1 à 2 Md€Diversification du financement des transportsInstitut Montaigne
Simplifier les taxes sectorielles−2 à 3 Md€Fusion IFER, TASCOM, taxes consulairesIFRAP, Rexecode
Total cumulé−15 à 20 Md€

Les exemples internationaux qui fonctionnent

La piste la plus consensuelle. Supprimer la C3S (−5,3 Md€) en la compensant par un léger relèvement du taux d'IS (de 25 % à 26 %, soit +2,5 Md€) et par des économies sur les dépenses de Sécurité sociale (−2,8 Md€). Gain net pour l'économie : suppression de l'impôt le plus distorsif sans creuser le déficit. C'est la recommandation centrale du CAE.

10. Analyse en valeur — euros courants vs constantsINSEE base 2020

L'analyse en euros courants masque l'effet de l'inflation. En euros constants (base 2020), la trajectoire des impôts de production révèle une baisse réelle significative depuis 2019, mais un niveau qui reste historiquement élevé par rapport aux années 2010.

AnnéeMd€ courantsMd€ constants (base 2020)Déflateur PIBCommentaire
2010~100~1080,926Post-réforme taxe professionnelle
2014~115~1200,958Pic en valeur réelle
2017~115~1170,983Stabilisation
2019~120~1210,992Dernière année pré-réforme
2020~113~1131,000Base de référence
2022~125~1171,068Inflation forte → hausse nominale, stagnation réelle
2023128,1~115~1,113Première année de la série sourcée (Eurostat, base 2020)
2024129,9~1141,141En réel, retour au niveau Covid — baisse de ~6 % vs 2019
2025 (p)132,8~115~1,155Hausse nominale +2,2 % — en réel quasi stable vs 2024
Conclusion en valeur constante. En euros constants 2020, D29 a baissé d'environ 5 % entre 2019 et 2025 (de ~121 Md€ à ~115 Md€). La hausse nominale de ~120 à 132,8 Md€ est largement absorbée par l'inflation (+15,5 % de déflateur PIB sur la période). Les réformes ont donc eu un effet réel, mais modeste rapporté à l'ampleur du problème. Rappel : les valeurs antérieures à 2023 sont des estimations en ancienne base.

11. Analyse de mix — évolution par type d'impôtRecomposition 2016-2025

La composition de D29 s'est fortement modifiée depuis 2016. La CVAE, autrefois 2e poste, s'est effondrée. Les impôts fonciers (taxe foncière des entreprises, CFE) et les impôts sur les salaires (versement mobilité, taxe sur les salaires) ont pris une part croissante. Les colonnes 2024 et 2025 bouclent sur les totaux sourcés 129,9 et 132,8 Md€ ; les colonnes 2016-2022 sont des estimations en ancienne base.

Impôt20162019202220242025Évol. 2016-2025Part 2025
Taxe foncière — part entreprises12,513,814,2~15,0~16,0+28 %12,0 %
CFE7,57,87,97,78,1+8 %6,1 %
CVAE16,817,19,33,93,7−78 %2,8 %
C3S3,63,84,55,25,3+47 %4,0 %
Versement mobilité8,09,510,512,212,6+58 %9,5 %
Taxe sur les salaires13,214,515,817,317,6+33 %13,3 %
Contribution apprentissage6,88,510,011,411,6+71 %8,7 %
Autres~41~45~53~57,2~57,9+41 %43,6 %
D29 · Total impôts de production~109~120~125129,9132,8+22 %100 %
L'effet ballon de baudruche. La baisse de la CVAE (−13,1 Md€ entre 2016 et 2025) a été largement compensée par la hausse des autres impôts : versement mobilité (+4,6 Md€), taxe sur les salaires (+4,4 Md€), contribution apprentissage (+4,8 Md€), C3S (+1,7 Md€), TFPB (+3,5 Md€). Au total, la recomposition a remplacé un impôt sur la valeur ajoutée (CVAE) par des impôts sur la masse salariale et le foncier — ce qui pénalise davantage l'emploi et l'immobilier industriel.

12. Distribution — par taille, secteur et territoireDGFiP / INSEE / Institut Montaigne

Par taille d'entreprise

Les impôts de production frappent de manière très inégale selon la taille de l'entreprise. Les TPE-PME supportent proportionnellement davantage de CFE et TFPB (impôts forfaitaires), tandis que les ETI et grandes entreprises sont les principales contributrices à la CVAE et à la C3S.

CatégorieNb entreprisesCFECVAEC3SCharge relative
TPE (< 10 sal.)~3,5 MOui (minimum)Non (CA < 500 K€)Non (CA < 19 M€)CFE pèse proportionnellement plus lourd
PME (10-249 sal.)~140 000OuiOui (taux réduit)PartiellementCET significative — TFPB sur locaux
ETI (250-4999 sal.)~5 800OuiOui (taux max)OuiCumul CET + C3S + TFPB — forte charge
Grandes entreprises (5000+)~300OuiOui (taux max)Oui (gros CA)~60 % de la CVAE et ~70 % de la C3S

Par secteur d'activité

SecteurPart VA nationalePart impôts prod.Ratio impôts/VACommentaire
Industrie manufacturière11,3 %~24,8 %2,2×Surcharge massive — foncier industriel, CFE élevée
Commerce10,5 %~8,0 %0,8×Sous-représenté (moins de foncier lourd)
Services55,0 %~40,0 %0,7×Sous-contribuant relatif — forte VA, peu de foncier
Finance / assurance4,5 %~8,0 %1,8×Taxe sur les salaires (non assujettis TVA)
Construction / BTP5,5 %~6,0 %1,1×Proche de la moyenne
Agriculture1,8 %~2,0 %1,1×TFPNB, taxes chambres d'agriculture

Par territoire

La concentration territoriale des impôts de production reflète la géographie économique : l'Île-de-France concentre environ 30 % des recettes (CVAE, taxe sur les salaires, versement mobilité), suivie d'Auvergne-Rhône-Alpes (~12 %) et des Hauts-de-France (~8 %). Les baisses d'impôts de production depuis 2021 ont davantage bénéficié aux territoires industriels (Grand Est, Hauts-de-France, Normandie).

Île-de-France ~30 %
AuRA ~12 %
HdF ~8 %
Occitanie ~8 %
PACA ~8 %
Grand Est ~7 %
Autres ~27 %
L'industrie, grande perdante. Avec un ratio impôts de production / valeur ajoutée de 2,2× la moyenne, l'industrie manufacturière est le secteur le plus pénalisé. Ce biais anti-industriel s'explique par le poids du foncier (usines, entrepôts) dans l'assiette de la CFE et de la TFPB. C'est un paradoxe français : on veut réindustrialiser tout en surtaxant l'industrie.

13. Efficacité — distorsions allocatives et perte sècheThéorie fiscale / CAE / OCDE

L'efficacité d'un impôt se mesure par sa capacité à lever des recettes en générant le minimum de distorsions économiques (perte sèche ou « deadweight loss »). Les impôts de production sont parmi les moins efficaces du système fiscal.

Classement des impôts par efficacité (perte sèche par euro collecté)

Type d'impôtPerte sèche / € collectéNiveau de distorsionRaison
TVA0,10 - 0,15 €FaibleAssiette large, taux unique, neutre pour les entreprises (déductible)
IS (sur les bénéfices)0,20 - 0,30 €ModéréNe frappe que les bénéfices — mais mobilité des bases
IR0,25 - 0,40 €ModéréEffet sur l'offre de travail — mais progressivité
CVAE0,15 - 0,20 €ModéréPénalise les entreprises à forte VA — les plus productives
CFE / TFPB0,05 - 0,10 €FaibleBase immobile (foncier) — peu de distorsion théorique
C3S (chiffre d'affaires)0,30 - 0,50 €Très élevéEffet en cascade — taxe le CA, pas le bénéfice ni la VA

Estimation de la perte sèche globale

AgrégatMontantMéthode
Recettes brutes des impôts de production (D29)132,8 Md€D29 2025 (p) : salaires 60,1 + impôts divers sur la production 72,7 — cf. encadré « Où se situe D29 ». Hors cotisations employeurs (D611) et hors part ménages de la taxe foncière (D59)
Perte sèche estimée (10-20 % des recettes)13 à 27 Md€Fourchette OCDE / littérature académique
Dont C3S seule (30-50 % de perte sèche)1,6 à 2,7 Md€CAE (Martin-Trannoy 2019)
Coût total pour l'économie146 à 160 Md€Recettes (132,8) + perte sèche = coût économique total
Chaque euro d'impôt de production coûte 1,10 à 1,20 € à l'économie. La perte sèche cumulée des impôts de production est estimée entre 13 et 27 Md€/an (10-20 % de D29 = 132,8 Md€). C'est l'équivalent du budget du ministère de la Justice (12 Md€) ou de celui de la Recherche (20 Md€) qui part en fumée économique chaque année — sans produire aucun service public. Le remplacement des impôts les plus distorsifs (C3S, ex-CVAE) par des impôts moins nocifs (TVA, IS) permettrait de récupérer une part significative de cette perte.

14. Élasticité au PIB — les impôts de production sont-ils pro-cycliques ?Analyse 2010-2025

L'élasticité au PIB mesure la sensibilité des recettes fiscales à la croissance économique. Un impôt pro-cyclique (élasticité > 1) amplifie les cycles : il augmente plus vite que le PIB en expansion et chute plus vite en récession. Un impôt stable (élasticité ≈ 1) est préférable pour les finances publiques.

PériodeCroissance PIB nominalCroissance impôts prod.Élasticité apparenteCommentaire
2010-2019 (hors crise)+2,8 %/an+2,1 %/an0,75Sous-unitaire — effet des réformes Pacte responsabilité
2019-2020 (Covid)−7,5 %−5,8 %0,77Amortissement : base foncière stable, TFPB/CFE ne baissent pas
2020-2022 (rebond)+8,5 %/an+5,3 %/an0,62Sous-unitaire — effet baisses CVAE
2022-2024+3,5 %/an+1,9 %/an0,55Baisse structurelle — suppression CVAE en cours
Moyenne longue (2010-2025)+2,9 %/an+1,9 %/an~0,66Impôts de production = amortisseurs du cycle
Verdict : faiblement pro-cycliques, voire contra-cycliques. Avec une élasticité moyenne de ~0,66 (D29 : 100 → 132,8 Md€ entre 2010 et 2025), D29 est moins sensible au cycle que l'IS (élasticité ~1,5) ou la TVA (~1,0). La raison : une part importante est assise sur le foncier (TFPB, CFE), dont la base ne varie pas avec la conjoncture. C'est un avantage pour la stabilité des recettes locales — mais aussi le signe que ces impôts frappent même en période de récession, quand les entreprises souffrent déjà.

15. Conclusions — efficace ? juste ? stable ? pourquoi 2× la moyenne UE ?Synthèse

Bilan en 4 questions

CritèreVerdictDétail
Efficace ?NONPerte sèche estimée à 13-27 Md€/an (10-20 % de D29 = 132,8 Md€). La C3S (5,3 Md€) est l'un des impôts les plus distorsifs du système fiscal français. Les impôts fonciers (TFPB, CFE) pénalisent l'industrie alors qu'on veut réindustrialiser.
Juste ?MITIGÉLes TPE paient un minimum de CFE quel que soit leur résultat. Les ETI industrielles sont surcontributrices (ratio 2,2× la moyenne). Les services sont sous-contribuants. Le système est anti-industriel.
Stable ?OUIÉlasticité au PIB de ~0,66 → les impôts de production assurent des recettes stables aux collectivités. C'est leur principal mérite. Mais cette stabilité a un coût : ils frappent même en crise.
Compétitif ?NON4,4 % du PIB vs 2,2 % en zone euro et 1,0 % en Allemagne. L'écart = ~60 Md€ de surcharge pour les entreprises françaises par rapport à la moyenne européenne.

Pourquoi la France est-elle à 2× la moyenne européenne ?

La feuille de route réaliste (horizon 2030)

PrioritéMesureGainDifficulté politique
1Achever la suppression de la CVAE (engagement pris — calendrier 2030)~−3,7 Md€Faible — déjà voté
2Supprimer la C3S (impôt le plus nocif — rejetée LFI 2026)−5,3 Md€Élevée — financement Sécu
3Réviser les bases cadastrales TFPBNeutreTrès élevée — 30 ans de reports
4Plafonner le versement mobilité−1 à 2 Md€Moyenne — lobbys transport
5Fusionner les taxes sectorielles (IFER, TASCOM…)−2 à 3 Md€Moyenne — simplification
Objectif : passer de 4,4 % à ~3,0 % du PIB−35 à 40 Md€
Le modèle à suivre : le Danemark. Le Danemark a quasiment éliminé les impôts de production (hors cotisations patronales modérées). Son financement repose sur une TVA à 25 % sans taux réduit, un IS à 22 %, et un IR large et progressif. Résultat : des services publics de qualité, une compétitivité forte, et une dette publique à 30 % du PIB. La France pourrait s'en inspirer en basculant progressivement des impôts de production vers la TVA et l'IS — les deux impôts les moins distorsifs.
Sources : Eurostat — gov_10a_main (base 2020, secteur S13, na_item D21REC et D29REC) — source de référence des totaux D2 / D21 / D29 de cette ficheFIPECO — Les impôts sur la production (fiche mise à jour 2025)FIPECO — Les impôts sur la production de 2016 à 2024 (décembre 2025)INSEE — Dépenses et recettes des administrations publiques en 2024 (comptes nationaux)INSEE — Comptes de la Nation 2025INSEE — Impôts, données annuelles 1995-2025DGFiP Statistiques n°35 — Les impôts de production en 2023 (mai 2025)CAE — Note n°53 « Les impôts sur (ou contre) la production » (Martin-Trannoy, 2019)CAE — Focus n°35 « Impact sur la compétitivité » (données d'entreprises)Cour des Comptes — Impôts sur la production : quel impact sur la compétitivité ?France Stratégie — Évaluation du plan France Relance : impôts de production (janvier 2024)Institut Montaigne / Forvis Mazars — Baromètre européen des impôts de production 2024 (3e édition)Forvis Mazars — Baromètre européen des impôts de production 2025DGCL — Fiscalité directe locale 2024 : progression de +2,8 %FIPECO — La cotisation sur la valeur ajoutée des entreprisesFIPECO — La suppression de la CVAEBanque des Territoires — La CVAE ne sera supprimée qu'en 2027Kolecto — Suppression CVAE : nouveau report jusqu'en 2030 (LFI 2025)Cerema — Quelle place du versement mobilité dans le financement des mobilités en 2024 ?Eurostat — Le ratio recettes fiscales/PIB dans l'UEInstitut Montaigne — Les impôts de production, reflets des travers françaisIFRAP — Prélèvements obligatoires : la France, lanterne rouge de l'EuropeDGE — Les impôts de production dans le commerce de détail (2024)Banque des Territoires — Baisse des impôts de production : impact territoire-industrieCAE — Les impôts sur (ou contre) la production (Cairn.info)OCDE — Réduire les distorsions dues au système fiscal (Cairn.info)Forvis Mazars — Baromètre européen des impôts de production 2026Mission Dubief-Le Pape — La fiscalité de production (juin 2018)Vie Publique — Fiscalité directe locale : des recettes en hausse en 2024Service-public.fr — CVAE 2025 : taux, contribution complémentaire et calendrierInstitut Montaigne — Baromètre européen des impôts de production 2025

D29Autres impôts sur la production — historique et perspective

Bloc normalisé, identique sur toutes les fiches de composante du site : même intitulé comptable, même profondeur d'historique, mêmes contrôles. Montants en milliards d'euros courants.

Historique 2016-2025 — comptabilité nationale
Md€2016201720182019202020212022202320242025
D29 · Autres impôts sur la production (agrégat)101,3103,6106,7117,0116,7108,5122,9128,1129,9132,8
en % des recettes publiques8,58,38,49,19,58,28,68,88,68,5
+31,5 Md€2016 → 2025
+31,1 %variation sur 10 ans
+3,1 %par an en moyenne
8,5 → 8,5 %poids des recettes publiques
Lecture

En dix ans, ce poste a augmenté de 31,5 Md€ (+31,1 %), soit +3,1 % par an en moyenne. Son poids dans l'ensemble des recettes publiques est passé de 8,5 % en 2016 à 8,5 % en 2025 (+0,0 point). Le maximum de la période est atteint en 2025 (132,8 Md€), le minimum en 2016 (101,3 Md€).

Perspective d'évolution

D29 a reculé une seule fois en dix ans — en 2021, sous l'effet de la suppression de la moitié des impôts fonciers des établissements industriels et de la baisse de la CVAE — avant de reprendre sa progression. La suppression programmée du reliquat de CVAE (3,7 Md€ en 2025, contre 5,2 en 2023) continue d'en retirer quelques milliards, mais la dynamique des autres composantes la compense largement.

Cadrage d'ensemble — OFCE, prévisions d'avril 2026 : déficit public −5,1 % du PIB en 2025, −4,8 % en 2026, −4,4 % en 2027 ; dette 115,6 % → 118,3 % → 119,8 % du PIB. La loi de finances pour 2026 porte l'effort sur la sécurité sociale (≈ 4 Md€) et les collectivités (≈ 3 Md€), avec une hausse du budget de la défense (+0,2 point de PIB).

Sources. Historique : Insee, jeu de données « Comptes des administrations publiques » publié sur data.gouv.fr (API Melodi DD_CNA_APU, millésime des comptes 2025 provisoires — contrôle de cohérence : capacité de financement B9 = −152,5 Md€). Pour les opérations que l'Insee ne diffuse pas en version consolidée sur ce jeu (D7, D9, D91), la source est Eurostat, table gov_10a_main (base 2020, secteur S13), qui publie la même comptabilité nationale transmise par l'Insee au titre du règlement européen. Détail par impôt : Insee, tableau Impôts et cotisations sociales 1995-2025. Perspective : OFCE, prévisions d'avril 2026 ; COR, rapport de juin 2025 ; OFGL, rapport 2025 ; loi de finances pour 2026. 2025 = provisoire (p), 2024 = semi-définitif (sd). Référentiel comptable, sources et méthode →