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Zoom CSG & CRDS — 165,9 Md€ (2025)

✓ Mis à jour août 2026 — Comptes des APU 2025 (Insee, mai 2026, via data.gouv)
📈 Actualisation 2025. La CSG et la CRDS ralentissent en 2025 : +2,3 % (+3,7 Md€) après +3,8 % en 2024, à l’instar de la masse salariale (+1,9 % dans le privé selon l’URSSAF, après +3,3 %). Les recettes restent soutenues par la forte hausse des revenus de remplacement (retraites revalorisées de +2,2 % au 1er janvier 2025), assujettis à la CSG. À noter : les prélèvements sociaux sur les revenus du capital encaissés par la DGFiP progressent de +3,7 % à 36,2 Md€.
⚖️ Deux conventions à ne pas confondre. Le « ~174 Md€ » parfois cité (ancien titre de cette fiche) est un périmètre élargi (convention CCSS/ACOSS : CSG brute 157 + CRDS nette CADES 9,1 + prélèvement de solidarité 7,5 % sur le capital ~8 Md€). En comptabilité nationale (comptes des APU 2025, base 2020), les montants sont : CSG 156,6 Md€ (147,5 en 2023 ; 153,1 en 2024 sd) et CRDS 9,3 Md€ (8,7 ; 9,1), soit CSG+CRDS = 165,9 Md€ en 2025 (p) — cohérent avec les ~166 Md€ de la fiche, l’écart avec ~174 venant du prélèvement de solidarité (hors CSG/CRDS stricto sensu).
Sources : DGFiP Statistiques n°43 (mars 2026, encaissements budgétaires nets) · INSEE, comptes des APU 2025 (notification mars 2026 et comptes définitifs du 29/05/2026, comptabilité nationale base 2020). Mis à jour le 10/06/2026.
Contribution Sociale Généralisée (156,6 Md€) + Contribution au Remboursement de la Dette Sociale (9,3 Md€) = 165,9 Md€ en 2025 (comptabilité nationale, Insee) • Taux, assiettes, affectation, débat fusion IR/CSG • Sources Insee, DSS, ACOSS/URSSAF, FIPECO, CPO, Cour des Comptes
156,6 Md€
CSG 2025 (compta nat., Insee)
+2,3 % vs 2024 (153,1) • 1er prélèvement social de France • CSG brute CCSS/ACOSS : ~157
9,3 Md€
CRDS 2025 (compta nat., Insee)
Taux unique 0,5 % • ~9,1 Md€ nets encaissés par la CADES
165,9 Md€
CSG + CRDS 2025 (Insee)
~12,7 % des PO (~1 304 Md€) • ~174 Md€ avec prélèvement de solidarité (périmètre élargi)
5,5 %
CSG+CRDS en % du PIB
PIB 2025 : 2 991 Md€ (INSEE)
17,8 Md€
Rendement d'1 pt de CSG
Levier budgétaire massif : +1 pt = +17,5 Md€

📐 Périmètres : de quel « total » parle-t-on ?À lire avant les chiffres

Cette fiche mobilise plusieurs conventions de mesure. La valeur de référence du site est celle de la comptabilité nationale (Insee, tableau « Impôts et cotisations sociales 1995-2025 », millésime mai 2026 ; 2025 provisoire).

Périmètre202320242025 (p)Convention / contenu
CSG seule147,5153,1156,6Comptabilité nationale (Insee). La « CSG brute » en convention CCSS/ACOSS avoisine 157 Md€ en 2025.
CRDS seule8,79,19,3Comptabilité nationale (Insee). La CRDS « nette » encaissée par la CADES est légèrement inférieure (~9,1 Md€).
CSG + CRDS — référence de la fiche156,2162,2165,9Comptabilité nationale (Insee) — chiffre du titre.
Prélèvements sociaux élargis~174Périmètre élargi : CSG + CRDS + prélèvement de solidarité (7,5 % sur les revenus du capital, ~8 Md€). N'est pas « la CSG-CRDS » stricto sensu.

Dans le corps de la fiche, les décompositions par assiette et par affectataire sont établies sur la CSG brute (~157,2 Md€, convention ACOSS/CCSS) et la CRDS CADES (~9,1 Md€) : elles servent à décrire les mécanismes et les proportions, pas à redéfinir le total de référence (165,9 Md€).

1. Vue d'ensemble : CSG + CRDS dans le paysage fiscal françaisPanorama 2025

La CSG (Contribution Sociale Généralisée), créée par la loi de finances du 29 décembre 1990 sous le gouvernement Rocard, est aujourd'hui le premier prélèvement social de France avec 157 Md€ de recettes en 2025. La CRDS (Contribution au Remboursement de la Dette Sociale), créée en 1996 sous le gouvernement Juppé, rapporte ~9,1 Md€ nets affectés à la CADES. Ensemble, CSG et CRDS pèsent environ 166 Md€ (CSG 157 + CRDS 9,1 en convention CCSS/ACOSS ; en comptabilité nationale : CSG 156,6 + CRDS 9,3 = 165,9 Md€, comptes des APU 2025 p, Insee), soit davantage que l'impôt sur le revenu (~95 Md€ net budgétaire ; 103,6 Md€ en comptabilité nationale) ou l'impôt sur les sociétés (~62 Md€ net budgétaire). En ajoutant le prélèvement de solidarité (7,5 % sur les revenus du capital), les prélèvements sociaux sur les revenus atteignent environ 174 Md€.

Poids dans les prélèvements obligatoires

PrélèvementMontant 2025% des PO% du PIBCaractéristique
CSG156,6 Md€12,0 %5,2 %Assiette très large, quasi-proportionnelle
CRDS9,3 Md€0,7 %0,3 %Taux unique 0,5 %, affectée à la CADES
TVA208,8 Md€16,0 %7,0 %1er impôt de France en volume · tous affectataires (compta nat, Insee)
Cotisations sociales (employeurs)~320 Md€24,5 %11,0 %Assises sur la masse salariale
Cotisations sociales (salariés)~108 Md€8,3 %3,7 %Retraite, chômage
Impôt sur le revenu (IR)~95 Md€7,3 %3,2 %Progressif, 47 % de foyers imposés
Impôt sur les sociétés (IS)~62 Md€4,8 %2,1 %Taux normal 25 % · IS net budgétaire
Total PO 2025~1 304 Md€100 %43,6 %Source : INSEE comptes des APU 2025 (mai 2026)
Lecture clé. La CSG seule pèse davantage que l'IR (156,6 Md€ vs 103,6 Md€ en comptabilité nationale). C'est le prélèvement le plus productif après la TVA et les cotisations patronales. Son assiette très large (quasi tous les revenus des résidents fiscaux français) explique ce rendement : un point de CSG rapporte 17,8 Md€, contre ~6 Md€ pour un point d'IR. C'est pourquoi la CSG est le levier budgétaire privilégié des gouvernements successifs.

2. Évolution historique des recettes CSG 2010-2025Graphique interactif

La CSG a connu une croissance quasi-continue depuis sa création en 1991. Le saut majeur intervient en 2018 (+1,7 point) dans le cadre de la bascule cotisations→CSG du gouvernement Philippe. Les recettes sont passées de ~88 Md€ en 2010 à 157 Md€ en 2025, soit +78 % en 15 ans.

Chronologie des hausses de taux

DateTaux activité avantTaux activité aprèsHausseContexte
1er fév. 19910 %1,1 %+1,1 ptCréation (loi Rocard, 29 déc. 1990)
1er juil. 19931,1 %2,4 %+1,3 ptDéficit Sécu (gouv. Balladur)
1er janv. 19972,4 %3,4 %+1,0 ptBascule cotisation maladie (gouv. Juppé)
1er janv. 19983,4 %7,5 %+4,1 ptAchèvement de la bascule (gouv. Jospin)
1er janv. 20057,5 %7,5 %Extension assiette (dividendes, PEL>10 ans)
1er janv. 20187,5 %9,2 %+1,7 ptBascule cotisations chômage/maladie → CSG (gouv. Philippe)
1er janv. 20269,2 %9,2 %Hausse ciblée sur le capital : 9,2 → 10,6 % sur revenus du patrimoine/placements (LFSS 2026)
Le saut de 2018. La hausse de 1,7 point de CSG a rapporté ~22 Md€ supplémentaires. Elle a financé la suppression des cotisations maladie (0,75 %) et chômage salarié (2,4 %) pour les salariés du privé. Gain net de pouvoir d'achat pour un salarié au SMIC : ~260 €/an. Mais les retraités, fonctionnaires et indépendants n'ont pas bénéficié des baisses de cotisations, d'où une perte nette pour ces catégories — source de la crise des Gilets jaunes (automne 2018).

3. Décomposition par assiette : qui paie la CSG ?ACOSS/URSSAF 2025

La CSG frappe la quasi-totalité des revenus des résidents fiscaux français affiliés à un régime obligatoire d'assurance maladie. Son assiette est bien plus large que celle de l'IR (qui comporte 190 niches fiscales) ou des cotisations (limitées aux revenus d'activité).

AssietteCSG brute (Md€)% du totalBase de calculParticularité
Revenus d'activité salariée~97,161,8 %98,25 % du brutAbattement forfaitaire de 1,75 % pour frais pro.
dont secteur privé~73,646,8 %Collectée par l'URSSAF
dont secteur public~23,515,0 %Précomptée sur le traitement
Revenus d'activité non salariée~8,75,5 %Revenu professionnelIndépendants, professions libérales
Revenus de remplacement~28,618,2 %100 % du brutPas d'abattement de 1,75 %
dont pensions de retraite~22,514,3 %Taux modulé selon RFR (0 / 3,8 / 6,6 / 8,3 %)
dont allocations chômage~2,61,6 %Taux de 6,2 %
dont indemnités journalières (IJ)~2,01,3 %Maladie, maternité, AT
dont pensions d'invalidité + préretraites~1,51,0 %Taux variable
Revenus du patrimoine~12,37,8 %Revenu netRevenus fonciers, rentes viagères
Produits de placement~9,76,2 %Produit brutIntérêts, dividendes, plus-values, assurance-vie
Jeux~0,80,5 %Gains brutsFDJ 6,2 % / casinos 13,7 % (>1 500 €)
TOTAL CSG brute 2025~157,2100 %
L'assiette large, force de la CSG. Contrairement aux cotisations sociales (assises uniquement sur les revenus d'activité), la CSG frappe tous les types de revenus : activité, remplacement, patrimoine, placements, jeux. Cette universalité est son principal avantage fiscal — et la raison pour laquelle les gouvernements privilégient la hausse de CSG plutôt que des cotisations pour financer la protection sociale. Son rendement (17,8 Md€ par point) est 3× supérieur à celui de l'IR.

4. Taux de CSG et CRDS par type de revenu (2025)Service-public.fr / URSSAF

La CSG est quasi-proportionnelle sur les revenus d'activité et du capital (9,2 %), mais comporte un mécanisme de taux réduits sur les pensions de retraite qui introduit une forme de progressivité de fait. La CRDS est à taux unique (0,5 %) sur toutes les assiettes.

Type de revenuCSG totaledont déductibledont non déductibleCRDSTotal CSG+CRDS
Revenus d'activité
Salaires (secteur privé & public)9,20 %6,80 %2,40 %0,50 %9,70 %
Revenus non salariés (TNS)9,20 %6,80 %2,40 %0,50 %9,70 %
Revenus de remplacement
Pensions retraite — taux normal8,30 %5,90 %2,40 %0,50 %8,80 %
Pensions retraite — taux médian6,60 %4,20 %2,40 %0,50 %7,10 %
Pensions retraite — taux réduit3,80 %3,80 %0,00 %0,50 %4,30 %
Pensions retraite — exonérées0,00 %0,00 %0,00 %
Allocations chômage6,20 %3,80 %2,40 %0,50 %6,70 %
Indemnités journalières (maladie, maternité)6,20 %3,80 %2,40 %0,50 %6,70 %
Pensions d'invalidité — taux normal8,30 %5,90 %2,40 %0,50 %8,80 %
Revenus du patrimoine & placements
Revenus fonciers, plus-values, dividendes9,20 %6,80 %2,40 %0,50 %9,70 %
+ Prélèvement de solidarité+ 7,50 %
Total prélèvements sociaux sur le capital17,20 %
Jeux
Française des Jeux (FDJ)6,20 %6,20 %0,50 %6,70 %
Casinos (gains > 1 500 €)13,70 %13,70 %0,50 %14,20 %

Seuils de RFR pour les retraités (2025, revenus 2023)

Taux de CSG appliqué1 part fiscale1,5 parts2 partsPopulation concernée
Exonéré (0 %)≤ 12 230 €≤ 15 495 €≤ 18 760 €~3,5 M de retraités (ASPA, petites retraites)
Taux réduit (3,8 %)12 231 – 15 988 €15 496 – 20 257 €18 761 – 24 525 €~3,2 M de retraités
Taux médian (6,6 %)15 989 – 24 813 €20 258 – 31 432 €24 526 – 38 051 €~4,8 M de retraités
Taux normal (8,3 %)> 24 813 €> 31 432 €> 38 051 €~5,5 M de retraités

Mécanisme de lissage : le passage au taux supérieur ne s'applique que si le RFR dépasse le seuil deux années consécutives, évitant les effets de seuil brutaux. Source : Service-public.fr, barème CSG retraite 2025.

4 bis. Comment se calcule la CSG ? Le mécanisme pas à pas & le circuit de collectePédagogie / URSSAF / DGFiP

La CSG est prélevée à la source depuis sa création en 1991 — bien avant le prélèvement à la source de l'IR (2019). C'est un impôt « invisible » : le cotisant ne le déclare pas, ne le calcule pas, il n'apparaît qu'en bas de bulletin de salaire ou sur l'avis de cotisation. Ce mode de collecte explique son coût de gestion remarquablement bas (0,28 % des recettes pour la part URSSAF).

Étape 1 — Identifier l'assiette et l'abattement applicable

Type de revenuAssiette bruteAbattementAssiette CSG retenueJustification
Salaires (privé & public)Salaire brut− 1,75 %= 98,25 % du brutAbattement forfaitaire « frais professionnels » (art. L. 136-2 CSS) — plafonné à 4× le PASS soit ~174 000 €/an
Revenus non salariés (TNS)Revenu professionnel net− 1,75 %= 98,25 % du netMême abattement — sans plafond pour les indépendants
Pensions de retraite / allocationsPension bruteAucun= 100 % du brutPas d'abattement pour frais pros — justification contestée par les syndicats de retraités
Revenus fonciersRevenu net imposableAucun= 100 % du net fiscalAssiette = revenu après déduction des charges (travaux, intérêts d'emprunt)
Plus-values mobilièresPlus-value netteAucun= 100 % de la PV nettePV = prix de cession − prix d'acquisition. Pas d'abattement pour durée de détention (supprimé en 2018 pour le PFU)
Intérêts & produits de placementsProduit brutAucun= 100 % du produit brutCollectée directement à la source par l'établissement financier

Étape 2 — Appliquer le taux et ventiler entre part déductible et part non déductible

Sur les revenus d'activité et de remplacement, la CSG se décompose en deux fractions aux régimes fiscaux distincts :

FractionTaux (activité)Régime fiscal
Part déductible6,80 %Déductible du revenu imposable à l'IR de l'année de versement (art. 154 quinquies CGI)
Part non déductible2,40 %Non déductible — constitue une imposition définitive sans contrepartie fiscale
Total CSG activité9,20 %+ CRDS 0,50 % = 9,70 % sur 98,25 % du brut

Sur les pensions au taux normal : 5,90 % déductible + 2,40 % non déductible = 8,30 %. Au taux réduit (3,80 %) : intégralement déductible (0 % non déductible).

Pourquoi une part déductible ? Lors de la création de la CSG en 1991, le gouvernement Rocard a choisi de rendre une fraction déductible de l'IR pour éviter que les hauts revenus ne cumulent IR + CSG sans déduction. Ce mécanisme crée un paradoxe : la CSG n'est pas un impôt « simple » — sa déductibilité partielle la lie à l'IR et complique toute tentative de fusion. Le CPO (2015) parle d'une « relation circulaire » entre IR et CSG.

Étape 3 — Exemple de calcul complet sur un salaire

📋 Exemple : salarié du secteur privé — salaire brut 3 000 €/mois

CalculMontantBase légale
Salaire brut mensuel3 000,00 €
Assiette CSG (98,25 % du brut)2 947,50 €Art. L. 136-2 CSS — abattement 1,75 %
CSG déductible (6,80 %)200,43 €Déduite du revenu imposable IR N
CSG non déductible (2,40 %)70,74 €Imposition définitive
Total CSG (9,20 %)271,17 €
CRDS (0,50 % × 2 947,50 €)14,74 €Art. 14 ord. 96-50 — 100 % CADES
Total CSG + CRDS285,91 €9,53 % du salaire brut (9,70 % × 98,25 %)
Gain fiscal IR : 200,43 € déductibles → économie d'IR = 200,43 € × TMI. Exemple TMI 30 % → économie 60 €/mois

Étape 4 — Exemple sur une pension de retraite (taux médian 6,6 %)

📋 Exemple : retraité taux médian — pension brute 1 800 €/mois (RFR ~21 600 €)

CalculMontantBase légale
Pension brute mensuelle1 800,00 €
Assiette CSG (100 % — pas d'abattement)1 800,00 €Pas d'abattement pour frais pro
CSG déductible (4,20 %)75,60 €
CSG non déductible (2,40 %)43,20 €
Total CSG (6,60 %)118,80 €
CRDS (0,50 %)9,00 €
Total CSG + CRDS (7,10 %)127,80 €Pension nette ≈ 1 672 €

Le circuit de collecte : qui collecte quoi, comment et quand ?

La collecte de la CSG est segmentée par type de revenu entre deux grands collecteurs : l'URSSAF (réseau des caisses de Sécurité sociale) pour les revenus d'activité et de remplacement, et la DGFiP pour les revenus du patrimoine et placements.

🔵 Collecteur 1 : URSSAF — 105,8 Md€ (67 % de la CSG)

Revenu collectéPériodicitéDéclaration support
Salaires secteur privéMensuel ou trimestrielDSN (Déclaration Sociale Nominative) — obligatoire depuis 2017
Agents publics (FPE, FPT, FPH)MensuelPrécompte sur traitement via Noémi (FPE) ou les CDG (FPT)
Indépendants / TNS (hors micro)Mensuel ou trimestriel (acomptes)DRI — Déclaration de Revenus des Indépendants (ex-DSI, supprimée en 2021) : formulaire 2042 + volet social sur impots.gouv.fr. La DGFiP transmet automatiquement les données à l'URSSAF qui calcule et collecte les cotisations.
Micro-entrepreneurs (auto-entrepreneurs)Mensuel ou trimestrielDéclaration du chiffre d'affaires directement sur autoentrepreneur.urssaf.fr — l'URSSAF calcule les cotisations et contributions (dont CSG) en appliquant un taux forfaitaire sur le CA déclaré
Allocations chômage (via France Travail)MensuelFrance Travail reverse la CSG à l'URSSAF — circuit « tiers collecteur »
IJ maladie / maternité (via CPAM)Au fil des versementsLa CPAM prélève la CSG avant le versement net
Pensions de retraite (via caisses)MensuelCNAV, AGIRC-ARRCO, MSA : précompte direct sur pension

La DSN (Déclaration Sociale Nominative) est le pivot : depuis 2017, toutes les entreprises transmettent mensuellement les données de paie à l'URSSAF, qui calcule et collecte la CSG en temps réel. C'est ce mécanisme qui fait de la CSG un prélèvement quasi-automatique.

🟢 Collecteur 2 : DGFiP — 22,0 Md€ (14 % de la CSG)

Revenu collectéPériodicitéDéclaration support
Revenus fonciers (loyers nets)Annuel ou acomptesDéclaration 2042-C : déclarés à l'IR, la CSG est calculée par la DGFiP
Plus-values immobilières (immo.)Au moment de la cessionLe notaire calcule et verse la CSG lors de l'acte — même temps que la taxe PVI
Plus-values mobilières (actions, etc.)Annuel (acomptes possibles)Déclaration 2074 ou via le PFU / flat tax — inclus dans la déclaration de revenus
Dividendes & intérêtsMensuel (prélèvement à la source)L'établissement financier prélève le PFU (12,8 % IR + 17,2 % PS) directement
Assurance-vie (rachats)Au moment du rachatL'assureur prélève la CSG avant le versement du rachat net
Revenus fonciers (prélèvement contemporain)Acomptes mensuels/trimestrielsDepuis 2019 : acomptes PAS intégrant IR + CSG déductible (estimation N−2)

Pour les revenus du patrimoine, la DGFiP collecte la CSG lors de la déclaration de revenus annuelle (mai-juin), parfois avec des acomptes provisionnels mensuels depuis la réforme du prélèvement à la source (2019). Le circuit est plus lent que pour l'activité.

Synthèse du circuit de collecte — flux annuel 2025

CircuitCollecteurMontant 2025% CSG totaleDélai moyen collecte → reversementRisque de fraude
Salaires (DSN mensuelle)URSSAF~73,6 Md€46,8 %< 30 joursQuasi nul (contrôle employeur)
Revenus remplacementURSSAF (via caisses)~28,6 Md€18,2 %< 30 joursTrès faible (précompte)
FP (agents publics)Noémi / CDG / DGFIP~23,5 Md€15,0 %< 30 joursNul (circuit Trésor)
TNS / Indépendants (hors micro)DGFiP → URSSAF~6,6 Md€4,2 %30-90 joursModéré (sous-déclaration revenu)
Micro-entrepreneursURSSAF (direct)~2,0 Md€1,3 %< 30 joursFaible (taux forfaitaire sur CA)
Patrimoine / placements / PVDGFiP / établissements financiers~22,0 Md€14,0 %6-18 mois (cycle déclaratif)Faible à modéré (exil capital)
JeuxFDJ / casinos → URSSAF~0,8 Md€0,5 %< 30 joursTrès faible
TOTAL CSGURSSAF + DGFiP157,2 Md€100 %~30 j (moy. pondérée)< 1 Md€ de fraude
Le rôle clé de la DSN (Déclaration Sociale Nominative). Depuis sa généralisation en 2017, la DSN est le socle technique de la collecte de la CSG sur les revenus d'activité. Chaque mois, les 2,5 millions d'employeurs français transmettent à l'URSSAF une déclaration nominative par salarié : salaire brut, cotisations, CSG, CRDS. L'URSSAF calcule, contrôle et reverse automatiquement aux organismes affectataires (CNAM, CNAF, FSV, CNSA, CADES). Ce circuit représente 86 % des recettes CSG et génère un coût de gestion de seulement 0,28 % — le plus bas de tous les grands prélèvements. C'est l'infrastructure invisible qui fait de la CSG le prélèvement le plus efficient de France.
La CSG sur le patrimoine : le maillon moins efficient. Les 21,5 Md€ de CSG sur les revenus du patrimoine et placements passent par un circuit plus long et plus complexe : déclaration de revenus annuelle, acomptes provisionnels, contrôle a posteriori. Le délai moyen entre la perception du revenu et le versement de la CSG peut atteindre 18 mois pour les revenus fonciers (revenus 2024 déclarés en mai 2025, mis en recouvrement en septembre 2025). C'est la composante la plus vulnérable à l'optimisation et à l'exil fiscal — notamment pour les plus-values sur valeurs mobilières et les dividendes des non-résidents.

5. Affectation de la CSG : qui reçoit quoi ?LFSS 2025 / DSS

La CSG est affectée à cinq organismes de protection sociale. La répartition est modifiée chaque année par la LFSS (Loi de Financement de la Sécurité Sociale). Depuis la loi du 7 août 2020 (dette sociale et autonomie), la CNSA bénéficie d'une quote-part croissante.

Affectation détaillée de la CSG sur les revenus d'activité (9,2 pts)

Organisme affectatairePoints de CSGMontant estimé 2025% de la CSGMission
CNAM (assurance maladie)4,85 pts~86,6 Md€55,1 %Financement des dépenses de santé (ONDAM)
CNAF (allocations familiales)0,95 pt~17,0 Md€10,8 %Prestations familiales, petite enfance
FSV (solidarité vieillesse)1,08 pt~19,3 Md€12,3 %Minimum vieillesse (ASPA), validation gratuite de trimestres
CADES (dette sociale)0,45 pt~8,1 Md€5,1 %Amortissement de la dette sociale (122 Md€ restants fin 2025)
CNSA (autonomie)1,87 pt~26,0 Md€16,6 %Perte d'autonomie, dépendance, handicap
TOTAL9,20 pts~157,0 Md€100 %

Note : l'affectation varie légèrement selon le type de revenu (activité vs remplacement). Le tableau ci-dessus présente la ventilation sur les revenus d'activité. Pour les pensions : CNAM 0,18 pt, CNAF 0,95 pt, FSV 2,94 pts, CADES 0,45 pt, CNSA 2,08 pts (total 6,6 pts au taux médian). Source : CFDT Retraités / DSS.

CNAM 55 %
CNSA 17 %
FSV 12 %
CNAF 11 %
CADES 5 %

La CRDS : affectation intégrale à la CADES

La CRDS (0,5 % sur l'ensemble des revenus) est intégralement affectée à la CADES pour amortir la dette sociale. En 2025, la CADES a amorti 16,5 Md€ de dette (vs 16,0 Md€ en 2024). Le stock de dette restant est de 122 Md€ sur un total transféré de 396,5 Md€ depuis la création de la CADES en 1996. L'extinction est prévue pour 2033.

Enjeu post-2033. Lorsque la CADES aura remboursé l'intégralité de sa dette (horizon 2033), les 0,5 % de CRDS + 0,45 pt de CSG affectés à la CADES seront « libérés ». Cela représente ~17 Md€/an de marge de manœuvre budgétaire. La bataille politique sera intense : affectation à la dépendance (CNSA) ? Baisse de prélèvements ? Nouveau transfert de dette ?

6. La CSG comme quasi-impôt progressif : exonérations et taux réduitsAnalyse

La CSG est formellement un prélèvement proportionnel (taux fixe), ce qui la distingue de l'IR (barème progressif). Pourtant, le système de taux réduits pour les petites retraites et l'exonération des minima sociaux introduisent une forme de progressivité « par le bas ».

Qui est exonéré de CSG ?

Progressivité de fait : simulation sur les pensions

Pension brute mensuelleRFR annuel approx.Taux CSGCSG mensuelleTaux effectif CSG+CRDS
900 €/mois (ASPA)~10 800 €0 %0 €0 %
1 200 €/mois~14 400 €3,8 %45,60 €4,3 %
1 600 €/mois~19 200 €6,6 %105,60 €7,1 %
2 500 €/mois~30 000 €8,3 %207,50 €8,8 %
4 000 €/mois~48 000 €8,3 %332,00 €8,8 %
Le paradoxe de la CSG. Sur les revenus d'activité, la CSG est strictement proportionnelle (9,2 % pour tous, du SMIC au PDG). Sur les pensions, elle devient quasi-progressive « par le bas » grâce aux exonérations et taux réduits. Mais au-delà du seuil de 24 813 € de RFR (pour 1 part), le taux est plafonné à 8,3 % — la CSG ne taxe donc pas davantage les hauts revenus de remplacement. C'est cette caractéristique qui alimente le débat sur la fusion avec l'IR.

7. CSG vs cotisations sociales : la bascule historiqueFIPECO / ACOSS

Depuis 1991, la France opère une bascule progressive des cotisations sociales vers la CSG. L'objectif : élargir l'assiette de financement de la protection sociale au-delà des seuls revenus d'activité (pour toucher le patrimoine et les retraites) et réduire le « coût du travail ».

IndicateurCSG (2025)Cotisations patronalesCotisations salariales
Montant total157 Md€~320 Md€~108 Md€
% du PIB5,3 %11,0 %3,7 %
AssietteTous revenusMasse salarialeSalaire brut
ProgressivitéProportionnelle (+ taux réduits retraités)Dégressives (allègements bas salaires)Proportionnelles (plafonnées pour certaines)
Déductibilité IRPartiellement (6,8 pts sur 9,2)Oui (intégralement)Oui (intégralement)
Ouvre des droits ?NonOui (retraite, chômage)Oui (retraite, chômage)
La distinction fondamentale. Les cotisations sociales ouvrent des droits (pension, indemnités chômage). La CSG n'ouvre aucun droit : c'est un impôt d'affectation. Le Conseil constitutionnel l'a confirmé en 2000 (décision n° 2000-437 DC) : la CSG est une « imposition de toute nature », pas une cotisation. C'est cette nature juridique qui permet de l'étendre aux revenus du patrimoine et des retraités — ce que les cotisations ne peuvent pas faire.

Évolution de la structure de financement (1990 → 2024)

Source de financement1990200020102024Évolution
Cotisations sociales78 %65 %58 %54 %-24 pts
CSG + CRDS0 %18 %20 %22 %+22 pts
Autres impôts affectés (TVA, taxes tabac, etc.)9 %8 %12 %14 %+5 pts
Transferts État + autres13 %9 %10 %10 %-3 pts

8. Le débat fusion IR/CSG : un serpent de mer fiscalCPO 2015 / Cour des Comptes / Institut Montaigne

Depuis les années 2000, l'idée de fusionner l'IR et la CSG en un impôt unique sur le revenu, prélevé à la source, large et progressif, revient régulièrement dans le débat public. François Hollande en avait fait une promesse de campagne en 2012 (abandonnée). Le Conseil des Prélèvements Obligatoires (CPO) a rendu un rapport de référence en février 2015.

Arguments en faveur de la fusion

Obstacles identifiés (rapport CPO 2015)

Positions des acteurs

Acteur / InstitutionPositionArgument principal
CPO (2015)Fusion possible mais prématuréePréfère une « complémentarité articulée » IR/CSG
Cour des Comptes (2015)Rénovation de l'IR prioritaireÉlargir la base de l'IR avant d'envisager la fusion
IFRAPContre la fusion tant que les revenus sociaux ne sont pas imposablesRisque de hausse massive des prélèvements
Institut MontaigneSceptique — « fausse bonne idée »Complexité technique sous-estimée
France StratégieFusion à long terme souhaitableSimplification du système fiscal
Syndicats (CGT, CFDT)Vigilance sur la progressivitéNe pas remplacer la CSG proportionnelle par un impôt régressif de fait

9. Pistes de réforme et levier budgétaireProspective

La CSG est le levier fiscal le plus puissant du système français : 1 point de CSG = 17,8 Md€. Face aux déficits sociaux persistants (-15,8 Md€ pour la Sécu en 2025), plusieurs pistes de réforme sont sur la table.

Piste de réformeRendement estiméDétailFaisabilité politique
Hausse de 0,5 pt sur tous les revenus+8,8 Md€Comblerait la moitié du déficit Sécu 2024Moyen (impopulaire mais techniquement simple)
Hausse ciblée sur le capital (+1,4 pt)+3,0 Md€Voté dans la LFSS 2026 (9,2 → 10,6 % patrimoine/placements)Faible (déjà voté)
Suppression de l'abattement de 1,75 % sur les salaires+2,8 Md€Élargir l'assiette CSG activité de 98,25 % à 100 % du brutMoyen
Alignement taux retraités sur taux activité (8,3 → 9,2 %)+2,4 Md€Fin de l'avantage CSG des retraités au taux normalÉlevé (pouvoir d'achat retraités)
CSG progressive sur hauts revenus (> 5 PASS)+3 à 5 Md€Taux majoré à 12 % au-delà de ~230 000 €/anTrès élevé (constitutionnalité incertaine)
Réduction des exonérations retraités (resserrement seuils)+1 à 2 Md€Abaisser les seuils de RFR pour les taux réduitsÉlevé
Prolongation CRDS post-2033~17 Md€ (existant)Maintenir la CRDS après extinction de la dette CADESMoyen (tentation forte)
La vraie question post-2033. L'extinction programmée de la CADES en 2033 libérera ~17 Md€/an (CRDS + quote-part CSG). Trois scénarios : (1) transfert intégral à la CNSA pour financer la dépendance (5e risque), (2) baisse de prélèvements (-0,95 pt de CSG), (3) nouveau transfert de dette si les déficits sociaux persistent. Le rapport du HCFP de mars 2025 alerte : sans réforme structurelle, la dette sociale accumulée 2024-2033 pourrait atteindre 120 Md€ supplémentaires.
Le risque de la « trappe à CSG ». Depuis 1991, chaque crise budgétaire s'est traduite par une hausse de CSG (1993, 1997, 1998, 2018, 2026). Le taux sur les revenus d'activité est passé de 1,1 % à 9,2 % en 27 ans. Avec les prélèvements sociaux totaux sur le capital à 17,2 % (bientôt 18,6 % en 2026), la France a atteint un niveau de prélèvement sur le capital parmi les plus élevés de l'OCDE. Toute hausse supplémentaire risque de renforcer l'optimisation fiscale et l'exil du capital.

10. Analyse en valeur : CSG+CRDS en euros courants et constants (2010-2025)INSEE / CCSS 2025

Pour mesurer la dynamique réelle de la CSG+CRDS, il faut corriger l'effet de l'inflation. En euros constants (base 2024), la hausse est de +46 % en 15 ans contre +76 % en euros courants. Le saut de 2018 (+1,7 pt) représente la quasi-totalité de la progression réelle post-2015.

AnnéeCSG+CRDS courants (Md€)Déflateur PIB (base 2024=100)CSG+CRDS constants 2024 (Md€)Croissance réelle
201094,585,4110,7
201197,286,3112,6+1,7 %
201298,687,5112,7+0,1 %
201399,988,3113,1+0,4 %
2014102,288,9114,9+1,6 %
2015104,789,8116,6+1,5 %
2016107,690,3119,2+2,2 %
2017110,691,0121,5+1,9 %
2018132,091,9143,6+18,2 %
2019136,293,0146,5+2,0 %
2020131,395,0138,2−5,7 %
2021137,596,2142,9+3,4 %
2022150,098,0153,1+7,1 %
2023156,299,3157,3+2,7 %
2024162,2100,0162,2+3,1 %
2025165,9101,8163,0+0,5 %
Lecture. En euros constants 2024, les recettes CSG+CRDS sont passées de 110,7 Md€ (2010) à 163,0 Md€ (2025, soit 165,9 Md€ courants), soit +47 % de hausse réelle. Hors effet de la hausse de 2018 (+1,7 pt), la progression organique est d'environ +2 % par an en volume, tirée par la croissance de la masse salariale et des revenus du patrimoine. Le creux de 2020 (−5,7 % réel) correspond à la chute du PIB liée au Covid-19. Sources : CCSS, INSEE comptes nationaux, déflateur PIB base 2024.

11. Analyse de mix : CSG par assiette, CRDS séparée, par branche bénéficiaireACOSS / DSS 2025

La CSG est un prélèvement multi-assiettes (activité, remplacement, capital, jeux) tandis que la CRDS est un prélèvement mono-taux (0,5 %) intégralement fléché vers la CADES. Cette section décompose le mix des deux contributions.

Mix CSG par assiette — évolution 2015 vs 2024

Assiette CSG2015 (Md€)% 20152025 (Md€)% 2025Évolution
Activité salariée57,058,5 %97,161,8 %+70,4 %
Activité non salariée5,55,6 %8,75,5 %+58,2 %
Revenus de remplacement17,518,0 %28,618,2 %+63,4 %
Patrimoine10,010,3 %12,37,8 %+23,0 %
Placements6,87,0 %9,76,2 %+42,6 %
Jeux0,70,7 %0,80,5 %+14,3 %
Total CSG97,5100 %157,2100 %+61,2 %

CRDS : décomposition 2025

Composante CRDSMontant 2025 (Md€)% du totalObservation
CRDS sur revenus d'activité~5,661,8 %Taux unique 0,5 %, même assiette que CSG activité
CRDS sur revenus de remplacement~1,618,0 %Exonérée si RFR < seuil (même barème CSG)
CRDS sur patrimoine + placements~1,819,1 %Intégrée aux 17,2 % de prélèvements sociaux capital
CRDS sur jeux~0,11,1 %Taux 0,5 % sur gains
Total CRDS~9,1100 %100 % affecté à la CADES

Affectation CSG par branche bénéficiaire — évolution 2018 vs 2025

Tendance structurelle. La part de la CNSA (autonomie/dépendance) a bondi de 4 % en 2018 à 17 % en 2025, reflétant la montée du « 5e risque ». La CNAM (maladie) reste le premier bénéficiaire mais voit sa part baisser de 62 % à 55 %. Le FSV (solidarité vieillesse) est passé de 18 % à 12 %, conséquence d'une réaffectation vers la CNSA. Sources : DSS, LFSS 2018-2025.

12. Distribution démographique et sociologique : la CSG est-elle vraiment proportionnelle ?IPP / IFRAP / INSEE

La CSG est formellement proportionnelle sur les revenus d'activité (9,2 % pour tous), mais son impact effectif varie considérablement selon le décile de revenu, l'âge, la CSP et le type de revenu, notamment via les exonérations et taux réduits sur les pensions.

Contribution CSG+CRDS par décile de revenu

Décile de revenu% de la CSG+CRDS payée% du revenu totalTaux effectif moyen CSGCommentaire
D1 (10 % les plus modestes)~0,5 %2,5 %~1,6 %Exonérés ou taux réduit (minima sociaux, ASPA)
D2~2,0 %4,0 %~4,1 %Petites retraites, temps partiel
D3~3,5 %5,2 %~5,5 %Taux réduit/médian retraite
D4~5,0 %6,2 %~6,6 %Transition vers taux normal
D5~6,5 %7,3 %~7,3 %Revenu médian
D6~8,0 %8,5 %~7,7 %Quasi-proportionnel
D7~10,0 %10,0 %~8,2 %Proportionnel
D8~12,5 %12,2 %~8,4 %Proportionnel + capital
D9~18,0 %15,8 %~9,3 %Revenus du capital taxés à 9,2 %
D10 (10 % les plus aisés)~34,0 %28,3 %~9,8 %Concentration forte mais moins que l'IR (70 %)

CSG par tranche d'âge : actifs vs retraités

Tranche d'âgeCSG payée (Md€)% du totalTaux moyen effectif
18-29 ans~14,59,4 %9,2 %
30-49 ans~55,035,8 %9,2 %
50-61 ans~40,026,0 %9,2 %
62-74 ans (jeunes retraités)~28,018,2 %~7,1 %
75+ ans~16,310,6 %~5,8 %
Total~157,2100 %~8,1 %

Impact des exonérations/taux réduits sur les retraités

Taux CSG retraiteNb de retraités% des retraitésCSG payée (Md€)Manque à gagner vs taux plein
Exonérés (0 %)~3,5 M20,6 %0~3,8 Md€
Taux réduit (3,8 %)~3,2 M18,8 %~2,2~2,8 Md€
Taux médian (6,6 %)~4,8 M28,2 %~6,5~1,7 Md€
Taux normal (8,3 %)~5,5 M32,4 %~13,30
Total retraités~17,0 M100 %~22,0~8,3 Md€
La CSG n'est PAS vraiment proportionnelle. Trois mécanismes créent une progressivité de fait : (1) les exonérations et taux réduits sur les pensions épargnent 6,7 millions de retraités modestes pour un « coût » de 8,3 Md€/an ; (2) l'abattement de 1,75 % sur les salaires allège la charge pour tous les actifs ; (3) la CSG sur le capital (patrimoine + placements) frappe davantage les hauts revenus qui concentrent les revenus financiers. L'IFRAP estime que le D10 paie ~34 % de la CSG+CRDS totale, contre 70 % de l'IR. La CSG est donc faiblement progressive — bien moins que l'IR, mais bien plus que la TVA (régressive). Source : IFRAP, IPP (modèle TAXIPP), FIPECO.

13. Efficacité de la CSG : coût de collecte, fraude et comparaison internationaleURSSAF / DGFiP / CPO

La CSG est souvent qualifiée de « meilleur impôt français » par les économistes. Son assiette très large, son prélèvement à la source intégral depuis 1991, et sa simplicité (peu de niches, peu de contentieux) en font un prélèvement remarquablement efficient.

Coût de collecte comparé

PrélèvementCollecteurCoût de gestion (% des recettes)Rendement brut 2025Commentaire
CSG (activité)URSSAF0,28 %105,8 Md€Collectée « en passant » avec les cotisations — coût marginal quasi nul
CSG (patrimoine)DGFiP0,65 %22,0 Md€Via la déclaration de revenus — coût mutualisé avec l'IR
Cotisations socialesURSSAF0,30 %~428 Md€Coût de gestion URSSAF : ~1,4 Md€ pour 480 Md€ collectés
Impôt sur le revenuDGFiP1,10 %~95 Md€190 niches, barème progressif, contentieux élevé
TVADGFiP0,85 %~209 Md€3 taux, remboursements de crédit, fraude carrousel
ISDGFiP1,40 %~72 Md€Optimisation internationale, prix de transfert

Fraude et évasion : l'avantage de l'assiette large

IndicateurCSGCotisations socialesIRTVA
Taux de recouvrement spontané99,4 %98,8 %97,5 %96,0 %
Fraude estimée (Md€/an)< 1 Md€8,9 – 11,3 Md€~12 Md€~15 – 20 Md€
Fraude en % des recettes< 0,6 %2,1 – 2,6 %~13 %~8 – 10 %
Contentieux annuelsTrès faibleModéréÉlevé (niches)Élevé (carrousel)
Pourquoi la CSG est si efficace. Quatre facteurs : (1) Prélèvement à la source depuis 1991 — le contribuable ne peut pas « oublier » de payer ; (2) Assiette large et simple — peu de niches, peu d'optimisation possible ; (3) Collecte mutualisée — l'URSSAF collecte la CSG en même temps que les cotisations, le coût marginal est quasi nul (~0,28 % des recettes) ; (4) Taux unique par assiette — pas de barème complexe, pas de contentieux sur les tranches. Le CPO (2015) et la Cour des Comptes considèrent la CSG comme le prélèvement le plus efficient du système fiscal français. Sources : CPO rapport 2015, IFRAP, URSSAF rapport d'activité, évaluation.securite-sociale.fr.

14. Élasticité au PIB : la CSG+CRDS comme stabilisateur automatiqueHCFP / FIPECO

L'élasticité d'un prélèvement au PIB mesure sa sensibilité à la conjoncture. Une élasticité de 1 signifie que les recettes évoluent proportionnellement au PIB. La CSG, assise majoritairement sur la masse salariale, a une élasticité proche de 1 — plus stable que l'IR (élasticité ~2) mais légèrement plus volatile que les cotisations.

AnnéeCroissance PIB nominalCroissance masse salariale privéeCroissance CSG+CRDSÉlasticité CSG/PIB
2011+3,4 %+3,6 %+2,9 %0,85
2012+1,8 %+1,9 %+1,4 %0,78
2013+1,5 %+1,2 %+1,3 %0,87
2014+1,4 %+1,5 %+2,3 %1,64
2015+2,2 %+1,8 %+2,4 %1,09
2016+1,8 %+2,3 %+2,8 %1,56
2017+2,8 %+3,2 %+2,8 %1,00
2018*+2,6 %+3,5 %+19,4 %n/a (hausse taux)
2019+3,2 %+3,1 %+3,2 %1,00
2020−6,8 %−5,7 %−3,6 %0,53
2021+8,5 %+8,2 %+4,7 %0,55
2022+5,5 %+8,7 %+9,1 %1,65
2023+4,0 %+5,7 %+4,5 %1,13
2024+3,0 %+3,3 %+3,8 %1,27
2025+2,4 %+1,9 %+2,2 %0,92
Moyenne 2011-2024 (hors 2018)~1,07
Élasticité proche de l'unité. Sur la période 2011-2024 (hors hausse de taux 2018), l'élasticité moyenne de la CSG+CRDS au PIB nominal est de ~1,07, confirmant l'analyse du HCFP (note méthodologique 2023-1). Cela signifie que la CSG+CRDS évolue quasi-proportionnellement à la richesse nationale. En phase de récession (2020), la CSG a baissé moins que le PIB (élasticité 0,53) grâce au maintien des pensions et à l'activité partielle — un effet stabilisateur automatique bienvenu. En phase de reprise (2022), elle a bondi plus vite que le PIB (élasticité 1,65) grâce à la hausse des salaires et des revenus du capital. Sources : HCFP, FIPECO, INSEE, ACOSS.

15. Conclusions : la CSG, meilleur impôt de France ?Synthèse

En croisant les dimensions d'efficacité, d'équité, de stabilité et de rendement, la CSG se distingue comme un prélèvement remarquablement performant dans le paysage fiscal français — mais pas sans limites.

Tableau de synthèse

CritèreNote /10AnalyseCe qu'en disent les institutions
Rendement10/10157 Md€ — 1 pt = 17,8 Md€. Plus productif que l'IR (3× le rendement par point).FIPECO : « recette la plus dynamique du système français »
Efficacité de collecte9,5/10Coût de collecte 0,28-0,65 %. Taux de recouvrement spontané 99,4 %. Fraude < 1 Md€.CPO (2015) : « prélèvement le plus efficient du système fiscal »
Stabilité/prévisibilité8,5/10Élasticité ~1,07. Effet stabilisateur en récession (pensions maintenues).HCFP : « élasticité la plus stable des grands prélèvements »
Simplicité8/10Taux quasi-unique, pas de niches, peu de contentieux. Complexité modérée sur les retraites (4 taux).Cour des Comptes : « mécanisme lisible et opérationnel »
Équité verticale6,5/10Faiblement progressive « par le bas » (exonérations retraités). Proportionnelle au-delà. Le D10 paie 34 % du total.IPP : « progressivité limitée par rapport à l'IR »
Équité horizontale6/10L'abattement de 1,75 % bénéficie aux actifs mais pas aux retraités. Taux différents par type de revenu de remplacement.IFRAP : « inégalité de traitement actifs/retraités »
Acceptabilité politique5/10Hausse de 2018 → Gilets jaunes. Toute hausse est politiquement risquée. Perception d'« impôt invisible ».France Stratégie : « usure politique du levier CSG »

Ce qu'en disent le CPO, FIPECO et la Cour des Comptes

CPO (2015) : La CSG est une « contribution bien conçue » dont l'assiette large et le prélèvement à la source en font un instrument fiscal de premier rang. Mais la fusion avec l'IR reste « prématurée » tant que la familialisation et les niches fiscales n'auront pas été traitées.
FIPECO (F. Ecalle) : La CSG est le prélèvement le plus « rentable » du système français — son rendement par point (17,8 Md€) est inégalé. Son principal défaut est de ne pas ouvrir de droits, ce qui fragilise le lien contributif de la protection sociale.
Cour des Comptes (2025) : La trajectoire des déficits sociaux est « non soutenable ». La tentation de hausses répétées de CSG risque de transformer un impôt efficient en un « puits sans fond ». Recommandation : maîtriser les dépenses avant de mobiliser le levier CSG.

L'enjeu post-CADES 2033 : 17 Md€ en jeu

L'extinction programmée de la CADES en 2033 libérera ~17 Md€/an (CRDS 0,5 % + CSG CADES 0,45 pt). Trois scénarios se dessinent :

Scénario post-2033MontantProbabilitéConséquence
Scénario 1 : Affectation intégrale à la CNSA17 Md€/anMoyen-élevéFinance la dépendance (5e risque). Couvre ~60 % des besoins projetés 2035.
Scénario 2 : Baisse de prélèvements−0,95 pt de CSGFaibleGain pouvoir d'achat. Peu probable vu les déficits (-15,8 Md€ Sécu 2025).
Scénario 3 : Nouvelle reprise de dette17 Md€/anÉlevéProlongation CADES post-2033 pour absorber les déficits cumulés 2024-2033 (~120 Md€). La Cour des Comptes anticipe ce scénario.
Le verdict. La CSG est l'impôt le plus efficient de France sur les critères de rendement, coût de collecte et stabilité. Mais elle n'est ni le plus juste (l'IR est plus redistributif), ni le plus populaire (hausse de 2018 → Gilets jaunes). Son principal risque : devenir une « variable d'ajustement permanente » des déficits sociaux, ce que la Cour des Comptes qualifie de trajectoire « non soutenable ». L'enjeu post-2033 (17 Md€ libérés par la CADES) sera le prochain grand arbitrage budgétaire — et la Cour anticipe, de manière lucide, que la tentation d'une nouvelle reprise de dette l'emportera sur la baisse de prélèvements.
Sources et références

Données de cadrage :
• DSS — Chiffres clés de la Sécurité sociale 2025 (édition 2025) — montants CSG brute, affectation par branche
• ACOSS/URSSAF — La CSG-CRDS — assiettes, taux, modalités de collecte
• INSEE — Comptes des administrations publiques 2025 (Insee Première n°2106, mai 2026, via data.gouv), PIB et prélèvements obligatoires (43,6 % du PIB en 2025 p) — CSG 156,6 Md€, CRDS 9,3 Md€ en comptabilité nationale

Taux et seuils :
• Service-public.fr — CSG et CRDS sur les revenus d'activité et de remplacement
• CFDT Retraités — Taux et affectation de la CSG en 2024
• Capretraite — CSG retraite 2024 : exonération

CADES et dette sociale :
• CADES — 16 milliards d'euros de dette sociale amortis en 2024 (communiqué avril 2025)
• CADES — Présentation des ressources

Analyse et débat fusion IR/CSG :
• CPO / Cour des Comptes — Impôt sur le revenu, CSG : quelles réformes ? (rapport CPO, février 2015)
• IFRAP — Fusion IR/CSG : non, tant que les revenus sociaux ne sont pas imposables
• Institut Montaigne — Fusion IR/CSG : une fausse bonne idée ?

Évolution historique :
• FIPECO — L'impôt sur le revenu et la CSG (F. Ecalle)
• FIPECO — Les cotisations sociales
• Cerfrance — Zoom sur l'évolution de la CSG

Comptes Sécu 2024 :
• Ministère des Solidarités — Le solde des comptes de la Sécurité sociale s'établit à -15,3 Md€ en 2024
• CCSS — Rapport CCSS octobre 2024
• Evaluation.securite-sociale.fr — Recettes des quatre branches par nature

LFSS 2026 :
• Mon Petit Placement — Hausse de la CSG en 2026 : quels placements sont concernés ?

Sections 10-15 (enrichissement mai 2026) :
• HCFP — Note méthodologique : élasticité des prélèvements obligatoires au PIB (2023)
• FIPECO — L'impact de la croissance sur le déficit public — élasticité CSG ~1,0
• FIPECO — La progressivité des prélèvements obligatoires — D10 paie 75 % de l'IR et ~34 % de la CSG
• FIPECO — La prévision des recettes publiques
• IFRAP — Les 10 % les plus aisés paient 50 % de l'addition IR+CSG+TH
• IFRAP — IR/CSG : progressivité versus proportionnalité
• IFRAP — Fraude aux cotisations sociales : estimation à 10 Md€
• IPP — Fiscalité et redistribution en France, 1997-2012 (modèle TAXIPP)
• Évaluation Sécu — Réduire le coût du recouvrement des prélèvements sociaux
• Évaluation Sécu — Évolution de la masse salariale et recettes du régime général
• Sénat — Projet de loi d'approbation des comptes de la sécurité sociale 2024
• The Conversation — Financement de la santé : la CADES en route vers l'éternité
• INSEE — Les comptes de la Nation en 2024 — PIB 2025 : 2 991 Md€, déflateur PIB
• ACOSS/URSSAF — Masse salariale secteur privé 2025 : 740 Md€ (+1,9 %)

Dernière mise à jour : août 2026 (millésime Comptes des APU 2025, Insee mai 2026, via data.gouv). Données 2025 provisoires (CCSS, DSS édition 2026, INSEE comptes nationaux mai 2026). Les montants par assiette sont des estimations basées sur les proportions connues ACOSS/URSSAF rapportées au total CSG brute de 157,2 Md€. Les déflateurs PIB sont calculés à partir des comptes nationaux INSEE (base 2024=100). Les données par décile sont des estimations croisées IPP/IFRAP/FIPECO.

D5CSG et CRDS (dans les impôts sur le revenu et le patrimoine) — historique et perspective

Bloc normalisé, identique sur toutes les fiches de composante du site : même intitulé comptable, même profondeur d'historique, mêmes contrôles. Montants en milliards d'euros courants.

Historique 2016-2025 — comptabilité nationale
Md€2016201720182019202020212022202320242025
D5 · Impôts sur le revenu et le patrimoine (agrégat)278,6293,9311,5318,2306,2324,1358,9357,2365,7389,9
en % des recettes publiques23,323,624,524,725,024,425,224,524,325,0

⚠ La série ci-dessus est celle de D5 · Impôts sur le revenu et le patrimoine (agrégat), l'agrégat auquel appartient cette recette — pas celle de CSG + CRDS. L'Insee ne publie pas de série longue par impôt en comptabilité nationale : le détail vérifié de CSG + CRDS figure dans le tableau ci-dessous, sur les seuls millésimes disponibles.

+111,3 Md€2016 → 2025
+39,9 %variation sur 10 ans
+3,8 %par an en moyenne
23,3 → 25,0 %poids des recettes publiques
Lecture

En dix ans, l'agrégat D5 auquel appartient cette recette a augmenté de 111,3 Md€ (+39,9 %), soit +3,8 % par an en moyenne. Son poids dans l'ensemble des recettes publiques est passé de 23,3 % en 2016 à 25,0 % en 2025 (+1,7 point). Le maximum de la période est atteint en 2025 (389,9 Md€), le minimum en 2016 (278,6 Md€).

Détail vérifié pour cette recette — CSG + CRDS
20232024 (sd)2025 (p)
Md€ — tableau Insee « Impôts et cotisations sociales 1995-2025 » 156,2162,2165,9
Perspective d'évolution

La CSG est la recette la plus régulière du système : +2,3 % en 2025 après +3,8 % en 2024, sans à-coup depuis dix ans. Assise sur une base très large — revenus d'activité, de remplacement et du capital — et à taux proportionnel, elle suit la masse salariale. C'est pour cette raison qu'elle revient dans tous les scénarios de bascule cotisations/CSG : son rendement est prévisible.

Cadrage d'ensemble — OFCE, prévisions d'avril 2026 : déficit public −5,1 % du PIB en 2025, −4,8 % en 2026, −4,4 % en 2027 ; dette 115,6 % → 118,3 % → 119,8 % du PIB. La loi de finances pour 2026 porte l'effort sur la sécurité sociale (≈ 4 Md€) et les collectivités (≈ 3 Md€), avec une hausse du budget de la défense (+0,2 point de PIB).

Sources. Historique : Insee, jeu de données « Comptes des administrations publiques » publié sur data.gouv.fr (API Melodi DD_CNA_APU, millésime des comptes 2025 provisoires — contrôle de cohérence : capacité de financement B9 = −152,5 Md€). Pour les opérations que l'Insee ne diffuse pas en version consolidée sur ce jeu (D7, D9, D91), la source est Eurostat, table gov_10a_main (base 2020, secteur S13), qui publie la même comptabilité nationale transmise par l'Insee au titre du règlement européen. Détail par impôt : Insee, tableau Impôts et cotisations sociales 1995-2025. Perspective : OFCE, prévisions d'avril 2026 ; COR, rapport de juin 2025 ; OFGL, rapport 2025 ; loi de finances pour 2026. 2025 = provisoire (p), 2024 = semi-définitif (sd). Référentiel comptable, sources et méthode →