🇫🇷 Finances Publiques
📊 Finances générales
Tableau Emplois-Ressources APU 2025 — Vue d'ensemble Tableau Emplois-Ressources APU 2025 Protection Sociale — 886 Md€ (2025) APU hors social — 922 Md€ (2025) Compte Simplifié APU — 1 670 Md€ (2025) PIB & Comptes de la Nation 2000–2025 Prélèvements obligatoires 2016–2025 D41 — Dépenses d'intérêts des APU PLF 2027 — Dashboard Trajectoire 2029
💰 Fiscalité & Recettes
Zoom TVA — ~207 Md€ (2025) Zoom IR — ~92 Md€ (2025) Zoom IS — ~59 Md€ (2025) Zoom CSG & CRDS — ~170 Md€ (2025) Zoom Cotisations Patronales (2025) Zoom Cotisations Salariales — ~120 Md€ (2025) Zoom Impôts sur la production — ~129 Md€ (2025) Zoom Taxe sur les Salaires — ~16 Md€ (2025) Zoom TICPE / Accises Énergie — ~37 Md€ (2025) Zoom Taxes Comportementales — ~19 Md€ (2025) Zoom Fiscalité locale — TF & ex-TH (2025) Zoom DMTO — ~11 Md€ (2025) Zoom Successions & Donations — ~21 Md€ (2025) Zoom Autres Impôts Directs (D59) — ~7 Md€ (2025) Zoom Ventes & Recettes de Production — 130 Md€ (2025) D4 — Revenus de la propriété APU : 23 Md€ (2025) Zoom Intérêts reçus & revenus financiers — 9 Md€ (2025)
🏛️ Dépenses & Fonctionnement
Zoom P2 — Consommations Intermédiaires — 161 Md€ (2025) Autres Fonctionnement — Dépenses de l'État 2023-2025 Investissement public (P51g) — France 2025 Autres acquisitions d'actifs non financiers (ANF) 2024 DECP — Conseil, AMO, Juridique, Audit Décomposition 193 Md€ — Transferts & Subventions (2025) D3 — Subventions aux producteurs (Énergie, Agriculture) D7 — Transferts courants aux ménages
👥 Emploi public
FPE — 2,59 M agents (2025) FPT — 2,02 M agents (2025) FPT Effectifs — Filières & métiers (2025) Éducation nationale — 1,2 M agents (2024-2025) ATSS Éducation nationale — 287 k non-enseignants (2025) Syndicats Éducation nationale — Revendications 2020-2025 Doublons FPE–FPT — Compétences partagées APUC — Pyramide des âges & départs retraite 2025-2040 Rémunération des agents publics 2025 Réformes FP 2015-2025 — Syndicats & Think tanks MASA — 30 458 fonctionnaires (2025) Enseignement agricole — 13 820 enseignants / 217 702 apprenants
🛡️ Protection sociale
Retraites & Pensions — 413 Md€ (2025) Réforme des Retraites — Dossier Complet Dépenses de Santé 360° — France 2025 Chômage 2025 — Qui touche, qui finance, comment réformer Le coût caché du licenciement Autres Prestations APU — Famille, Invalidité, Solidarité (2025) Décomposition 771 Md€ — Prestations Sociales APU (2025) Flux de la Protection Sociale — 886 Md€ (2025) Cartographie des Organismes de Protection Sociale
⚙️ Réformes
15 Mesures pour revenir à −3 % du PIB Démonstration Mathématique — 15 Mesures Méthodologie — Bascule Cotisations / TVA / CSG Modèle — Réduction 25% Cotisations Patronales Aides Publiques aux Entreprises — France 2025 La Polémique des Chiffres sur les Aides aux Entreprises
🔧 Simulateurs
⭐ Simulateur Unifié — Dette, Arbitrage & ZBR Simulateur — Impact sur le Déficit et la Dette 2025 Simulateur ZBR — Arbitrage & Revue Zéro-Base
🔍 Analyses
Anatomie du Revenu Français Population & CSP France 2025 🎓 Les 3 Budgets Publics — Guide Pédagogique

Zoom TVA — ~207 Md€ de recettes nettes (2025)

📈 Actualisation 2025. Les recettes nettes de TVA encaissées par la DGFiP atteignent 211,7 Md€ en 2025 (+0,5 % après 210,7 Md€ en 2024) — une quasi-stagnation. En comptabilité nationale, la TVA progresse de +0,5 % (+1,1 Md€) après +0,7 % en 2024, dans le sillage d’une consommation des ménages peu dynamique. La TVA progresse moins vite que son assiette taxable, elle-même inférieure à l’activité (+2,0 % de PIB en valeur). Répartition 2025 inchangée : État 48 %, collectivités 25 %, sécurité sociale 27 %. La TVA reste le 1er impôt de France mais c’est le moins dynamique des grands impôts en 2025 (recettes fiscales DGFiP totales : +7,1 %).
Sources : DGFiP Statistiques n°43 (mars 2026, encaissements budgétaires nets) · INSEE, comptes des APU 2025 (notification mars 2026 et comptes définitifs du 29/05/2026, comptabilité nationale base 2020). Mis à jour le 10/06/2026.
1er impôt de France • Décomposition par taux, affectation État/Sécu/collectivités • Évolution 2010-2025 • Niches et pistes de réforme • Sources DGFiP, INSEE, FIPECO, Cour des Comptes, Eurostat
291 Md€
TVA brute collectée 2025
+0,6 % vs 2024 (289 Md€)
207 Md€
TVA nette tous bénéficiaires 2025
Après ~84 Md€ de remboursements
6,9 %
TVA nette / PIB
vs 7,1 % en 2024 — 3e année de repli
99 Md€
TVA nette État (budgétaire) 2025
48 % du total
~50 Md€
Coût des taux réduits
Manque à gagner vs taux unique 20 %

1. Vue d'ensemble — la TVA, 1er impôt de FranceExécution 2025

Inventée en France en 1954 par Maurice Lauré, la TVA est un impôt indirect sur la consommation, collecté par les entreprises pour le compte de l'État. C'est le premier impôt français par le rendement, loin devant l'impôt sur le revenu (~90 Md€) et l'impôt sur les sociétés (~60 Md€). Elle représente ~50 % des recettes fiscales nettes de l'État et environ 15 % de l'ensemble des prélèvements obligatoires.

Mécanisme brut / net

AgrégatMontant 2024Commentaire
TVA brute collectée289,2 Md€Montant total collecté par les entreprises sur les ventes
Remboursements et restitutions~83 Md€Crédits de TVA remboursés aux entreprises (mécanique de l'impôt)
TVA nette (tous bénéficiaires)~206 Md€Recette nette répartie entre État, Sécu et collectivités
dont TVA nette État (budget général)~97 Md€47 % de la TVA nette totale
dont TVA affectée Sécurité sociale~58 Md€28 % — compensation des allègements de cotisations
dont TVA affectée collectivités territoriales~52 Md€25 % — compensation TH, TFPB, CVAE

Source : DGFiP Statistiques n°29 (mars 2025), Cour des Comptes NEB 2024 Recettes fiscales (avril 2025), FIPECO.

Point clé. La TVA nette de 206 Md€ est quasi stable par rapport à 2023 (+0,1 %). C'est un ralentissement brutal après +9 % en 2022 et +3 % en 2023. Cause : la consommation des ménages a stagné en volume (+0,6 %) et l'inflation alimentaire a fortement décéléré. L'IGF (Inspection Générale des Finances) estime qu'il manque entre 12 et 15 Md€ de recettes de TVA par rapport à la trajectoire attendue.

2. Évolution historique 2010-2025FIPECO / DGFiP / INSEE

La TVA nette (tous bénéficiaires) est passée de 136 Md€ en 2010 à 206 Md€ en 2024, soit +51 % en 14 ans (+3,0 % par an en moyenne). Mais cette progression masque des à-coups importants : choc Covid en 2020, rebond vigoureux en 2021-2022, puis tassement depuis 2023.

AnnéeTVA nette (Md€)Évol. n/n-1TVA/PIBÉvénement marquant
2010136,06,8 %Sortie de crise financière
2011141,2+3,8 %6,9 %Reprise de la consommation
2012142,5+0,9 %6,8 %Croissance atone
2013144,4+1,3 %6,8 %Stagnation économique
2014148,9+3,1 %6,9 %Hausse taux intermédiaire 7→10 % (janv. 2014)
2015152,4+2,4 %7,0 %Reprise modérée
2016155,3+1,9 %7,0 %
2017160,8+3,5 %7,0 %Reprise consommation
2018165,5+2,9 %7,0 %Début transfert TVA aux régions
2019170,7+3,1 %7,0 %Dernière année pré-Covid
2020155,1-9,1 %6,7 %Covid-19 — confinements, chute conso
2021181,0+16,7 %7,2 %Rebond post-Covid, rattrapage consommation
2022196,3+8,5 %7,5 %Effet inflation (+5,2 % IPCH) sur assiette
2023205,8+4,8 %7,3 %Décélération inflation, conso molle
2024206,0+0,1 %7,1 %Quasi-stagnation — consommation en panne
2025~207,0+0,5 %6,9 %3e année de quasi-stagnation — consommation peu dynamique
Alerte budgétaire. Le ratio TVA/PIB est retombé à 7,1 % en 2024, après un pic à 7,5 % en 2022. Ce repli reflète un « effet ciseau » : les emplois taxables (consommation nominale) n'ont crû que de ~2 % alors que le PIB nominal a progressé de 3,5 %. La consommation alimentaire, premier poste, est en recul volume depuis mi-2022 (effet inflation subie par les ménages). Selon l'IGF, il manque 12 à 15 Md€ de TVA par rapport à la trajectoire pré-Covid.

3. TVA en % de la consommation des ménages (2014–2025)INSEE / DGFiP

Rapporter la TVA nette à la consommation finale des ménages mesure le taux de prélèvement effectif de la TVA sur les dépenses des Français. Ce ratio — environ 13,4 % en 2024 — est structurellement inférieur au taux légal de 20 % en raison des taux réduits et des exonérations. Il révèle trois phases depuis 2014 : stabilisation post-réforme (2014–2019), rebond post-Covid (2021–2023), puis décrochage inédit en 2024.

Année TVA nette (Md€) Conso ménages (Md€) TVA / Conso Var. ratio Lecture
2014148,91 18412,6 %Après la hausse du taux intermédiaire 7 → 10 %
2015152,41 20912,6 %stableMontée en charge progressive du nouveau taux
2016155,31 22912,6 %stableStabilisation structurelle
2017160,81 26212,7 %+0,1 ptLégère hausse des dépenses en biens taxés à 20 %
2018165,51 29912,7 %stable
2019170,71 31513,0 %+0,3 ptDépenses discrétionnaires dynamiques pré-Covid
2020155,11 19812,9 %−0,1 ptCovid : effondrement des services (souvent exonérés)
2021181,01 32613,6 %+0,7 ptRebond fort, retour vers les biens taxés à 20 %
2022196,31 42513,8 %+0,2 ptEffet prix : l'inflation hausse la base taxable nominale
2023205,81 49513,8 %stableConso portée par inflation, TVA suit le même rythme
2024206,0~1 53913,4 %−0,4 ptTVA stagne malgré hausse nominale conso → décrochage
2025~207,0~1 57513,1 %−0,3 ptTVA continue de décrocher vs consommation nominale

Sources : DGFiP Statistiques n°29 (mars 2025), INSEE Comptes nationaux — Dépenses de consommation finale des ménages (prix courants, base 2014).

Signal d'alerte 2024 : un décrochage inédit. Pour la première fois depuis 2020, le ratio TVA/consommation recule nettement (−0,4 pt). La consommation nominale des ménages a progressé d'environ +3 % en 2024 (inflation +2,3 % + volume +0,6 %), mais la TVA nette n'a crû que de +0,1 %. Ce ciseau traduit un changement de composition de la consommation : les ménages arbitrent vers l'alimentation (TVA 5,5 %) et réduisent les dépenses en biens durables et services discrétionnaires (TVA 20 %). C'est un indicateur avancé de compression du pouvoir d'achat qui pèse sur les recettes publiques.
C-efficiency ratio. Le ratio TVA/consommation — appelé C-efficiency ratio dans la littérature internationale — mesure l'efficience de la TVA. Théoriquement, si tout était taxé au taux normal de 20 %, il serait de 20 %. En France, il n'est que de 13,4 %, soit une C-efficiency de 67 % (13,4/20). Le Danemark, avec un taux unique de 25 % sans aucun taux réduit, atteint environ 80 %. Chaque point récupéré sur ce ratio représenterait environ 15 Md€ de recettes supplémentaires.

4. TVA par composante — évolution des 4 taux (2014–2025)DGFiP / PLF Voies et Moyens

La TVA se décompose en 4 taux dont les dynamiques divergent sur la décennie. Le taux normal (20 %) domine structurellement (~75 % du total). En 2024, le taux réduit (5,5 %) gagne du terrain — reflet du poids croissant de l'alimentation dans la consommation des ménages sous pression inflationniste. Les données par taux sont des estimations calibrées à partir des statistiques DGFiP agrégées et des annexes Voies et Moyens du PLF.

Année Taux 20 % (Md€) Taux 10 % (Md€) Taux 5,5 % (Md€) Taux 2,1 % (Md€) Total (Md€)
2014112,020,014,32,6148,9
2015115,020,414,32,7152,4
2016117,120,814,52,9155,3
2017121,221,515,22,9160,8
2018124,622,115,53,3165,5
2019128,622,816,03,3170,7
2020116,820,714,53,1155,1
2021136,524,217,03,3181,0
2022147,826,218,93,4196,3
2023155,027,519,73,6205,8
2024~155,0~27,0~20,7~3,3~206,0
2025~155,0~27,0~21,5~3,5~207,0

Croissance annuelle par taux — 2020 à 2024

Taux de croissance n/n−1 par composante, base 2020 (creux Covid). En rouge : recul. En vert : gain. Cumul 2020→2024 = variation totale sur la période.

Composante Ref. 2020 (Md€) 2021/2020 2022/2021 2023/2022 2024/2023 Cumul 2020→2024
Taux 20 % 116,8 +16,9 % +8,3 % +4,9 % 0,0 % +32,7 %
Taux 10 % 20,7 +16,9 % +8,3 % +5,0 % −1,8 % +30,4 %
Taux 5,5 % 14,5 +17,2 % +11,2 % +4,2 % +5,1 % +42,8 %
Taux 2,1 % 3,1 +6,5 % +3,0 % +5,9 % −8,3 % +6,5 %
Total TVA nette 155,1 +16,7 % +8,5 % +4,8 % +0,1 % +32,8 %
Le grand gagnant 2020–2024 : le taux 5,5 % (+42,8 %). L'alimentation — principal bénéficiaire du taux réduit — a mieux résisté que tous les autres postes. Sa consommation est restée portée par l'inflation des prix alimentaires (+20 % cumulés 2021–2023) même quand le volume reculait. En 2024, c'est le seul taux encore en croissance (+5,1 %), alors que le taux 10 % recule (restauration/transports en retrait) et que le taux 2,1 % s'effondre (−8,3 %, fin des effets base post-suppression redevance TV). Ce glissement de composition vers le 5,5 % explique structurellement le freinage de la TVA totale.

Part relative de chaque taux dans le total TVA

Année Part 20 % Part 10 % Part 5,5 % Part 2,1 %
201475,2 %13,4 %9,6 %1,7 %
201775,4 %13,4 %9,5 %1,8 %
201975,3 %13,4 %9,4 %1,9 %
202275,3 %13,4 %9,6 %1,7 %
202475,2 %13,1 %10,0 %1,6 %
Une structure remarquablement stable… sauf en 2024. Les parts relatives de chaque taux dans la TVA totale ont peu varié entre 2014 et 2023, confirmant la stabilité structurelle de la composition de consommation. Deux inflexions apparaissent en 2024 : (1) le taux 10 % perd 0,3 pt — restauration et hébergement en retrait ; (2) le taux 5,5 % gagne 0,4 pt — l'alimentation résiste mieux que les biens discrétionnaires. Ces glissements expliquent en partie le ralentissement global de la TVA malgré une consommation nominale en hausse.
Note méthodologique. La DGFiP ne publie pas de ventilation officielle annuelle par taux. Les données présentées ici sont des estimations calibrées à partir des statistiques agrégées DGFiP (n°29, mars 2025) et des dépenses fiscales du PLF (Voies et Moyens, tome II). La précision est de l'ordre de ±1 Md€ par taux et par année.

5. Décomposition par taux de TVA — données DGFiP officielles 2024DGFiP Statistiques n°37 (sept. 2025)

La France applique 4 taux principaux : taux normal 20 % (depuis 2014), taux intermédiaire 10 % (créé 2012, porté de 7 à 10 % en 2014), taux réduit 5,5 % et taux super-réduit 2,1 %. La DGFiP publie chaque année la ventilation officielle des bases taxables par taux (chiffre d'affaires des entreprises soumises à TVA).

Bases taxables 2024 par taux (DGFiP, données officielles)

Taux et catégorie Taux Base 2024 (Md€) Part Évol. 2024/23 Produits / services
Taux normal métropole20 %3 98871,4 %-2,8 %Biens manufacturés, services, électronique, vêtements, auto, alcool
Taux intermédiaire10 %3125,6 %+0,9 %Restauration, travaux logement, transports, hébergement, prod. agricoles non transformés
Taux réduit5,5 %84815,2 %+2,0 %Alimentation, énergie (abonnements), livres, équipements handicapés, cantines scolaires
Taux particulier2,1 %1262,3 %+4,6 %Médicaments remboursables, animaux vivants, presse
Taux normal DOM8,5 %360,7 %+1,8 %Régime spécial Outre-mer
Taux réduit DOM2,1 %210,4 %+2,7 %Outre-mer (alimentation/livres)
Produits pétroliers métropole20 %721,3 %-12,2 %Carburants, fioul (forte baisse prix 2024)
Produits pétroliers Corse13 %10,0 %-9,5 %Régime spécial Corse
Importations taux normal20 %1452,6 %+0,2 %TVA imports recouvrée DGFiP depuis 2022
Importations taux réduitsdivers280,5 %+3,6 %
Autres taux particuliersdivers110,2 %+0,1 %Cas particuliers
TOTAL CA taxable 20245 588100 %-1,7 %Toutes entreprises assujetties

Source : DGFiP Statistiques n°37 (sept. 2025), tableau 3.

TVA brute estimée par taux (base × taux) — 2024

Taux regroupéBase (Md€)TVA brute calculéePart TVA brute
20 % (yc DOM 8,5 %, pétroliers, imports)4 241~844 Md€90,9 %
10 % (yc Corse 13 %)313~31 Md€3,3 %
5,5 %848~47 Md€5,1 %
2,1 % (métropole + DOM)147~3,1 Md€0,3 %
Autres taux particuliers + import réduits39~3 Md€0,4 %
TOTAL TVA brute 2024 estimée5 588~928 Md€100 %

Réconciliation : TVA brute collectée DGFiP 2024 = 938 Md€ (Tableau 1) ; écart de ~10 Md€ lié aux ajustements et déclarations annuelles tardives. La TVA brute budgétaire encaissée par l'État est de 289 Md€ — c'est la fraction qui rentre effectivement dans les caisses publiques après déduction de la TVA versée par les entreprises sur leurs achats (TVA déductible = 877 Md€).

TVA nette par taux — estimation économiste (FIPECO, rendements unitaires)

Attention méthodologique : la TVA nette par taux n'est pas publiée officiellement. Elle dépend de la consommation finale (qui supporte effectivement la TVA), pas du CA des entreprises (qui inclut les ventes B2B avec TVA déductible). FIPECO calcule des « rendements d'un point » par taux à partir de modèles d'élasticité, permettant une reconstitution.

Taux Rendement +1 pt (FIPECO) Assiette implicite TVA nette estimée Part TVA nette
Taux normal 20 %8,2 Md€~820 Md€~164 Md€~80 %
Taux intermédiaire 10 %1,6 Md€~160 Md€~16 Md€~8 %
Taux réduit 5,5 %2,3 Md€~230 Md€~13 Md€~6 %
Taux super-réduit 2,1 %0,6 Md€~60 Md€~1,3 Md€~1 %
Autres ajustements (DOM, imports, pétroliers)~12 Md€~5 %
Total TVA nette 2024~12,7 Md€/pt~1 270 Md€~206 Md€100 %

Visualisation : part des bases taxables par taux (DGFiP)

20 % — 4 241 Md€ d'assiette (76 %)
10 %
5,5 % (15 %)
autres

Rendement d'un point de TVA — levier budgétaire

TauxRendement de +1 pointImplication
Taux normal (20 %)~8,2 Md€Hausse à 21 % rapporterait ~8 Md€
Taux intermédiaire (10 %)~1,6 Md€Relever à 12 % (moyenne UE) = +3,2 Md€
Taux réduit (5,5 %)~2,3 Md€Large assiette alimentaire
Taux super-réduit (2,1 %)~0,6 Md€Assiette étroite (médicaments, presse)
Total +1 pt sur tous les taux~12,7 Md€Levier budgétaire majeur

Source : FIPECO — fiche « Les taux réduits de TVA » (mise à jour 2025).

Le taux effectif moyen de TVA en France est de ~9,7 %, bien en dessous du taux normal de 20 %. C'est l'un des écarts les plus élevés de l'UE, signe de l'ampleur des taux réduits et exonérations. À titre de comparaison, le taux effectif moyen est de 10,5 % en Allemagne, 11,2 % au Danemark et 12,1 % en Nouvelle-Zélande (pays à TVA la plus efficiente de l'OCDE).

5 bis. Évolution officielle des bases TVA par taux (2022 → 2024)DGFiP n°18, 27, 37 — chiffres définitifs

La DGFiP publie chaque année dans ses bulletins « La taxe sur la valeur ajoutée en N » la décomposition officielle du chiffre d'affaires taxable par taux. Les rapports clés sont le n°18 (sept. 2023, TVA 2022), le n°27 (sept. 2024, TVA 2023 définitive) et le n°37 (sept. 2025, TVA 2024). Ces données permettent d'isoler les effets de structure (transferts entre taux) et les effets de volume (consommation, prix).

Tableau officiel exhaustif — Bases taxables par taux (Md€ de CA)

Taux et catégorie 2022 2023 Évol. 23/22 2024 Évol. 24/23 Cumul 24/22
Taux normal métropole 20 %4 0204 105+1,5 %3 988-2,8 %-0,8 %
Taux intermédiaire 10 %312309-11,3 %¹312+0,9 %0,0 %
Taux réduit 5,5 %722831+15,2 %848+2,0 %+17,5 %
Taux normal DOM 8,5 %3436+6,3 %36+1,8 %+5,9 %
Taux réduit DOM 2,1 %1720+14,7 %21+2,7 %+23,5 %
Produits pétroliers métropole 20 %5981+37,6 %72-12,2 %+22,0 %
Produits pétroliers Corse 13 %11+16,2 %1-9,5 %+5,2 %
Importations taux normal 20 %139144+3,7 %145+0,2 %+4,3 %
Importations taux réduits divers2727+1,8 %28+3,6 %+3,7 %
Taux particulier 2,1 % + autres²127132+3,6 %137+3,8 %+7,9 %
TOTAL CA taxable5 3575 687+3,1 %³5 588-1,7 %+4,3 %
TVA économique totale (yc guichets uniques)195202+3,4 %209+1,1 %³+7,2 %

¹ Effet législatif majeur : en 2023, transfert de produits agricoles, semences et plants du taux 10 % vers le taux 5,5 % (LF 2022 et LF 2023). C'est ce transfert qui explique simultanément le -11,3 % du taux 10 % et le +15,2 % du taux 5,5 %. À périmètre constant (hors transfert), l'évolution réelle des bases est très différente. — ² Le rapport n°27 (2023) regroupe le taux 2,1 % métropole avec « autres taux particuliers » (132 Md€). Le rapport n°37 (2024) isole le taux 2,1 % (126 Md€) et « autres taux particuliers » (11 Md€). Pour la cohérence, somme regroupée affichée ici. — ³ Évolutions publiées à champ constant par chaque rapport. Sources : DGFiP n°18 (sept. 2023, p.3), DGFiP n°27 (sept. 2024, tableau 3, p.3), DGFiP n°37 (sept. 2025, tableau 3, p.2).

Lecture analytique de l'évolution 2022 → 2024

2023 : l'année du grand basculement 10 % → 5,5 %

L'événement marquant 2023 est le transfert massif de l'assiette du taux 10 % vers le taux 5,5 %, conséquence de deux réformes législatives consécutives :

Résultat chiffré : la base 5,5 % passe de 722 à 831 Md€ (+109 Md€, +15,2 %), tandis que la base 10 % recule de 312 à 309 Md€ (-3 Md€, -11,3 % à périmètre constant). En valeur de TVA, le manque à gagner pour l'État est d'environ 4,5 Md€/an (l'écart de taux 10 %-5,5 % = 4,5 points × ~100 Md€ d'assiette transférée).

2024 : décrochage généralisé du taux normal et des pétroliers

2024 marque une rupture inédite depuis 2020 (Covid) :

Effet de structure 2022 → 2024 — déformation vers les taux réduits

Entre 2022 et 2024, la structure du CA taxable s'est déplacée vers les taux réduits, érodant mécaniquement le rendement de la TVA :

TauxPart 2022Part 2023Part 2024Δ 2024/22
Taux normal 20 % (métropole hors pétro)75,0 %72,2 %71,4 %-3,6 pt
Taux intermédiaire 10 %5,8 %5,4 %5,6 %-0,2 pt
Taux réduit 5,5 %13,5 %14,6 %15,2 %+1,7 pt
Taux 2,1 % + autres particuliers2,4 %2,3 %2,5 %+0,1 pt
DOM + Pétroliers + Importations3,3 %5,5 %5,3 %+2,0 pt

TVA économique par catégorie d'entreprises (DGFiP n°27 — 2023)

CatégorieNb. entreprises (k)TVA éco 2022 (Md€)TVA éco 2023 (Md€)Évol.
Très petites entreprises (TPE)3 93627,428,8+5,1 %
Petites et moyennes (PME)26768,168,8+1,1 %
Entreprises de taille intermédiaire (ETI)1266,168,4+3,5 %
Grandes entreprises (GE)0,433,635,9+6,9 %
Ensemble4 215195,1201,9+3,4 %

TVA économique par secteur d'activité (DGFiP n°27 — 2023)

SecteurTVA 2022 (Md€)TVA 2023 (Md€)Évol.
Commerce79,482,0+3,4 %
Activités spécialisées et de soutien42,343,1+2,1 %
Industrie20,022,4+11,8 %
dont Énergie8,010,6+31,9 %
Information & communication16,517,8+8,1 %
Construction16,116,6+3,3 %
Activités immobilières6,66,4-2,5 %
Transport6,35,9-5,9 %
Activités financières et assurance4,94,7-4,4 %
Hébergement et restauration3,03,2+7,4 %
Administration, enseignement, santé-0,5-0,8crédits
Agriculture-3,4-3,7crédits
Autres activités4,04,1+3,7 %
Total TVA économique195,1201,9+3,4 %

Source : DGFiP Statistiques n°27 (sept. 2024), tableaux 1 et 2.

Le moteur 2023 : l'énergie. Le secteur de l'énergie (utilities) explose en 2023 avec une TVA économique multipliée par 1,3 (+31,9 %). C'est l'effet direct de la flambée des prix de l'électricité et du gaz, dont les marges des fournisseurs sont devenues exceptionnelles. Le commerce (+3,4 %) suit la consommation des ménages portée par l'inflation. À l'inverse, l'immobilier (-2,5 %), le transport (-5,9 %) et la finance (-4,4 %) reculent — signaux avancés de tensions économiques.

Le décrochage des recettes : rapport IGF de février 2026

Le rapport de l'Inspection Générale des Finances (IGF) sur la « Dynamique des recettes de TVA et écarts de prévision » publié le 12 février 2026 met en évidence trois constats préoccupants :

Le mystère TVA. La consommation des ménages français se déforme vers des produits taxés à 5,5 % (alimentaire) et 10 % (services). Le taux effectif global baisse mécaniquement. Mais l'IGF identifie une « croissance résiduelle inexpliquée » qui pourrait correspondre à : (i) fraude TVA en hausse (e-commerce, plateformes), (ii) déformation consommation/épargne (taux d'épargne à 18,2 % en 2024, niveau record), (iii) optimisation des entreprises sur la TVA déductible. Le sujet est devenu un enjeu majeur pour les prévisionnistes de Bercy.

6. Répartition de l'affectation : État vs Sécu vs CollectivitésUn couteau suisse budgétaire

La TVA a subi une transformation radicale depuis 2018 : l'État en conservait 90 % en 2017, il n'en garde plus que 47 % en 2024. Des fractions croissantes ont été affectées à la Sécurité sociale (compensation des baisses de cotisations — CICE, allègements Fillon, « zéro cotisation SMIC ») et aux collectivités territoriales (compensation de la suppression de la taxe d'habitation en 2020-2023, puis de la CVAE en 2024).

BénéficiaireTVA nette 2017TVA nette 2024Évol.Part 2024
État (budget général)~147 Md€~97 Md€-50 Md€47 %
Sécurité sociale (ASSO)~10 Md€~58 Md€+48 Md€28 %
Collectivités territoriales (APUL)~5 Md€~52 Md€+47 Md€25 %
Total TVA nette~162 Md€~206 Md€+44 Md€100 %

Chronologie des transferts

Le paradoxe de la TVA. Plus la TVA progresse, moins l'État en profite. Chaque euro de TVA supplémentaire est partagé entre trois bénéficiaires selon des clés de répartition rigides. Résultat : les recettes fiscales de l'État stagnent alors que les prélèvements obligatoires totaux augmentent. La commission des Finances du Sénat a qualifié cette situation de « dépossession silencieuse ». La TVA est devenue le « couteau suisse » des finances publiques : chaque réforme fiscale (suppression TH, CVAE, cotisations) est compensée par un transfert de TVA.

7. Comparaison internationale — la France dans l'UEEurostat / Tax Foundation / OCDE

Avec un taux normal de 20 %, la France se situe dans la moyenne basse de l'UE (moyenne UE-27 : ~21,5 %). Mais son rendement rapporté au PIB (7,1 %) est parmi les plus élevés, grâce à une assiette de consommation large et une fraude relativement contenue.

PaysTaux normalTaux réduit(s)TVA/PIBVAT gap¹
Hongrie27 %5 / 18 %9,2 %8,3 %
Danemark25 %aucun9,4 %5,8 %
Suède25 %6 / 12 %8,9 %3,1 %
Italie22 %4 / 5 / 10 %6,2 %10,8 %
Allemagne19 %7 %7,0 %6,2 %
France20 %2,1 / 5,5 / 10 %7,1 %~7,5 %
Espagne21 %4 / 10 %6,6 %6,4 %
Luxembourg17 %3 / 8 / 14 %6,4 %1,2 %
Moyenne UE-27~21,5 %7,2 %9,5 %

¹ VAT gap = écart entre recettes théoriques et collectées (fraude + erreurs + faillites). Source : Commission européenne, VAT Gap Report 2024 (données 2022-2023).

Le modèle danois. Le Danemark est le seul pays de l'UE à appliquer un taux unique de 25 % sans aucun taux réduit. Résultat : un rendement de 9,4 % du PIB (le plus élevé de l'UE) et un taux effectif moyen de ~14 %, contre ~9,7 % en France. Si la France supprimait tous ses taux réduits et appliquait un taux unique de 20 %, elle récupèrerait ~50 Md€/an — mais au prix d'un impact social massif sur les produits de première nécessité.

8. Niches TVA — le coût des taux réduits et exemptions~50 Md€ de manque à gagner

Les « niches TVA » sont les 60 dépenses fiscales rattachées à la TVA dans le PLF 2024. Leur coût total est estimé à environ 50 Md€ par rapport à un scénario où tout serait taxé au taux normal de 20 %. Ce chiffre fait de la TVA la première catégorie de dépenses fiscales, devant l'IR (~20 Md€) et l'IS (~15 Md€).

Niche / taux réduitCoût estiméBénéficiairesÉvaluation d'efficacité
TVA 5,5 % sur l'alimentation~22 Md€Ménages (anti-régressif)Efficace — protège les ménages modestes
TVA 10 % restauration (depuis 2009)~5 Md€Restaurateurs → faible répercussion prixInefficace — a surtout enrichi les marges (Cour des Comptes 2013)
TVA 10 % travaux rénovation logement~4,5 Md€Propriétaires, artisans BTPMitigée — effet emploi BTP modéré, effet d'aubaine
TVA 5,5 % travaux de rénovation énergétique~2,5 Md€Propriétaires, transition écologiquePositive — levier climat, cumul MaPrimeRénov'
TVA 10 % transports de voyageurs~3 Md€Usagers transportsPositive — favorise la mobilité bas-carbone
TVA 5,5 % énergie (abonnements)~2 Md€Ménages et entreprisesMitigée — profite aussi aux hauts revenus
TVA 2,1 % médicaments remboursables~2,5 Md€Patients, SécuEfficace — cohérence avec la politique de santé
TVA 2,1 % presse~0,4 Md€Éditeurs de presseQuestionnable — profite aux grands groupes
TVA 5,5 % livres~0,7 Md€Éditeurs, librairiesPositive — soutien à la filière livre
Autres niches TVA (logement social, DOM, spectacles…)~7 Md€DiversVariable selon niche
Total coût des taux réduits~50 Md€
Le cas de la restauration. La baisse de la TVA de 19,6 % à 5,5 % en 2009, puis le relèvement à 10 % en 2012 (taux intermédiaire), ont coûté des dizaines de milliards cumulés pour un résultat décevant. La Cour des Comptes (rapport 2013) a établi que seuls 2,4 % de la baisse avaient été répercutés sur les prix. L'essentiel a alimenté les marges des restaurateurs. L'engagement de créer 40 000 emplois n'a été que très partiellement tenu. Ce cas d'école illustre la difficulté des taux réduits de TVA à atteindre l'objectif de soutien au pouvoir d'achat.

9. Pistes de réforme et levier budgétaireFIPECO / Cour des Comptes / CAE

Dans un contexte de déficit public à ~5,8 % du PIB (2024) et de dette publique à 113 % du PIB, la TVA est régulièrement citée comme le premier levier de recettes mobilisable. Plusieurs scénarios sont à l'étude.

Scénario de réformeRendementAvantageRisque
Hausse taux normal 20 → 21 %+8,2 Md€Simple, large assiette, précédent 2014Régressif — pèse sur la consommation
Relèvement taux intermédiaire 10 → 12 %+3,2 Md€Cible la restauration (niche inefficace)Opposition lobbys restauration
Suppression taux 5,5 % sur la restauration à emporter+1,5 Md€Fin d'une incohérence (fast-food à 10 %, sandwiches à 5,5 %)Faible
TVA sociale : +2 pts TVA, -2 pts cotisationsNeutre netCompétitivité export (exonère les exportations)Complexité, perception inflation
Rationalisation des 60 niches (objectif -10 Md€)+10 Md€Simplification, rendement accru, équitéOpposition multiple des secteurs concernés
Taux unique 20 % (suppression tous taux réduits)+50 Md€Simplification radicale, fin des nichesTrès régressif sans compensation ciblée

Position des institutions

Le levier le plus consensuel. Relever le taux intermédiaire de 10 à 12 % (+3,2 Md€) tout en compensant par un chèque alimentaire ciblé sur les 20 % de ménages les plus modestes (~1 Md€). Gain net : +2,2 Md€/an avec un impact social limité. C'est la piste privilégiée par la majorité des économistes interrogés par FIPECO.

10. Lexique — acronymes et notions clésPour décoder le jargon TVA

Mécanisme de la TVA

Institutions

Termes budgétaires

Sources : DGFiP Statistiques n°37 — La TVA économique augmente de 1,1 % en 2024 (sept. 2025) — PDF tableau 3DGFiP Statistiques n°20 — La TVA en 2023 : première estimation (mars 2024) — PDFDGFiP Statistiques n°18 — La TVA en 2022 (sept. 2023) — PDFDGFiP Statistiques n°29 — Les recettes fiscales gérées par la DGFiP en 2024 (mars 2025)Cour des Comptes — NEB 2024 Recettes fiscales (avril 2025)IGF — Dynamique des recettes de TVA et écarts de prévision (févr. 2026)FIPECO — La taxe sur la valeur ajoutée (fiche mise à jour 2025)FIPECO — Les taux réduits de TVADG Trésor — Analyse de la composition des recettes de TVA (sept. 2025)INSEE — Recettes du budget généralPLF 2024 — Les dépenses fiscales (Voies et Moyens tome II)Tax Foundation — 2024 VAT Rates in EuropeCASE / Commission européenne — VAT Gap in the EU 2024Ifrap — Taux de TVA : une comparaison européenneBanque des Territoires — La TVA ne peut pas être le couteau suisse des finances publiquesIfrap — TVA : 3 ans de stagnation des recettes