🇫🇷 Finances Publiques
🏛️ Finances locales
SEC 2010 · D1 + P2 + autres

Dépenses de fonctionnement des administrations publiques — 545,8 Md€ (2025)

Ce que coûte le fonctionnement quotidien de la sphère publique : les rémunérations, les achats, et les charges diverses — 545,8 Md€, soit près d'un tiers de la dépense publique.
📅 Millésime 2025 provisoire (p) 🏛 Insee · Eurostat gov_10a_main 📊 Ligne du tableau emplois-ressources 🔄 12 août 2026
545,8 Md€D1 + P2 + autres en 2025
31,1 %des dépenses publiques
+129,1 Md€depuis 2016
+3,1 %par an en moyenne

1 · Définition comptable

Ce regroupement du tableau emplois-ressources réunit les rémunérations des salariés (D1), les consommations intermédiaires (P2) — achats de biens et services consommés dans la production de services publics — et un ensemble d'autres charges de fonctionnement (impôts versés par les administrations, charges diverses). Il exclut les prestations sociales, les transferts, les intérêts et l'investissement.

2 · Granularité — de quoi ce poste est-il fait ?

Composante20232024 (sd)2025 (p)Statut
D1 — rémunérations des salariés346,3363,0370,0[CN]
P2 — consommations intermédiaires (convention Insee hors Sifim)157,5162,4163,5[CN]
Autres charges de fonctionnement11,411,912,3[CN, résidu]
Total — dépenses de fonctionnement515,2537,3545,8[CN]
Contrôle arithmétique — 370,0 + 163,5 + 12,3 = 545,8

3 · Lecture de l'évolution

Le fonctionnement représente 32,0 % de la dépense publique en 2025, contre 31,6 % en 2016 : la part est remarquablement stable, alors même que le montant a progressé de 129 Md€. La composition, elle, a bougé : P2 a crû plus vite que D1 pendant le choc inflationniste de 2021-2023 (+31 Md€ en trois ans), avant de se stabiliser presque complètement en 2025 (+0,6 Md€). Les rémunérations, elles, continuent d'avancer de 7 Md€ par an.

4 · Perspective

C'est le bloc sur lequel portent le plus directement les revues de dépenses, parce que les achats se renégocient à court terme, contrairement aux prestations. Mais l'essentiel de la masse est constitué des rémunérations, beaucoup plus rigides. La loi de finances 2026 concentre l'effort sur les collectivités (≈ 3 Md€, OFCE), premier employeur public de proximité, tout en relevant le budget de la défense.

5 · Fiches liées

→ Remuneration agents publics 2025 → P2 consommations intermediaires 2025 → autres-fonctionnement 📊 Tableau emplois-ressources 📐 Référentiel, sources et méthode
Sources. Insee, Comptes nationaux des administrations publiques — année 2025 (premiers résultats, 26 mars 2026) ; Insee, tableau Impôts et cotisations sociales 1995-2025 ; Eurostat, table gov_10a_main (base 2020, secteur S13) pour le détail par opération. 2025 = provisoire (p), 2024 = semi-définitif (sd). Les lignes marquées « résidu » sont obtenues par différence et ne font pas l'objet d'une publication dédiée.
📋 Trois périmètres pour « la masse salariale publique » — et le piège des effectifs

C'est l'un des endroits du débat où l'on compare le plus souvent des chiffres qui ne mesurent pas la même chose. Trois grandeurs coexistent, toutes exactes :

GrandeurMontantPérimètre
D1 · Rémunérations des salariés des APU370,0 Md€ (2025)Toutes administrations : État, collectivités, hôpitaux, sécurité sociale, opérateurs. Salaires bruts + cotisations employeurs, réelles et imputées. Comptabilité nationale, Insee.
Titre 2 du budget de l'État, pensions comprises≈ 160 Md€ (2026)État seul, contribution au compte d'affectation spéciale « Pensions » incluse. Documentation budgétaire.
Titre 2 de l'État, hors pensions≈ 109 Md€ (2026)La rémunération des agents de l'État au sens strict. Documentation budgétaire.

Le rapport est de 1 à 3,4 entre la première et la dernière ligne. Un chiffre de masse salariale publique sans son périmètre n'est donc pas interprétable — et l'écart entre « 160 » et « 109 » milliards tient entièrement au traitement des pensions des fonctionnaires de l'État, qui n'ont pas de caisse et dont la contribution employeur est une écriture budgétaire.

⚠ Le même piège sur les effectifs. Pour le budget 2026, deux chiffres ont circulé simultanément : +8 459 postes et −3 119 postes. Les deux sont exacts. Le premier porte sur le budget général de l'État ; le solde net avec les opérateurs (−1 735 emplois) donne +6 724 ETP ; et le second élargit encore le périmètre aux caisses de sécurité sociale. Créations principalement fléchées vers la justice (≈ 1 600) et l'éducation (≈ 5 400, dont l'intégration des élèves-professeurs dans les effectifs comptés).

Sources. Insee, comptes des administrations publiques (D1) ; DGAFP, rapport annuel sur l'état de la fonction publique ; documentation budgétaire du projet de loi de finances 2026 et annexe « Opérateurs de l'État » ; travaux parlementaires sur la mission Fonction publique. Au 31 décembre 2023, la fonction publique comptait 5,8 millions d'agents — 44,3 % dans la FPE, 34,4 % dans la FPT, 21,4 % dans la FPH.

D1 + P2Dépenses de fonctionnement — historique et perspective

Bloc normalisé, identique sur toutes les fiches de composante du site : même intitulé comptable, même profondeur d'historique, mêmes contrôles. Montants en milliards d'euros courants.

Historique 2016-2025 — comptabilité nationale
Md€2016201720182019202020212022202320242025
D1 + P2 · Rémunérations et consommations intermédiaires403,9415,4419,6427,3434,0453,2477,1503,8525,4533,5
en % des dépenses publiques31,531,431,631,730,330,430,831,331,431,1

Série D1 + P2 (Eurostat). Le tableau ajoute les autres charges de fonctionnement (12,3 en 2025) et retient la convention Insee hors Sifim pour P2, d'où un total de 545,8.

+129,6 Md€2016 → 2025
+32,1 %variation sur 10 ans
+3,1 %par an en moyenne
31,5 → 31,1 %poids des dépenses publiques
Lecture

En dix ans, ce poste a augmenté de 129,6 Md€ (+32,1 %), soit +3,1 % par an en moyenne. Son poids dans l'ensemble des dépenses publiques est passé de 31,5 % en 2016 à 31,1 % en 2025 (−0,4 point). Le maximum de la période est atteint en 2025 (533,5 Md€), le minimum en 2016 (403,9 Md€).

Perspective d'évolution

Le fonctionnement est le bloc le plus directement exposé aux revues de dépenses, parce que les achats se renégocient à court terme — mais l'essentiel de sa masse est constitué de rémunérations, beaucoup plus rigides. La loi de finances 2026 concentre l'effort sur les collectivités (≈ 3 Md€, OFCE) tout en relevant le budget de la défense.

Cadrage d'ensemble — OFCE, prévisions d'avril 2026 : déficit public −5,1 % du PIB en 2025, −4,8 % en 2026, −4,4 % en 2027 ; dette 115,6 % → 118,3 % → 119,8 % du PIB. La loi de finances pour 2026 porte l'effort sur la sécurité sociale (≈ 4 Md€) et les collectivités (≈ 3 Md€), avec une hausse du budget de la défense (+0,2 point de PIB).

Sources. Historique : Insee, jeu de données « Comptes des administrations publiques » publié sur data.gouv.fr (API Melodi DD_CNA_APU, millésime des comptes 2025 provisoires — contrôle de cohérence : capacité de financement B9 = −152,5 Md€). Pour les opérations que l'Insee ne diffuse pas en version consolidée sur ce jeu (D7, D9, D91), la source est Eurostat, table gov_10a_main (base 2020, secteur S13), qui publie la même comptabilité nationale transmise par l'Insee au titre du règlement européen. Détail par impôt : Insee, tableau Impôts et cotisations sociales 1995-2025. Perspective : OFCE, prévisions d'avril 2026 ; COR, rapport de juin 2025 ; OFGL, rapport 2025 ; loi de finances pour 2026. 2025 = provisoire (p), 2024 = semi-définitif (sd). Référentiel comptable, sources et méthode →